WRC Monte-Carlo: Oliver Solberg, le plus jeune maître des cols
La montagne n’a cette fois pas accouché d’une souris, mais d'un véritable tigre. Le plus beau et vrai Monte-Carlo depuis très longtemps, avec des conditions hivernales tout au long des quatre jours et dix-sept spéciales, a vu la victoire historique d’Oliver Solberg. Un véritable "Monster" comme son sponsor.
Un peu plus de 22 ans après le titre mondial de son papa Petter, très ému à l’arrivée, Oliver a signé son deuxième succès mondial après l'Estonie l'an dernier et écrit pour la première fois son nom de famille au palmarès du plus mythique des rallyes.
Il y a douze mois, il s’était chopé une amende salée pour avoir drifté avec sa Yaris WRC2 dans les rues de Monaco, à la sortie du Loews…
Et aujourd’hui, c’est lui le nouveau Prince de Monaco, le maître des cols enneigés et verglacés.
Solberg: "Le plus dur de ma carrière, j'étais stressé"
Leader depuis la 2ème spéciale où, de nuit, il a collé plus de trente secondes à tout le monde, Oliver Solberg a parfaitement résisté à la pression et géré son avance durant tout le week-end. Certes il a commis deux ou trois petites fautes, mais il s’en est toujours sorti pour finalement s’imposer, avec son équipier Elliot Edmonson, avec 51.8 d’avance sur Elfyn Evans et plus de deux minutes sur le décuple vainqueur Sébastien Ogier.
« C’est incroyable, je n’ai pas de mots, je ne réalise pas encore, »a-t-il déclaré à l’arrivée après être monté sur le toit de sa Yaris WRC1. « Cela a été le rallye le plus dur de ma carrière, mon premier sur l’asphalte avec Toyota. Je remercie l’équipe pour sa confiance. J’étais tellement stressé. Je suis vraiment soulagé maintenant. Il n’est pas facile mentalement de mener comme cela durant quatre jours un tel rallye. Je savais que tout le monde voulait me voir gagner. Que je n’avais pas droit à l’erreur… »
Digne successeur de Rovanpera chez Toyota
On se rappelle ce que nous avait dit notre ami et ancien pilote Georges Simons, photographe en Mondial pour Sport Auto Trends il y a quelques années, quand Oliver avait débuté en WRC : « Pour moi, il est plus doué que Kalle Rovanpera. »
Le Finlandais, double champion du monde, n’a jamais réussi à gagner le Monte Carl’. C’est chose faite pour Oliver qui devient par la même occasion, à 24 ans et 4 mois, le plus jeune vainqueur de l’épreuve. Et s'annonce d'emblée comme un candidat au sacre mondial.
« Enorme félicitations à lui, il le mérite amplement, » a déclaré très sportivement son premier dauphin Elfyn Evans. Grâce à sa victoire dans la Power Stage et le « Super Dimanche », le Gallois réduit à cinq unités seulement son retard sur le leader du championnat (32 à 27).
Evans aussi a battu un Ogier frustré
Un début de saison solide pour Elfyn qui se sera à nouveau montré très régulier sur l’ensemble du rallye et a réussi aussi à battre le maître Ogier sur ses terres.
Un Gapençais, frustré, qui a tiré la tête durant quatre jours et pesté sur le manque d’adhérence procuré par les pneus cloutés d’Hankook. Avant de baisser les bras et la cadence le dernier jour.
« Cela a été un week-end difficile," avouait le nonuple champion sur le podium de Monaco pour la 15ème fois en dix-sept participations. « Je n’ai jamais été très à l’aise avec ce manque de grip. Chapeau à Oliver. Il a fait un super job. Cela fait un peu d’air frais pour le championnat. Je suis impatient de me battre avec lui sur d’autres terrains cette année. »
Pas en Suède en tout cas où Oliver aura la lourde tâche d’ouvrir la route le vendredi et où Ogier sera absent.
Nouvelle déception Hyundai
Loin derrière les trois Toyota, Adrien Fourmaux termine quatrième à six minutes. Quatre minutes et demi devant son équipier Thierry Neuville. Les pilotes Hyundai ont clairement déçu et doivent bien regretter d’avoir abandonné leur journée d’essais sur la neige. On espère que cela ira déjà mieux avec de plus gros clous en Suède. Et surtout sur l’asphalte sec.
« Je suis content que cela soit terminé, » avouait notre compatriote auteur encore de trois fautes ce dimanche où il n’a pas réussi à inscrire le moindre point. Il doit donc se contenter des dix unités de la cinquième place et accuse déjà un retard de 22 points au championnat. « Je n’ai pas eu un bon feeling du tout ce week-end. Je me suis plus souvent senti passager que pilote de ma voiture. On ne comprend toujours pas bien le fonctionnement des pneus. »
Est-on parti pour une nouvelle saison de galère pour l’équipe coréenne ? Attendons de voir les premiers rallyes sur terre ou sur goudron avant de tirer des conclusions hâtives, mais c’est en tout cas mal parti. On attendra de voir aussi Hayden Paddon dans d’autres circonstances. Car ici, le Néo-Zélandais, onzième au final derrière les quatre premières WRC2, ne mérite pas plus qu’un gros zéro pointé.
Une triste première depuis 24 ans pour M-Sport
C’est aussi le cas pour M-Sport avec l’abandon de ses trois Puma ce dimanche. D’abord celle de Greg Munster, en panne sur la liaison avant la première spéciale. Le Belge méritait mieux pour, peut-être, sa dernière apparition en WRC1. Quant aux deux Irlandais, ils sont tous les deux sortis de la route dans l’ES16, une troisième sortie en quatre jours pour Joshua McErlean. Résultat, c’est la première fois en 24 ans, après 321 rallyes, que l’équipe de Malcolm Wilson rentre complètement bredouille avec zéro voiture à l’arrivée. Heureusement pour la communication qu’il y a eu les deux scratches de la Ford Fiesta Rally3 de Matteo Fontana !
Un Rossel succède à un autre en WRC2
En WRC2, un Rossel succède à un autre. Après le crash de son grand frère Yohan dans la première spéciale, Léo a imposé sa Citroën C3 Rallye 2 avec brio. Sixième au général, 6.9 devant la 4ème Toyota de Takamoto Katsuta, le Français devance de 2’09 la Skoda de Roberto Dapra. Arthur Pelamourgues complétant le podium sur la Hyundai ex-Life Live.
Encore un 3ème et un 5ème temps absolus pour Cherain!
Plus loin, Cédric Cherain a encore réussi ce dimanche à profiter de sa position éloignée sur la route et de la fonte des neiges pour s’illustrer avec un 3ème (2e en Rally2), un 5ème (2ème en Rallye 2) et deux 11èmechronos au général. Le Liégeois et sa Skoda terminent finalement quatorzièmes au classement absolu, septième parmi les Rally2 à 3 secondes seulement de la première Lancia de Nikolay Gryazin. Un très bon résultat pour notre ancien champion de Belgique. Et un résultat décevant pour les débuts des Ypsilon suite aux fautes (bien pardonnables dans ces conditions) de leurs deux pilotes. Mais la performance est là.
On notera encore les 21ème et 22ème places des Fabia de John Wartique et Amaury Molle, l'ex-pilote de circuit terminant à moins de trente secondes du Top 20 clôturé par la Yaris d’Elliott Delecour.
Enfin, après deux abandons suite à des erreurs de pilotage, Armand Fumal est arrivé au bout de l’ultime étape et a permis à son Alpine (après deux meilleurs temps parmi les A110) de rejoindre le port de Monaco. Une vraie victoire déjà pour tous les concurrents qui ont dû affronter ces conditions hivernales dantesques et parleront encore longtemps de cette mémorable édition 2026.



