La première Ferrari électrique est officielle

il y a 1 h Laurent Zilli

Tout le monde l’attendait avec une immense curiosité, et le voile a été levé ce dimanche. Ferrari a présenté la Luce, son tout premier modèle électrique, qui est loin de tout ce qu’on pouvait imaginer.

Voilà voilà… ceci est donc l’entrée officielle de Ferrari dans le monde de la mobilité électrique. Pas un SUV (on le savait déjà), et pas non plus une super-GT deux ou quatre portes, mais bien une berline à hayon, qui est accessoirement la première Ferrari homologuée pour recevoir trois occupants à l’arrière. Bon, par où commencer…

Par le plus évident, évidemment : le design. La première chose à savoir est que Ferrari a fait un pari très original. Plutôt que de s’adresser à un bureau de design réputé dans l’automobile, tels que Pininfarina ou Bertone par exemple, qui ont commis quelques merveilles pour la marque, le design a cette fois été confié à LoveFrom. Les fondateurs de ce studio sont Jony Ive et Marc Newson, deux anciens de chez… Apple, à qui Ferrari a grosso modo donné carte blanche. On imagine bien l’intention du constructeur derrière ce choix, qui était de casser certains codes, de faire en sorte que la première Ferrari électrique soit quelque chose de très spécial. Mission accomplie ? Franchement, nous sommes sceptiques. La Luce est tellement spéciale pour une Ferrari, qu’elle n’est en fait pas Ferrari du tout. Pire : retirez les petits chevaux de la carrosserie, et ce pourrait être n’importe quoi, d’un nouveau modèle chinois au concept de robotaxi Rimac, en passant par une future Chevrolet Impala. Venant de la marque la plus admirée et la plus emblématique du monde, n’est-ce pas d’une tristesse infinie ?

Sublime simplicité

Voilà ce qu’il se passe quand on confie le dessin de ce qui doit être une machine désirable, à des designers spécialisés dans l’esthétique de la fonctionnalité. Car c’est indiscutable, le design de l’iPhone originel est une référence. Mais il a été guidé par la fonction, pas par la recherche de sex-appeal. Et ce savoir-faire donne en revanche à la Luce un intérieur à tomber ! Mélange d’analogique et de numérique, simplicité des formes, élégance, et PAS de troisième écran devant le passager. Et à bord, oui, on retrouve des choses assez typiquement Ferrari. On espère donc que ce style intérieur trouvera le chemin d’autres futures productions de la marque.
A part ça, il y a la fiche technique. Quatre moteurs électriques pour un total de 1.035 ch et 990 Nm, 2.260 kilos sur la balance, 0-100 km/h en 2,5 secondes, 530 km WLTP, et puis tous les arguments selon lesquels la Luce est une digne Ferrari, qu’elle se comporte comme une voiture pesant 400 kilos de moins, etcetera, etcetera. Autant dire que même ici, tout pourrait s’appliquer à n’importe quelle voiture électrique de haut de gamme. A croire que Ferrari s’est pliée à la figure imposée de la voiture électrique, mais a tout fait pour qu’on ne s’en rappelle pas dans 20 ans.
On a coutume de dire que tout ce qui porte un badge Ferrari se vend, quoi qu’il arrive. Et c’est vrai. Mais nous sommes curieux de voir si la Luce, au prix de base de 520.000€, sera l’exception qui confirme la règle. Une chose est sûre, l’enfant qu’était votre serviteur n’aurait probablement pas punaisé ceci sur les murs de sa chambre.

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