La « petite voiture Made in Europe » voulue par l’UE se dessine

il y a 2 j Laurent Zilli

Annoncée fin 2025 en même temps que l’assouplissement du « tout électrique en 2035 », la petite VE abordable européenne devait encore se trouver un cadre légal. Celui-ci prend forme dans le projet européen « IAA », qui vise à protéger et relancer l’industrie du continent.

Même si l’IAA (pour Industrial Accelerator Act) concerne de nombreuses industries, de l’acier aux éoliennes, en passant par l’hydrogène, c’est évidemment son chapitre automobile qui nous intéresse ici. L’idée générale est simple : puisque les États membres financent la transition énergétique, autant que cela profite en priorité à l’industrie du continent. Bruxelles fait donc en sorte que certaines subventions ou marchés publics soient réservés aux produits à forte « teneur européenne ». Dans le cas des voitures électriques (mais aussi hybrides rechargeables ou à hydrogène), il est ainsi question d’exiger qu’environ 70 % des composants soient Made in Europe. Reste toutefois un certain flou autour des batteries. La Commission souhaite qu’une partie de leurs éléments soit elle aussi européenne, mais les proportions précises restent à définir, l’industrie locale étant encore en pleine construction.

Partenaires de confiance

Bruxelles introduit par ailleurs la notion de « Trusted Partners », ou partenaires de confiance. En clair, les produits provenant de certains pays pourraient ainsi être considérés comme équivalents à ceux fabriqués dans l’Union pour satisfaire aux critères « Made in Europe ». Sur le brouillon de cette liste, figurent par exemple le Royaume-Uni, le Canada ou encore les USA, avec lesquels l’UE entretient des accords commerciaux étroits. La Chine, en revanche, n’y apparaît pas. Et pour ce qui est des États-Unis, les politiques commerciales de Trump pourraient les voir rayés de la liste. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi les constructeurs européens sont partagés. Certains, comme Renault, soutiennent ces règles favorisant la production locale. D’autres, comme Mercedes et BMW, qui dépendent à la fois des USA et de la Chine, se disent contre, avec l’argument que l’Europe risque des mesures de rétorsion. Quoi qu’il en soit, le chemin est encore long, puisque la proposition européenne doit encore être discutée et corrigée par les Etats membres, avant, peut-être, d’entrer en vigueur en 2027.

Articles à la une

Vidéo


Veuillez accepter les cookies marketing pour voir les vidéos

 Ouvrir les préférences

Inscription à la newsletter

N'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter

Je m’inscris