Stellantis ressort le diesel du frigo
Le diesel serait-il en train de sortir du purgatoire ? En tout cas, dans la foulée de l’annonce, il y a quelques jours, du (re)lancement d’un moteur diesel 2,2 litres 180 ch sur l’Opel Zafira, le groupe annonce la réintroduction du gasoil sur quelques-uns de ses catalogues. Il était déjà discrètement revenu dans les gammes ludospace (Opel Combo, Peugeot Rifter et Citroën Berlingo), on peut à nouveau commander une Peugeot 308 ou une DS N°4 diesel depuis leurs mises à jour, et Alfa a confirmé maintenir l’offre pour ses SUV Alfa Romeo Stelvio et Tonale, et pour la berline Giulia. L’argument de Stellantis est que le diesel reste attractif pour les professionnels et les conducteurs parcourant de longues distances, grâce à son autonomie confortable et son coût par kilomètre plus faible que l’électrique proposé aux bornes rapides des autoroutes. Un autre facteur avancé est la concurrence, ou plutôt « l’absence de ». Les constructeurs chinois, concentrés sur l’électrique et les hybrides rechargeables, ne sont en effet pas présents sur le segment diesel. Pour Stellantis, maintenir cette motorisation permet donc de se différencier d’eux sur ce créneau.
Pendant ce temps, en Chine
Seulement voilà, la Chine pourrait en fait jouer un rôle inattendu dans le renouveau de cette motorisation. L’entreprise Yuchai développe un système EREV combinant moteur diesel et moteur électrique, dans lequel le thermique ne propulse pas les roues, mais génère de l’électricité. Selon les chiffres de la société, un prolongateur d’autonomie au diesel produit plus d’électricité qu’un bloc essence, tout en consommant moins. Certes, Yuchai, plutôt spécialisée dans les moteurs de gros navires marchands, ne va pas produire de voitures dès demain. Mais la solution technique qu’elle développe pourrait forcément intéresser des marques chinoises. Alors, le choix de Stellantis de miser une pièce sur le diesel dès aujourd’hui est-il un bon pari ? Ce qui est sûr, c’est que passée l’émotion du Dieselgate, on semble enfin se rappeler que le diesel est toujours une bonne arme anti-CO2.

