WRC Monte-Carlo: La chance sourit à Oliver Solberg à 5 spéciales de la victoire !
On se serait cru au Rallye de Suède ce matin lors d’une première spéciale matinale quasi totalement enneigée et verglacée. Cela a logiquement fondu lors du deuxième passage sur les 29 km de La Bréole-Bellafaire ce qui a rendu le pilotage encore plus imprévisible et compliqué avec un mélange de neige, de « soupe » et de boue.
Des conditions « inroulables » pour reprendre le terme utilisé par un Sébastien Ogier baissant les bras dans lesquelles plusieurs – et non des moindres ! – se sont faits surprendre avec des sorties définitives pour Sami Pajari (la deuxième !) et Nikolay Gryazin (Lancia) alors qu’il était en passe de prendre la tête du WRC2.
Hayden Paddon, décidément pas à l’aise (Esapekka Lappi aurait fait bien mieux que lui sur un vrai Monte-Carlo) a volé dans un champ et perdu plus de cinq minutes. Les Belges Thierry Neuville et Grégoire Munster (7e) n’ont pu éviter un tête-à-queue. Tout comme Adrien Fourmaux.
Solberg sort et signe le scratch!
Mais le plus chanceux a certainement été le leader Oliver Solberg. Alors qu’il éclaboussait une nouvelle fois la concurrence de son talent et de sa lecture du grip, le Suédois s’est fait surprendre en vue de l’arrivée.
« Il y avait plus de neige que prévu à la sortie d’un virage à droite," expliquait Oliver. "J’ai glissé des quatre roues et pour ne pas tomber dans la fossé côté droit, j’ai mis gaz et je me suis retrouvé dans le champ en face après avoir défoncé une haie. Je n’ai pas hésité, j’ai gardé gaz et je l’ai défoncée de l’autre côté pour revenir sur la route. »
Et néanmoins signer le meilleur temps ! « Pourtant j’étais prudent toute la spéciale. J’aurais dû l’être encore plus… »
Alors qu’il ne reste plus que cinq spéciales à disputer, un petit show ce soir à 18h35 sur le port de Monaco puis les quatre dernières spéciales dominicales dont les deux passant au sommet enneigé du Turini, Oliver Solberg compte toujours 1’04.7 d’avance sur Elfyn Evans. Partout ailleurs, le pilote Toyota serait sur du velours. Mais à Monte-Carlo, avec les conditions hivernales encore annoncées ce dimanche, rien n’est jamais acquis. Il faudra donc rester concentré et ne plus commettre d’erreur jusqu’au bout.
Ogier songe au championnat
Troisième maintenant à un peu plus d’une minute et demie et 26.6 de son équipier gallois, Sébastien Ogier ne songe plus vraiment à un onzième succès. « J’ai levé le pied dans la dernière car cela devenait trop dangereux. Il était trop facile de partir à la faute. Je préfère assurer le podium dans l’optique du championnat. »
N’oublions pas qu’avec le Super Dimanche et la Power Stage, dix points bonus seront encore à prendre demain, sur des spéciales qu’Ogier connaît par cœur.
Et Oliver, après la sonnette d’alarme de cette dernière spéciale, ne tentera sans doute plus le diable et devrait ne plus prendre trop de risque lors des quatre ultimes tronçons.
Ce sera différent dans le camp Hyundai, dans la lignée de 2025 et encore décevant sur ce rallye où tous les scratches jusqu’ici ont été signé par les trois pilotes Toyota de tête.
Hyundai encore bien derrière
Adrien Fourmaux pointe actuellement au 4ème rang à 6.13.8 devant son équipier belge Thierry Neuville, 5èmeà 7’29.5. Ne parlons même pas du pauvre Paddon, treizième à plus d’un quart d’heure…
« Lors de la dernière, j’étais juste un passager, je ne contrôlais pas ma voiture, » résumait notre compatriote qui disputera ce soir sa spéciale à domicile. « Oui je suis content d’arriver à bon port chez moi à Monaco car c’était vraiment très dur ces derniers jours… »
Le débutant en WRC1 Jon Armstrong continue à faire bonne figure et pointe en 6ème position (à plus de dix minutes !), 1’18 devant Grégoire Munster.
Entre les deux, on retrouve intercalée la Citroën C3 de Léo Rossel, confortable leader en WRC2 suite à l’abandon de la nouvelle Lancia de Gryazin. Le jeune Français possède désormais 1’28 d’avance sur la Skoda de l’Italien Roberto Dapra et 20 secondes de plus sur la Fabia d’Eric Camilli.
Pour les autres Belges, Armand Fumal a, hélas, abandonné pour la seconde fois après avoir endommagé le train arrière de son Alpine en tapant un muret à l’entrée d’un pont.
« Je suis sorti des rails, j’ai glissé et cassé la biellette arrière droite. On a pu sortir de la spéciale en réparant avec des colsons, mais on a préféré renoncer pour ne pas risquer de casser le différentiel, » racontait le malheureux Spadois. « C’est de ma faute. Je n’étais pas bien préparé cette année. Je ne commets habituellement pas ce type d’erreur. J’ai abordé ce rallye fatigué et fiévreux. Cela ne pouvait pas bien se passer. »
Cherain deux fois devant Neuville
Cédric Cherain lui a continué, comme la veille, de profiter de conditions de routes plus favorables en partant de loin pour se mettre en évidence avec un cinquième chrono dans l’ES11 (2ème en WRC2) puis un neuvième (4e en Rally2) dans la suivante devant Thierry Neuville. Le pilote Skoda profitant aussi du retrait de Gryazin et des douze minutes perdues par Elliot Delecour a ainsi réintégré le Top 20. Il pointe désormais à une belle 16ème place, la 7ème des Rallye2.
John Wartique est actuellement 21ème et Amaury Molle 24ème.
Photo WRC.com



