La voiture électrique, un problème à 39 milliards… pour la Chine

il y a 1 sem. Laurent Zilli

Après avoir massivement soutenu le développement de la voiture électrique, la Chine fait aujourd’hui face à certains retours de manivelle. Aujourd’hui, le pays découvre que les modèles les plus imposants endommagent les routes, sans participer à leur entretien.

Nous commencerons par le dire clairement : nous n’avons pas vocation à faire de « l’anti-Chine » pour le principe. Mais le fait est que chaque semaine ou presque, un ministère, un média ou un bureau d’étude chinois publient une information sur un revers de médaille de la voiture électrique. Après la dangerosité des poignées escamotables, la surproduction et la guerre des prix conduisant aux faillites, et autre dévaluation record à cause des « occasions zéro kilomètres » inondant le marché local, la Chine fait face à un autre problème causé par la voiture électrique. Plus précisément, par les colossaux SUV et vans de luxe électriques, dont les Chinois raffolent. Selon l’association des constructeurs chinois, 60 % des nouveaux modèles lancés ces 6 derniers mois mesurent plus de 5 mètres de long. Or, ces gros véhicules, à grosses batteries, avoisinant souvent les 3 tonnes, ont une furieuse tendance à défoncer les routes du pays.

Pas d’accises

En Chine comme ailleurs, ce sont les taxes sur les carburants qui servent à financer l’entretien du réseau routier. Et en Chine comme ailleurs, les véhicules électriques échappent bien évidemment à ces taxes. Le succès des VE (largement encouragé et financé par le gouvernement chinois des années durant) est tel que les revenus des accises auraient chuté de quelque 50 %. Et le Ministère Chinois des Transport estime qu’il manque 300 milliards de Yuans par an (39 milliards €) pour réparer les routes. Aussi le gouvernement envisage-t-il de lancer une nouvelle taxe kilométrique spécifique aux VE, telle que celle récemment officialisée au Royaume-Uni. Au pays de la surveillance totale, il est aussi envisagé de suivre les mouvements de véhicules spécifiques pour établir une taxe « sur mesure ». En tout cas, le Parti Communiste hausse le ton. Dans son journal officiel, il a enjoint les constructeurs à faire preuve de retenue dans les dimensions de véhicules « peu adaptés aux infrastructures urbaines et trop gourmands en énergie ». De son côté, la télévision d’état CCTV a critiqué les constructeurs, qualifiant les gros VE de « vision à court terme du marché, sans volonté d’innovation ». Bref, entre la réduction progressive des avantages fiscaux, les nouvelles taxes et les remontrances du gouvernement, les ventes chinoises de voitures électriques n’ont peut-être pas fini de reculer.

Mots-clés: Insolite

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