La Chine lance le grand ménage dans son industrie auto

il y a 9 h Laurent Zilli

Souvent montré du doigt pour son laxisme en matière de normes de sécurité, le gouvernement chinois met en place un panel de règles et de normes pour la sécurité. Mais il s’attaque surtout aux prix que peuvent pratiquer les constructeurs.

Pékin prend le taureau par les cornes, et cela va ravir les conducteurs réticents au 100% numérique. En effet, grâce aux nouvelles réglementations, les boutons physiques font leur réapparition : fini les volants façon F1 et le tout à l’écran, bonjour les nouvelles règles sur les véhicules autonomes. La Chine, dont le public raffole des « super screens » dans les autos, décide de changer de cap en rendant certaines fonctionnalités de sécurité obligatoirement physiques. L’objectif est d’empêcher que des choses parfois vitales soient cachées dans les menus et deviennent inaccessibles en cas d’accident. Ainsi, les clignotants, les feux de détresse, la sélection de vitesse et les appels d’urgence (SOS) devront disposer de boutons fixes, accessibles sans quitter la route des yeux. Cette révolution des boutons se prolonge aussi dans les volants, puisque les volants « yoke » vont être interdits. Motif : en cas d’accident, ils ne stoppent pas la course du haut du corps du conducteur, qui risque alors de se heurter au tableau de bord. Enfin, de nouvelles réglementations seront mises en place afin d’augmenter la sécurité des véhicules autonomes de niveaux 3 et 4.

Fin des ventes à perte.

Mais voici « le gros morceau » des mesures entrant en vigueur cette année. Inquiet pour la stabilité de son industrie, le gouvernement veut mettre fin à la guerre totale sur les prix. Pékin met donc en place des réglementations interdisant la vente à un prix inférieur au coût de production. Selon la China Automobile Dealer Association, cette pratique commerciale aurait déjà coûté 69 milliards de dollars en production perdue au cours des trois dernières années. Cette nouvelle mesure risque de faire mal, puisqu’elle va servir de filtre dans un paysage automobile ultra-saturé par un grand nombre de jeunes marques chinoises.
Toujours dans la même optique, le gouvernement renforce aussi le contrôle des délais de paiement. La « technique » de dette à délais longs est utilisée par les constructeurs pour conserver une trésorerie suffisante, et ainsi investir dans la recherche et le développement. Cette décision est donc un immense revirement de situation, et pour les constructeurs les plus fragiles, ce tout sauf une bonne nouvelle. Bref, on s’attend à un sérieux écrémage dans la galaxie automobile chinoise.

Mots-clés: Insolite Tesla BYD

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