Hyundai Ioniq 6N : Et la magie opère…
Né voilà une dizaine d'années à peine, le département N de Hyundai a produit certaines sportives parmi les plus excitantes à conduire de ces dernières années dans leurs segments respectifs. A l'essence bien sûr, avec les i30N, i20N et Kona N, mais aussi… à l'électricité. L'Ioniq 5N lancée l'année dernière était sans doute la meilleure - et l'une des rares - voiture à batterie capable de vous coller un sourire sur le visage aussi large qu'avec un moteur à combustion. Eh bien aujourd'hui, l'Ioniq 6N va plus loin encore !
V6, 8 rapports
Cette Ioniq 6N embarque deux moteurs de 226 et 383 chevaux qui produisent ensemble 610 chevaux et 770 Nm. Une puissance qui peut être portée à 650 chevaux durant 10 secondes via le bouton N Grin Boost au volant, pour des dépassements canon. Au-delà de cette puissance, qui permet de passer de 0 à 100 km/h en 3,2 secondes via le Launch Control, la vraie particularité que cette Ioniq 6N reprend à sa petite sœur, c'est d'offrir des sensations de conduite d'une voiture thermique. Comment ? Par une sonorité de moteur six cylindres reproduite fidèlement par les haut-parleurs, y compris les borborygmes à la décompression. Mais aussi et surtout par la présence d'une boite de vitesses fictive dont les 8 rapports désormais sont pilotés via les palettes au volant, comme sur une sportive « normale ». La force des ingénieurs est d'avoir réussi à reproduire ça avec une vraie justesse, un vrai équilibre, sans jamais tomber dans la caricature.
Une vraie conduite à l'ancienne
Tout cela renvoie un feeling presque mécanique, qui parvient vraiment à nous faire oublier qu'on est au volant d'une voiture électrique. Et puisque tout le reste du châssis est à la hauteur, on prend un plaisir peu commun lorsque la route dévoile ses courbes. La direction est précise et incisive – tout juste pourra-t-on lui reprocher un certain manque de communication – et les suspensions offrent un maintien de caisse parfait, tout en filtrant correctement les imperfections. La motricité est également difficile à prendre en défaut. Logique : les quatre roues motrices permettent de répartir le couple avec précision sur les quatre roues, et un différentiel à glissement limité électronique (e-LSD) s'assure que tout le couple passe sans encombre vers la route, notamment en sortie de virage. Ajoutez à cela un centre de gravité abaissé et d’excellents pneus Pirelli P-Zero et vous obtenez l'une des berlines de sport les plus exaltantes à conduire de ces dernières années. Et pas seulement parmi les électriques !
Pas besoin d'être pilote
Quelques tours de circuit nous ont permis de valider notre opinion après l'essai sur route. La voiture s'y comporte avec la même rigueur, la même efficacité. Et elle s'y montre d'une étonnante facilité à appréhender malgré la piste rendue légèrement piégeuses par les dépôts de gomme des précédents passages. ESP désactivé, elle laisse son train arrière gentiment dériver lors d'une remise de « gaz » un peu trop appuyée, mais toujours de manière plutôt prévenante et progressive. Bref, pas besoin d'être un pilote – ce que je ne suis absolument pas – pour vraiment prendre son pied sur circuit avec cette électrique. D'ailleurs, si vous non plus n'êtes pas pilote, vous ne prêterez sans doute pas attention non plus au poids de la voiture, dépassant pourtant les 2 tonnes, qui parvient à se faire totalement oublier.
Au-delà de la conduite pure, Hyundai offre un véritable outil de télémétrie embarqué, pour chronométrer les temps au tour, avec la possibilité d'avoir un chrono « fantôme » du meilleur temps réalisé, comme dans un jeu vidéo. Mais les ingénieurs sont allés encore plus loin : il est désormais possible de régler, d'un simple clic à l'écran, la répartition du couple selon 11 lois, et de choisir la gestion thermale de la batterie : Drag et Sprint pour un usage intensif mais court ; Endurance pour disposer de la puissance nominale (610ch) plus longtemps.
Une excellente électrique en prime
Si nous validons totalement le côté « fausse thermique » de l'Ioniq 6, nous nous devons aussi de saluer sa vraie nature, électrique celle-là. Une fois repassée sur ses modes de conduite plus calmes, et la sonorité désactivée, l'Ioniq 6 confirme son statut de grande routière. Le silence et la douceur des réactions seront un régal au quotidien. Les palettes au volant permettent alors de moduler la récupération d'énergie et la décélération, jusqu'à l'arrêt complet en activant la fonction i-Pedal. Hyundai annonce une autonomie WLTP provisoire de 487 km avec la batterie de 84 kWh. Rappelons aussi que grâce à son architecture électrique en 800V, l'Ioniq 6 (N ou pas) accepte des recharges jusqu'à une puissance de 350 kW. Repasser de 10 à 80% de la batterie ne demandera donc que 18 minutes !
N sort les muscles
Quelques mots enfin sur le design, puisque c'est bien la première fois que nous prenons en main l'Ioniq 6 depuis son restylage. La partie avant a perdu son aspect un peu mièvre pour des feux plus fins qui apportent nettement plus de cohérence dans le design global de la voiture. A l'arrière l'aileron sous la lunette disparait et laisse place à un becquet en queue de canard… doublé d'un énorme aileron fixe sur cette version sportive. Et cette version N ajoute évidemment aussi des boucliers et bas de caisse plus musclés et des jantes de 20'' qui laissent apparaitre des étriers orange, couleur signature de la marque. Elle se distingue encore par un bouclier arrière entièrement noir de série en combinaison avec tous les coloris extérieurs. Et pour ceux qui en veulent encore plus, la marque a prévu une série d'éléments de personnalisation supplémentaires, allant des bandes de capot spécifiques, aux jantes forgées (faisant économiser 6 kg) et bas de caisse en fibre de carbone, en passant par un aileron carbone lui aussi, réglable selon trois positions. Le message est clair : Hyundai N muscle son jeu !
Conclusion
Au-delà des performances canon et de l'efficacité, cette Ioniq 6N apporte ce qui manque à bien des sportives électriques : une vraie âme, qui la rend véritablement addictive à conduire.
Du grand art, vraiment ! Reste à en connaitre le prix…
