Axel Soyez, un amateur belge au départ des 24H du Ring : « Je mettrai bien mon clignotant pour Max Verstappen ! »
Il fait partie de cette demie douzaine de pilotes amateurs belges relevant ce week-end le grand défi des 24H du Nürburgring.
« Je suis à la base pilote… d’avion puis de moto, » nous explique Axel, un Ardennais d’origine résidant aujourd’hui à Limal, copropriétaire de Desimone, une société de robotique industrielle. « J’ai commencé à pratiquer le sport auto assez tard. Pour mes 50 ans, je me suis offert la course de Fun Cup sur le grand circuit du Mans. J’ai disputé plusieurs fois les 25H de Spa et du coup je me suis dit quoi maintenant ? Le Nürburgring n’est qu’à 200 km de chez moi et est une piste exceptionnelle. »
Il a donc fait les démarches nécessaires pour pouvoir prendre part à ce double tour d’horloge pour grands garçons procurant beaucoup d’adrénaline.
« Oui, comme le nom du team engageant ma BMW 240i Cup de 340 chevaux que je partage ce week-end avec deux Anglais disputant toute la NLS (le championnat se disputant sur le grand Ring) et un jeune Allemand, » poursuit Axel. «J’ai déjà roulé avec eux l’an dernier. Malgré un accroc, on a terminé 77ème au classement général et 7ème de classe. On va essayer de faire mieux au moins dans notre catégorie cette année. »
Budget de 15.000 euros
Contrairement aux idées reçues, participer à l’une des plus grandes courses d’endurance au monde n’est pas totalement inaccessible.
« Certes, il faut passer quelques étapes, mais le système a été simplifié cette année pour Max (Verstappen). Maintenant, tu peux acquérir ton permis B t’autorisant à rouler en course sur la Nordschleife en terminant trois courses virtuelles du championnat DNLS. Ensuite, il faut boucler 8 tours de course sans problème ni pénalité au volant d’une petite auto. Je trouve que c’est devenu trop simple. Tout pilote n’est pas nécessairement capable de rouler en GT3 là-bas après 8 tours dans une petite BMW ou Clio. Enfin c’est mon avis… »
Et côté budget ?
« Il faut compter une quinzaine de milliers d’euros, ce qui reste abordable pour participer à une aussi grande course. Pour un amateur non millionnaire comme moi, c’est quasi la seule épreuve que je peux faire en côtoyant les professionnels. »
Le Mans coûte pas loin d’un million d’euros voire plus pour les « gentlemen drivers » roulant en LMGT3 ou LMP2, tandis que les budgets pour les 24H de Spa ont aussi flambé ces dernières années avec le GT3. « Et puis surtout j’estime ne pas avoir le niveau pour rouler avec ce type d’auto. Il n’y a que les 12H de Bathurst qui restent encore relativement accessibles en GT4. Mais il n’y a que trois ou quatre voitures dans cette catégorie et les volants se font donc très rares.»
« Le principal souci est la différence de vitesse avec les GT3 »
Ce week-end, l’inconnu notoire Axel Soyez s’apprête à mettre son clignotant en voyant débouler dans ses rétros la très reconnaissable Mercedes Red Bull de Max Verstappen.
« Je ne vais pas le chercher dans le paddock, les selfies et autographes ce n’est plus de mon âge, mais je vais certainement le croiser en piste. Et je vais essayer de ne pas lui faire perdre de temps. La gestion du trafic est assez compliquée. La règle pour les petites autos est de bien mettre son clignotant dans la direction où l’on va aller pour laisser passer les GT3. Le nombre d’autos ne constitue pas un problème. 161 voitures sur 25 km c’est nettement moins chargé que 120 sur 7 km à Spa en Fun Cup. Le souci c’est la différence de vitesse. A peine le temps d’apercevoir les phares dans votre rétro et elles sont dans votre parechocs. »
Pas d’appréhension spéciale après le décès voici quelques semaines d’un pilote amateur de 66 ans ?
« Les 300.000 fans nous voient comme des héros »
« Non, on sait que cela reste dangereux. On se fait plaisir, mais je ne vais par exemple pas risquer ma peau s’il pleut. On est tout de même bien protégé dans les voitures actuelles. Le monsieur finlandais n’a vraiment pas eu de chance, il a glissé sur de l’huile et tapé le rail latéralement. Tout est très bien organisé ici. Le système de Slow Zone est génial. Et honnêtement, en fin de relais, on est content de pouvoir en croiser l’une ou l’autre pour souffler un peu car c’est physiquement et mentalement très éprouvant. On ne peut pas relâcher son attention une demie seconde. Même dans la longue ligne droite du retour très bosselée où l’on a beaucoup de choses à faire à 240 km/h…»
Axel qui se reposera entre deux relais dans son Van garé à une centaine de mètres du paddock va vivre sa passion à 200 à l’heure ce week-end comme beaucoup de pilotes amateurs côtoyant la soixantaine de pilotes professionnels jouant la victoire absolue.
« On est tous des Ringmeisters. Il y a un grand respect entre tous les pilotes. Les centaines de milliers de fans nous voient comme des héros car on ose faire cela. L’an dernier, j’ai signé 200 autographes. C’est incroyable. Je recommande vraiment à tout amateur de sport auto, spectateur ou pilote, de vivre cette expérience au moins une fois dans sa vie. Les 24H du Nürburgring, c’est vraiment magique !»
Et quoi après ?
« Daytona est un nom mythique aussi pour les amateurs de sport auto. Il paraît qu’on va y disputer une course de Fun Cup en décembre prochain… Mais une seule chose est certaine : vous me reverrez au Nürburgring en 2027.»
Photo: Axel Soyez


