Le Renault Filante va attaquer Mercedes et Audi
Avec le Filante, Renault change clairement de ton. Gabarit imposant, près de cinq mètres de long, grandes roues et présence bien campée sur la route : ce SUV affiche une ambition statutaire assumée. Le design, signé Laurens van den Acker, évite l’esbroufe gratuite mais soigne ses effets. La signature lumineuse devient un élément central du style, les surfaces sont tendues sans agressivité, et l’ensemble respire une modernité premium très maîtrisée. À bord, même logique : ambiance lounge, sièges généreux, isolation poussée et grand écran panoramique qui structure le poste de conduite. Le Filante introduit aussi la rétrovision numérique et un intérieur pensé pour flatter une clientèle habituée au confort et à la technologie, bien loin de l’image utilitaire que Renault traîne encore parfois en Europe.
Véhicule mondial, ou presque
Reste que ce Filante n’est pas vraiment pensé pour nous. Renault le présente comme un véhicule mondial, mais ce monde-là s’arrête aux portes de l’Europe. Échaudé par ses précédentes tentatives de montée en gamme sur le Vieux Continent, où le premium à la française peine à s’imposer face aux références allemandes, le constructeur regarde ailleurs. L’Asie et le Moyen-Orient, où le gabarit, l’image et le statut comptent encore plus que le blason historique, sont clairement dans le viseur. Fabriqué en Corée du Sud et animé par une motorisation hybride plutôt qu’un moteur noble, le Filante assume ce choix stratégique. Une ambition cohérente, mais qui laisse planer une question : jusqu’où une Renault peut-elle aller dans le premium… sans changer de nom ?
