L’automobile demande encore plus de flexibilité à l’Europe
En faisant plier l’Europe sur son dogme du tout électrique, l’industrie automobile européenne avait réussi à glisser un pied dans la porte. Et certains (dont nous) pressentaient que quand on a un pied dans la porte, il existe une chance d’ouvrir la porte un peu plus. À en croire l’organisation Transport & Environment, qui aurait mis la main sur des documents confidentiels, nous avions raison. Selon ces documents, l’ACEA (Association européenne des constructeurs automobiles) demande plusieurs ajustements concrets. D’abord, étendre le calcul des émissions de CO₂ : actuellement basé sur une moyenne entre 2030 et 2032, il passerait à une fenêtre de cinq ans (2028-2032), histoire de lisser une demande électrique jugée trop incertaine. L’argument est clair : sans triplement du marché EV d’ici là, les constructeurs s’exposent à de lourdes amendes.
Les hybrides dans le viseur
Autre point sensible : les hybrides rechargeables, auxquels il est reproché des écarts significatifs entre consommations officielles et usage réel. Alors que l’Europe veut durcir leur méthode de calcul dès 2027, ce qui augmenterait sensiblement leurs émissions de CO₂ homologuées, l’ACEA demande tout simplement de supprimer cette réforme. Une manière, selon l’association, de préserver une technologie clé dans la phase de transition. Enfin, l’association des constructeurs souhaite confirmer définitivement l’objectif de –90% d’émissions (au lieu des 100%) évoqué par la Commission. Mieux, elle veut en assouplir largement l’application. Car au-delà du chiffre, l’ACEA plaide pour multiplier les mécanismes de compensation (carburants alternatifs, matériaux, crédits divers), au point de ramener l’effort réel bien en dessous de ce seuil. À peu près 80% dans la pratique, ce qui permettrait de maintenir une part significative de motorisations thermiques après 2035.
Du point de vue du consommateur, cette nouvelle poussée des constructeurs ouvrirait la voie vers une plus grande liberté de choix. Un choix que la situation mondiale pousse subitement vers l’électrique, dont les ventes européennes ont explosé ces dernières semaines.

