L’usine belge de Volvo, « sauvée par la taxe chinoise » ?
Quand l’Union européenne a instauré en 2024 les surtaxes douanières sur les voitures importées de Chine, certains ont prévenu qu’elle se tirait une balle dans le pied, car la riposte chinoise allait être sanglante. Cette riposte n’est pas arrivée. Et si la mesure n’a pas non plus entamé l’appétit des constructeurs chinois, ils ont toutefois commencé à chercher des sites de production européens, pour contourner les droits de douane. Nous relayons régulièrement ici les créations d’usines neuves, ou les cas d’usines sous-exploitées de constructeurs européens, vendues ou « prêtées » à des marques chinoises. Dernier exemple en date : l’usine Volvo de Gand, toute dernière usine automobile de Belgique. Le constructeur, l’Etat belge et le gouvernement de la Région flamande viennent de signer un protocole d’accord qui prévoit notamment un chèque de 119 millions d’euros de la part des autorités pour soutenir l’activité de l’usine.
Une usine pour plusieurs marques ?
Les détails du protocole restent relativement vagues, mais Volvo précise que les 119 millions d’euros serviront notamment à « renforcer la compétitivité du site, à soutenir l’innovation et à accompagner sa transformation industrielle ». L’objectif est de garantir l’avenir d’une usine qui emploie plus de 6.000 personnes et qui produit aujourd’hui les EX30, EX40 et EC40, ainsi que des batteries destinées à certains de ces modèles. Mais le passage le plus intéressant du communiqué tient en une phrase : Volvo indique que le site pourrait également assembler à l’avenir des véhicules d’autres marques du groupe Geely. On pense immédiatement à Zeekr et Lynk & Co, dont certains modèles sont techniquement très proches des Volvo citées plus haut. On pense aussi à Geely, non plus le groupe mais la marque, qui affiche désormais clairement ses ambitions européennes. Gand pourrait ainsi devenir bien davantage qu’une usine Volvo, et s’imposer comme l’un des principaux points d’ancrage industriels européens de Geely. Quoi qu’il en soit, c’est une bonne nouvelle pour l’emploi en Belgique.
