Rallye Monte-Carlo : Tous derrière Ogier, favori pour un 11ème succès « à domicile »

il y a 2 sem. Olivier de Wilde

Thierry Neuville emmène une forte délégation de six pilotes belges. Hyundai a mis les bouchées doubles pour affronter le rouleau compresseur Toyota. Redevenu privé, Greg Munster veut et doit terminer premier pilote Ford.

C’est très certainement le rallye le plus attendu de la saison. Car c’est celui qui ouvre le bal après une trêve hivernale de moins de deux mois. Car c’est le plus prestigieux à prendre son envol en face du Casino de Monaco ce jeudi après-midi sur le coup de 14h30 et arriver sur le port de la Principauté dimanche en début d’après-midi au terme de 17 spéciales dont le célèbre col du Turini à parcourir deux fois.

Mais aussi car c’est le plus difficile, très certainement avec le retour attendu des conditions hivernales cette fin de semaine rendant les spéciales en montagnes très délicates, les choix de pneus cornéliens.

Ogier candidat à un 10ème titre

« Si je ne devais en gagner qu’un par an, ce serait très certainement celui-là, » déclare le nonuple champion du monde Sébastien Ogier. Le régional de l’étape (il est originaire de Gap même s’il vit aujourd’hui en Allemagne avec sa famille) détient le record de succès sur cette course mythique. Le pilote Toyota, champion en titre et ancien prof de ski, visera à 42 ans son 11ème trophée monégasque ce week-end. « Les fans croient que c’est facile. Oui j’assume mon rôle logique de favori, mais ce n’est pas simple. Il faut d’abord se battre face aux éléments, rester sur la route, faire les bons choix de gommes. Ouvrir la route et faire la trace ne sera pas un avantage s’il y a de la neige ces jeudi et vendredi. C’est plus dangereux aussi. S’il y a un piège, je serai le premier à l’affronter.»

Et puis il y a ses concurrents : dans son équipe, on pointera essentiellement le Gallois Elfyn Evans, éternel second cette fois prévenu : « Je sais maintenant que même s’il sera absent en Suède et ne disputera pas toutes les épreuves, Seb est tout de même candidat à une dixième couronne. Il ne me prendra plus par surprise.»

Solberg pour faire oublier Rovanpera

Puis il y a le nouveau venu Oliver Solberg. Champion WRC2, le fils de l’ancien champion du monde baptisé « Hollywood » s’est imposé l’an dernier en Estonie pour sa première et seule course sur la Yaris WRC1. Il sera rapide, c’est certain. Mais saura-t-il rester sur la route durant quatre jours ?

Composant l’équipe B de Toyota, Takamoto Katsuta et Sami Pajari viseront cette année leur premier succès WRC. Mais à priori pas ici.

Tanak de retour chez Toyota en 2027 ?

Si le double champion du monde Kalle Rovanpera, parti en monoplace, est le grand absent du côté des Japonais, Ott Tanak, un autre champion, va très certainement manquer à Hyundai. Selon les rumeurs, l’Estonien aurait déjà signé pour un retour dans l’équipe nippone avec laquelle il a été sacré en 2019 dès 2027. A vérifier.

En attendant, les Coréens feront principalement confiance à un Francophone (Adrien Fourmaux) et un Germanophone (Thierry Neuville).

Après une saison 2025 très décevante, le commando Hyundai a multiplié les tests avec sa WRC1 et des WRC2 pour mieux comprendre les pneus, définir de meilleurs réglages sur l’asphalte et pouvoir rivaliser à nouveau avec son grand rival japonais. Après avoir développé l’Hypercar Genesis, l’ingénieur français François-Xavier Demaison a été renvoyé en mission rallye. Cela a-t-il porté ses fruits ou le retard de la i20 est-il trop conséquent et impossible à résorber en deux mois ? Ebauche de réponse dans les jours à venir car le Monte-Carlo est un rallye particulier sur lequel l’engagement du pilote, la prise de risques, les choix de pneus font plus la différence que le niveau réel de perfos.

Neuville doit se méfier de Fourmaux

Attention, à ce petit jeu, Adrien Fourmaux entamant sa 2ème saison pour les Coréens est devenu très fort. Le Français vise toujours sa première victoire en WRC à côté de laquelle il est passée à deux ou trois reprises en 2025. Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe devront se méfier de lui.

Notre compatriote est le seul pilote au départ à avoir réussi à battre Ogier sur ses terres en 2020 et 2024. Il connaît et apprécie le Monte-Carlo et souhaite décrocher un 3ème succès monégasque. « On est clairement là pour briguer la victoire, » annonce Thierry qui a perdu son numéro 1. « Les compteurs sont remis à zéro. On est tous très excités avant les trois premières spéciales de ce soir. »

Une première de jour puis les deux suivantes à la lueur des phares, dans une ambiance de feu… d’artifices.

Le retour de Paddon depuis le drame de 2017

Hyundai alignera encore trois i20 de pointe. Et Cyril Abiteboul a fait le choix d’alterner ses troisièmes pilotes très expérimentés avec les retours en 2026 de Dani Sordo (jamais réellement parti), d’Esapekka Lappi et d’Hayden Paddon.

Surprise, c’est le Néo-Zélandais qui est aligné en France, essentiellement car les deux autres détestent encore plus ce rallye loterie à l’adhérence précaire et aux risques trop importants. Nul doute que Paddon, absent ici depuis son banal accident de 2017 (une glissade sur une plaque de glace s’était terminée tragiquement avec le décès d’un spectateur), aura une appréhension et ne sera pas directement dans le coup pour le podium. 

La der des WRC1

Enfin, parmi les onze WRC1 au départ pour la dernière année des « fusées des rallyes » avant l’introduction de la nouvelle règlementation WRC27, il y a trois Ford Puma M-Sport. Les deux « officielles » des Irlandais McErlean et le nouveau venu Armstrong qui jusqu’ici n’a pas encore marché sur la lune, et la « privée » de Greg Munster et Louis Louka. Espérons que la voiture perso de Jourdan Serderidis aura été préparée avec le même soin que les deux autres.

De retour dans les montagnes où il a signé voici un an son premier scratch mondial, Munster aura à cœur de bien faire pour le seul rallye mondial actuellement à son programme même s’il travaille bien sûr à d’autres participations, plus probablement en WRC2 (avec Hyundai ?).

Munster doit devancer les Irlandais

Son objectif doit être de mener la « Coupe Ford », de devancer les deux pilotes « usine » et de profiter des circonstances et faits de course, de certains choix audacieux, pour faire parler de lui et démontrer qu’il mérite encore le soutien d’un constructeur. Même s’il prétend être là pour prendre du plaisir, Munster dont le contrat M-Sport n’a pas été renouvelé sait qu’il joue gros sur ce rallye. Croisons les doigts pour que les Anglais ne la lui fassent pas à l’envers et que le matériel mis à sa disposition soit réellement à la hauteur de ses ambitions.

Lancia de retour avec l’Ypsilon Rally2

L’une des grandes nouveautés de cette édition 2026 du Monte-Carlo est le retour officiel de Lancia, la marque la plus victorieuse dans la discipline. Pour l’instant toujours dans la sous-catégorie WRC2 et malheureusement pas avec des couleurs ni un design rappelant les célèbres Martini. Mais avec une belle préparation et de réelles chances de succès pour les Ypsilon Rally2 du Français Yohan Rossel et du Russe Nikolay Gryazin roulant désormais sous licence bulgare.

On retrouvera cinq autres marques en WRC2 avec principalement les Skoda Fabia de Camilli, Chatillon et Dapra (on suivra bien sûr aussi nos compatriotes Cédric Cherain, John Wartique et Amaury Molle sur les autos tchèques), les Toyota Yaris de Ingram, Delecour Jr et Yamamoto, les Citroën C3 des Français Leo Rossel et Pablo Sarrazin, la Hyundai ex-Life Live Motorsport de Pelamourgues et la Ford Fiesta de Romet Jurgenson.

Enfin, du côté des « gentlemen-drivers », le Spadois Armand Fumal, alias Mister Cybernet, tentera d’imposer son Alpine deux roues motrices en RGT face aux modèles similaires du Français Berard et du Monégasque Dessi.

Voilà, le décor est planté. Les fans ont commencé à prendre d’assaut les montagnes avec leurs drapeaux, frigos-box et feux de bingale. La saison 2026 est officiellement ouverte. Et la chasse à Sébastien Ogier, sur le Monte-Carl’ et le Mondial aussi… 

Photo Januus Ree WRC.com

Mots-clés: Rallye Sports Moteur

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