La Chine va-t-elle massivement investir dans l’hydrogène ?
C’est une histoire qui se répète. Chaque fois que le monde traverse une crise impactant significativement les cours du pétrole, certains cherchent des alternatives, et l’idée de l’hydrogène ressort des tiroirs. C’était déjà le cas en 1973 et 1979. Puis ça l’a été aussi à l’aube de ce millénaire. Certes, l’enthousiasme retombe en même temps que le prix du baril. Toutefois, à chaque nouvelle « vague », la technologie de l’hydrogène, qui poursuit son développement en coulisse, est de plus en plus mûre. Mais il manque toujours la véritable impulsion qui peut donner sa chance au H2, qui réclame des investissements énormes et à long terme. Sauf que cette fois, l’impulsion pourrait être donnée dans un pays qui ne regarde jamais à la dépense.
Guerre en Iran
Ce pays, c’est la Chine. Dans un éditorial signé Martin Tengler pour BloombergNEF, relayé par le média auto Motor1, il est rappelé que la Chine importe du Moyen-Orient 75 % du pétrole qu’elle consomme, qu’elle absorbe à elle seule (en temps normal) 90 % du pétrole iranien, cela sans parler des importations de gaz naturel. Pas la peine d’expliquer que la Chine est donc particulièrement touchée par les événements actuels. Or la Chine, qui aime rendre le monde dépendant de ses produits, déteste constater sa propre dépendance, et les faiblesses qui en découlent. C’est pour cela, selon l’éditorial, que Pékin a décidé d’investir dans la filière de l’hydrogène vert. Certes, l’initiative est locale, limitée à la ville de Pékin, mais un investissement qui concerne une ville de 22 millions d’habitants, c’est loin d’être anodin. Et ailleurs dans le monde, on observera attentivement.


