La Chine met fin à l’ère de la complaisance électrique

il y a 4 h Laurent Zilli

Après avoir surdéveloppé son industrie de la voiture électrique à coups de subsides et de normes quasi inexistantes, la Chine passe de la quantité à la qualité. En 2026, trois mesures gouvernementales vont changer la donne.

Première illustration de ce tournant : la perspective d’un grand ménage industriel. Selon plusieurs analystes, des dizaines de marques chinoises de voitures électriques pourraient disparaître dès 2026, victimes d’une guerre des prix destructrice et de marges devenues intenables. Après avoir encouragé l’émergence d’un nombre infini de constructeurs, Pékin semble désormais accepter (voire provoquer) une sélection naturelle, de laquelle émergeront des groupes plus solides, rentables et capables de s’imposer à l’international.

Dans le même esprit, la Chine introduira dès 2026 les premières normes obligatoires de consommation énergétique pour les véhicules électriques, une première mondiale. Fini le temps où il suffisait d’embarquer une grosse batterie pour afficher une autonomie flatteuse, les constructeurs devront désormais respecter des seuils précis de kWh/100 km, sous peine de perdre certains avantages fiscaux. 

Moins de gadgets, plus de sécurité

Troisième signal fort : l’interdiction annoncée, à partir de 2027, des poignées de porte entièrement rétractables de type « Tesla » sur les voitures vendues en Chine. En imposant un mécanisme mécanique fonctionnel en toutes circonstances, les autorités privilégient la sécurité réelle, notamment en cas d’accident ou de panne électrique, au détriment du design spectaculaire. Là encore, c’est tout un symbole, puisque certaines solutions devenues des gimmicks de la modernité électrique sont désormais jugées incompatibles avec les exigences de fiabilité et de protection des occupants.

Manifestement, donc, la politique chinoise change de philosophie. Non pas que l’État se désengage de l’électrique, mais le temps est venu de la maturité, avec moins de tolérance, plus de règles, et la volonté mettre de l’ordre dans un secteur pour ainsi dire anarchique. Une façon, aussi, de montrer patte blanche aux marchés qui se montrer de plus en plus défensifs ? C’est bien possible. Une chose est sûre, on sait bien en Europe que plus une voiture doit répondre aux normes, plus elle coûte cher. Les importations chinoises vont donc perdre un peu de leur compétitivité.

Mots-clés: Insolite

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