Jordan Pepper, vainqueur des 24H 2025 : « Une belle opportunité de signer le doublé »

il y a 3 j Olivier de Wilde

Nous avons rencontré le pilote sud-africain lauréat de notre double tour d’horloge l’an dernier avec Lamborghini. Cette année, il est passé chez BMW où il a retrouvé le Belge Charles Weerts sur la M4 WRT #32, mais surtout son rival d’enfance et aujourd’hui ami et équipier Kelvin van der Linde.

Jordan, te voilà de retour ici à Spa où tu as remporté les 24H l’an dernier. Le plus haut point actuel de ta carrière ?

« Oui clairement. Cela a été une de mes premières courses pour un constructeur ici en 2017 avec Bentley. J’adore le tracé, l’ambiance, la course très compétitive. On est passé quelques fois proches de la victoire avant d’enfin la décrocher en 2025 avec Mirko Bortolotti et Lucas Engstler. J’ai déjà gagné pas mal de courses dans ma carrière, mais celle-là était la plus belle et surtout la plus grande. J’ai l’habitude de dire qu’il faut provoquer la chance, se la créer. C’est ce que j’ai fait souvent dans ma carrière : saisir les opportunités. »

L’an dernier, tu es passé près du titre en endurance…

« Oui cela a été une année de folie. On a manqué de compétitivité à Monza et puis surtout on a commis une erreur stratégique lors de la finale à Barcelone ce qui nous a coûté la couronne. En 2024 déjà on avait perdu pour un rien à Jeddah. Je tiens absolument à être sacré en GT World Endurance cette année et c’est justement aussi l’objectif de mes équipiers et mon team qui ont été maintes fois couronnés en Sprint mais courent après le sacre endurance depuis très longtemps. »

Après ton triomphe aux 24H l’an dernier, on a vu ton compatriote Kelvin van der Linde venir en salle de presse pour t’embrasser. Explique nous un peu le lien que tu as avec lui ? C’est plus qu’un équipier, non ?

« Tout à fait. Nos pères se connaissaient déjà. On a grandi ensemble. Le père de Kelvin et Sheldon était un bon pilote, notamment pour BMW. Le mien a débuté en motocross puis est passé à la voiture. On a donc tous les deux cela dans le sang. On est du même âge et on a fait nos armes ensemble en karting où l’on s’est souvent battus et tirés l’un l’autre vers le haut. Puis on s’est exilés en Europe, loin de nos familles. Cela nous a naturellement rapprochés. Kelvin s’est retrouvé chez Audi, moi chez Bentley. On a toujours été rivaux mais avec un profond respect l’un de l’autre. Je me suis toujours réjoui de ses victoires et vice-versa. Et aujourd’hui c’est encore différent. On roule ensemble. C’est encore mieux quand on se connaît déjà bien. Il est important dans la vie et dans le sport d’avoir un ami, quelqu’un en qui vous avez 100% confiance. Kelvin est pour moi cet ami. On va essayer de gagner ces 24h et un maximum de grandes courses et de titre ensemble. »

Est-ce ta victoire à Spa qui a fait que tu te retrouves chez BMW aujourd’hui ?

« Non, pas vraiment. Initialement, je devais rester chez Lamborghini. C’était prévu comme cela. Mais à un moment, je n’ai pas ressenti une réelle envie de leur part. Tandis que BMW et Kelvin ont trouvé les arguments pour me convaincre. J’ai pris cette décision sur le long terme. »

Ton rêve ultime c’est l’Hypercar ?

« Il était prévu que je fasse partie de l’équipage de la deuxième Lamborghini Hypercar lors de la saison 2. Puis le programme a soudainement été annulé. En tant que pilote, tu veux toujours bien sûr aller dans la voiture la plus rapide. Je sais que BMW a une Hypercar qui a prouvé récemment qu’elle pouvait gagner des courses. Cela fait rêver. Mais il n’y a que six places et nous sommes 23 pilotes sous contrat BMW. Et il n’y a que des excellents, pas un seul moins bon. Donc voilà, je ne sais pas si j’aurai un jour l’opportunité de tester le proto. J’aimerais bien évidemment, mais j’ai été engagé essentiellement pour le GT3 et je dois vous avouer que je ne me considèrerai pas comme moins bon pilote ou je n’estimerai pas ne pas avoir réussi ma carrière si je n’arrive pas en Hypercar. Ce n’est pas une question de talent, plutôt de timing. Le GT3 est tout aussi compétitif. »

Et les 24H du Mans ?

« Oui, cela fait partie du rêve de tout pilote bien sûr. C’est la plus grande course au monde. Il y a des GT3. C’est mon but de pouvoir y participer un jour, mais là encore les baquets sont très limités. Encore plus qu’en Hypercar avec le règlement Pro-Am actuel. »

Passer de la Lamborghini moteur arrière à la BMW moteur avant avec turbo n’a pas été trop difficile ? Il t’a fallu un temps d’adaptation ?

« Oui bien sûr. Mais aujourd’hui je me rends plus compte comme le pilotage de la Lambo était moins naturel, plus brutal, agressif, comme un taureau qu’il fallait dompter. La BMW est plus naturelle. Mais attention, il est difficile d’en extraire tout le potentiel, d’aller chercher les deux ou trois derniers dixièmes. Il est très facile, surtout avec les pneus Pirelli, de surpiloter et donc surchauffer tes pneus. Et alors cela commence à glisser. »

Penses-tu avoir des chances de rééditer cette année ton succès de l’an dernier ?

« Je pense que je suis dans une bonne position pour signer le doublé. J’estime avoir plus de chance d’y arriver que l’an dernier au départ. Ou que si j’étais resté dans la même équipe avec la nouvelle voiture. Pour l’instant, notre package n’est pas optimal. Notre voiture n’est certainement pas la plus rapide, mais on va tenter de tout optimaliser, les réglages, la stratégie, les pneus pour l’emporter à nouveau. L’équipe WRT attend cela depuis douze ans. On a une belle opportunité d’y arriver. Je veux y croire. »

Quelle sera la suite du programme après les 24H ?

« Le Sprint à Misano puis je referai une manche NLS sur le grand Nürburgring avec la M4 Yokohama dont je partagerai le volant avec Ugo de Wilde.  C’est toujours un grand plaisir et défi de rouler sur la Nordschleife. Avec les 24H de Daytona et du Mans, cela fait partie des épreuves légendaires que j’aimerais remporter un jour. »

Photo BMW

 

 

 

      

 

Mots-clés: Endurance Sports Moteur

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