Toyota et BMW lancent un test grandeur nature sur les carburants renouvelables

il y a 1 j Laurent Zilli

Déjà unis sur l’hydrogène, les deux constructeurs veulent à nouveau montrer que l’électrique n’est pas l’unique voie dans la chasse au CO2. Mais le sujet ici n’est pas le carburant, c’est prouver à l’Europe que tout un système peut fonctionner. Explications.

Toyota, BMW, Bosch et Repsol ont lancé en Espagne un projet pilote qui pourrait bien peser davantage dans les débats politiques que dans le monde de l’automobile. Pendant six mois, une flotte d’une vingtaine de véhicules circulera avec une essence 100 % renouvelable produite par Repsol. À première vue, rien de révolutionnaire : ce carburant existe déjà et ne nécessite aucune modification des véhicules ou des infrastructures de distribution. Mais le véritable objectif de l’opération est ailleurs. Les partenaires veulent démontrer qu’il est possible de suivre et de certifier précisément l’utilisation de ce carburant, depuis sa production jusqu’au réservoir de chaque voiture. Ce projet répond aussi à une question qui agite Bruxelles depuis plusieurs années. Lorsque l'Union européenne a accepté de maintenir une place pour les moteurs thermiques alimentés par des carburants neutres en carbone après 2035, de nombreuses voix ont souligné la difficulté de contrôler leur utilisation réelle. Car sur le papier, un moteur peut être compatible avec un carburant renouvelable tout en continuant à rouler à l'essence classique. Le système développé par Bosch vise justement à lever cette objection.

Le carburant n’est que la moitié de l’histoire

Pour y parvenir, Bosch met à contribution son système « Digital Fuel Twin ». Derrière ce nom un peu futuriste se cache une plateforme de traçabilité capable d’enregistrer l’origine du carburant, les quantités distribuées et les véhicules qui l’utilisent. L’idée est simple : si les carburants renouvelables doivent un jour jouer un rôle dans les objectifs climatiques européens, il faut pouvoir prouver qu’ils sont effectivement utilisés. Car c’est bien là que se situe le véritable enjeu. Depuis des années, les émissions sont évaluées principalement en fonction du type de véhicule. Toyota et BMW défendent une autre approche : juger également le carburant qui alimente ce véhicule.

En filigrane, ce projet envoie donc un message clair à Bruxelles. Les constructeurs veulent montrer qu’une voiture thermique, même ancienne, pourrait contribuer à réduire les émissions de CO2 si elle fonctionne avec un carburant à faible empreinte carbone et si cette utilisation peut être vérifiée de manière fiable. Autrement dit, l’essai ne cherche pas seulement à valider un carburant. Il vise à démontrer qu’un écosystème complet – production, distribution, contrôle et certification – peut fonctionner à grande échelle. Et c’est précisément ce point qui pourrait intéresser les décideurs européens dans les années à venir.

Mots-clés: Insolite BMW Toyota

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