Hyundai Motor Europe Technical Center : Le futur de Kia et Hyundai passe par l’Europe
Nous avons pu découvrir ce site exceptionnel, où, en collaboration avec le centre principal de R&D du groupe à Namyang, en Corée du Sud, sont conçus et testés les futurs modèles Hyundai, Kia et Genesis.
« Ce bâtiment représente une étape clé pour Hyundai en Europe », déclare Tyrone Johnson, directeur général du HMETC. « Alors que de nombreuses marques réduisent leurs capacités, nous faisons le choix inverse. L’Europe est le marché le plus diversifié du monde : si nous pouvons y satisfaire les clients, nous pourrons le faire partout ailleurs ».
Des laboratoires à la pointe
Au sein des 25.000 m² du Square Campus, chaque espace est dédié à une facette de la mobilité de demain. Le parcours débute au Lab Connection, centre névralgique de la connectivité et de la cybersécurité. Les ingénieurs y développent les mises à jour logicielles à distance (OTA) et les systèmes de protection contre les intrusions numériques. Chaque véhicule connecté peut être surveillé et mis à jour en temps réel, garantissant une sécurité maximale et une expérience utilisateur fluide. « Nos voitures deviennent des ordinateurs roulants, et il faut les protéger comme tels », explique un ingénieur du service.
Juste à côté, le Charging Lab incarne la révolution électrique. Dans cette installation unique, dotée d’une chambre climatique capable de simuler des conditions de –40 à +50 °C, les équipes testent la compatibilité des véhicules avec tous les réseaux européens. « Notre mission est de garantir la meilleure expérience de recharge, quel que soit le pays ».
Le Lab Emission poursuit cette logique de polyvalence. Équipé de bancs dynamiques capables d’accueillir des véhicules électriques, hybrides et thermiques, il permet de tester performances, autonomie et conformité aux futures normes Euro 7. Les ingénieurs peuvent passer de la glace arctique à la chaleur désertique en quelques heures, en reproduisant des cycles de roulage réalistes à des vitesses pouvant atteindre 260 km/h.
Vient ensuite le Lab Powertrain, véritable cœur mécanique du campus. Ici, les groupes motopropulseurs complets sont testés sur bancs d’essais de 1.500 chevaux, dans des conditions simulant des circuits comme le Nürburgring. Le tout est piloté par ordinateur, sans conducteur, grâce à des robots actionnant les pédales et les commandes. « Nous pouvons faire tourner un test en continu tout le week-end et obtenir les résultats le lundi matin », résume l’ingénieur en charge.
Enfin, la visite se conclut dans la majestueuse chambre semi-anéchoïque, la plus grande du groupe Hyundai-Kia. Isolée du reste du bâtiment, elle permet d’étudier les bruits, vibrations et rugosités (NVH) sans interférence extérieure. Différentes surfaces de roulement — du gravier scandinave à l’asphalte coréen — peuvent y être simulées, afin d’affiner le confort et le comportement acoustique des modèles destinés au marché européen.
Le futur en construction
À quelques mètres de là, les ingénieurs préparent la prochaine étape : le simulateur de conduite dynamique, doté d’un écran immersif à 360°, encore en phase d’installation. Ce dispositif de « driver-in-the-loop » permettra à un pilote d’évaluer virtuellement le comportement d’un véhicule avant même la fabrication du premier prototype. Sa mise en service est prévue pour mi-2026.
Mais Hyundai n’oublie pas l’humain : « Nous avons augmenté nos effectifs de 25% l’an dernier, et nous continuons à recruter », souligne Tyrone Johnson. Avec plus de 500 employés, le HMETC incarne la puissance de l’ingénierie européenne au sein du groupe Hyundai-Kia, numéro 4 sur le marché européen et numéro 3 mondial. Le centre travaille main dans la main avec le site coréen de Namyang et la base d’essais du Nürburgring, garantissant des véhicules à la fois performants, durables et adaptés aux attentes locales.
« Ce campus n’est pas qu’un bâtiment », conclut Johnson. « C’est un symbole de confiance : l’Europe reste le moteur de notre innovation mondiale. »