WEC: Vincent Vosse (WRT) préface les 6H de Spa: «Si on parvient à tout mettre ensemble, BMW peut gagner en Hypercar »
Vincent, on sait que vous avez votre chambre privée dans la structure d’accueil de WRT et que vous y dormez régulièrement sur les courses. Est-ce aussi le cas ce week-end pour votre épreuve à domicile ?
« Non quand même pas. Je rentre chez moi, à La Reid, à dix minutes du circuit quand il n’y a pas de travaux… Je préfère quand même mon lit. »
Vous avez mené la course de Laguna Seca samedi dernier avec la #24 avant de finir sur le podium avec la #25. Que manque-t-il encore à la BMW V8 Hybrid pour remporter votre première course à la régulière que ce soit aux Etats-Unis ou en WEC ?
« Un minimum de réussite. Il faut réussir à tout mettre ensemble. Le week-end dernier, la #24 aurait pu gagner s’il n’y avait pas eu de Full Course Yellow lors de notre relais court. C’est la course. Mais on est revenu de loin avec la #25 sur une tactique différente pour terminer sur le podium. Notre rythme en course était parmi les meilleurs. C’est juste qu’il est très dur de dépasser sur ce circuit. Je suis convaincu que cela va venir. C’est notre objectif. On va gagner dès cette saison !»
Cela pourrait être dès ce week-end ? Le tracé plus rapide de Spa convient-il mieux à votre voiture qu’Imola ?
« Clairement oui. Et on a déjà vu en Italie que notre vitesse de pointe était bonne. Pourtant nos statistiques sont meilleures à Imola. On n’a pas brillé à la maison lors des deux précédentes éditions. On va essayer de changer cela tout de suite. Comme je l’ai dit plus haut, si on parvient à faire un sans-faute, à une parfaite exécution, sans pénalité, sans souci technique, sans accroc et avec des bons pitstops, on pourra jouer un des premiers rôles, au minimum le podium. »
Mais Ferrari et Toyota restent les favorites ?
« Ils ont été très forts lors de la première course. Mais la piste ici est fort différente...»
Pourquoi les LMH semblent toujours avantagées par rapport aux LMDh ?
« Je ne pense pas que ce soit une volonté de l’ACO de favoriser qui que ce soit. Après trois ans de succès de Ferrari au Mans, je crois que les organisateurs du WEC seraient ravis de voir une LMDh triompher. Il n’y a donc pas d’avantage donné à quiconque, mais il est sans doute plus compliqué que prévu de trouver un juste équilibre entre les deux types de prototypes. »
On a coutume de dire que les 6H de Spa sont la répétition générale des 24H du Mans. Est-ce toujours réellement le cas aujourd’hui ?
« Pas vraiment vu qu’il est désormais interdit d’utiliser un kit aéro spécifique pour les 24 Heures. Avant Porsche, Audi et d’autres avaient des ailerons différents pour Le Mans et il n’était pas rare de voir au moins une des voitures rouler à Spa avec moins d’appui pour préparer le double tour d’horloge. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Spa ressemble plus au Mans qu’Imola et est la dernière course pour entraîner les pilotes, mécaniciens. Maintenant, rien ne ressemble réellement au Mans. Il faudrait construire une piste identique en Arabie Saoudite. Et encore la chaleur, l’asphalte ne seraient pas comparables. En fait, on peut se préparer au Mans, mais on n’est jamais réellement assez prêt pour Le Mans. Il existe toujours une part d’inconnue.»
Vous multipliez néanmoins toujours les simulations de 24h. De quand date la dernière pour BMW ?
« Aragon il y a deux mois environ. »
Depuis la première année de la catégorie Hypercar, trois constructeurs s’en sont allés ou vont partir et trois sont arrivés ou débarqueront l’an prochain. Quelle est la durée de votre implication avec BMW. Cinq ans minimum non ?
« Je ne peux pas vous dire cela, mais c’est une collaboration à long terme. Maintenant, tout le monde de nos jours sait très bien que les constructeurs vont et viennent. Il faut accepter cela surtout dans des championnats attractifs comme le WEC où ils sont nombreux. Car il n’y a toujours qu’un vainqueur. Et celui qui est dernier est souvent très loin. Ce n’est pas facile à gérer. On a donc toujours un peu de pression même si on a un contrat. On doit montrer la possibilité de gagner. Et on va le faire. On sait que tout peut arriver. Qui aurait imaginé que Porsche allait quitter le WEC après deux ans ? On pensait plutôt que ce serait Peugeot… Il faut donc rester prudents et toujours performer au mieux.»
La déco de la BMW M4 GT3 #69 en tête du championnat va changer à chaque course. Ici, on a rendu hommage au succès de la 635 CSi Schnitzer de Thierry Tassin victorieuse des 24H de Spa il y a quarante ans. Qu’en sera-t-il au Mans ?
« Ah ah, vous verrez bien. Ce sera encore lié à l’histoire de BMW… »
La semaine prochaine, ce seront les 24H du Nürburgring au départ desquelles on retrouvera un certain Max Verstappen. WRT n’y est pas engagé cette année, mais cela pourrait-il être le cas dans le futur avec un certain Valentino Rossi ?
« Vale n’a pas attendu Max pour s’intéresser beaucoup à cette course et ce circuit mythique. Cela fait quelques années que l’envie est là, mais il faut que tout s’aligne, il y a le permis à passer. C’est plus compliqué que pour les autres courses. On verra dans le futur, mais pour l’instant rien n’est encore programmé. »
Vous serez dans l’Eifel pour assister à la course ?
« Je vais y passer oui. Mais je ne sais pas si je resterai les 24 heures… »
Que pensez-vous du projet de la M3 Touring 24H engagée par BMW Motorsport ?
« C’est une très belle voiture ! En fait, il s’agit d’une BMW avec la mécanique de la M4 GT3 et une aéro différente. »
Quelles sont ses chances de bien figurer ?
« Sur le sec, je dirais les mêmes que les M4 GT3. S’il pleut ce sera différent car ils sont équipés de Yokoyama et tout le monde sait bien que rien ne vaut les Michelin sur le mouillé. »
Vous avez trois voitures engagées à la saison en GT World Challenge. Qu’en sera-t-il aux 24H de Spa où l’an dernier vous aviez cinq M4 au départ ?
« On ne sait jamais ce qu’il peut arriver. Si Verstappen ou Alonso nous contacte, cela pourrait changer. Mais à l’heure actuelle, il est prévu que l’on se contente de nos trois autos dont deux sont engagées en Pro. »
Un petit mot sur le futur transfert de votre ancien pilote Laurens Vanthoor chez McLaren pour le WEC 2027 ?
« Je ne sais pas si c’est officiel. Laurens ne m’a encore rien dit. Mais si cela l’est, je trouve que c’est magnifique. Il aura fait dix ans chez Porsche et si je ne me trompe pas il continuera à rouler encore un peu chez eux. Il a bien géré cela et je lui souhaite le meilleur. »


