Triomphe Toyota aux 24H du Mans, BMW WRT 2ème !
Notre pronostic était le bon. Après trois années de succès Ferrari, Toyota a renoué avec la victoire aux 24H du Mans avec sa nouvelle TR010 Hybrid.
Et mieux qu’un sixième succès, c’est un véritable triomphe pour la marque japonaise qui place ses deux protos sur le podium et signe sans doute la plus belle de ses performances sur le double tour d’horloge.
Car après les victoires de 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022 où la marque a porté à bout de bras l’épreuve au point au final d’être encore le seul constructeur engagé dans la catégorie de pointe, on avait dit que Toyota s’était imposé dans la Sarthe face à personne.
Dès que la catégorie Hypercar a pris son envol avec huit ou neuf constructeurs, les Nippons avaient dû subir la loi de Ferrari ou Porsche. Les hauts dirigeants voulaient démentir ces on-dit et prouver face à une concurrence plus forte que jamais avec ses autres marques en Hypercar qu’ils ne sont pas le plus grand constructeur au monde pour rien.
Dès lors, l’équipe a développé la nouvelle TR010 Hybrid en vue du Mans. Un proto qui s’est d’emblée imposé aux 6H d’Imola sur le terrain de Ferrari.
Un peu en retrait à Spa et surtout lors des qualifications avec l’élimination des deux voitures en Hyperpole 1, l’équipe vice-championne du monde ne s’est jamais inquiétée. « Nous nous focalisons sur la course, » avait prévenu Sébastien Buemi.
Les Toyota relancées grâce à une voiture de sécurité
Une stratégie décalée en tout début de course, avec un premier relais plus court, les a de suite replacés dans la lutte pour la première place face à Cadillac et BMW. Mais ces dernières, stars des essais, ont chacune perdu une voiture, la #38 en tête durant la nuit (direction assistée cassée puis soucis de freins) et la #15 de Dries Vanthoor suite à la base à un contact du poleman avec la LMP2 DKR puis des problèmes électriques. Avant de s’essouffler un peu (surtout la Cadillac) en vue de l’arrivée. Dans la forte chaleur, le rythme des « Toy » relancées par une voiture de sécurité à 5h du finish était meilleur
A trois heures du drapeau à damier, Brendon Hartley a doublé Norman Nato à la régulière. Nyck De Vries en a fait de même quelques tours plus tard. Restait alors à gérer la rivalité interne. Des consignes ont été données, mais n’ont pas été de suite respectées. C’est de bonne guerre quand on voit se profiler une victoire sur la plus grande course du monde. Mais au final, le Néo-Zélandais parti à la faute à Mulsanne durant la nuit, a dû abdiquer et une dernière neutralisation sous « FCY » l’a obligé à effectuer un ravitaillement d’urgence. Un ultime rebondissement coûtant à Toyota le doublé au profit de la BMW WRT.
Au final, la N°7 retardée en début de course par une crevaison lente lui coûtant presque un tour était la plus rapide. Bravo donc à Kamui Kobayashi et Mike Conway qui s’était déjà imposé ensemble en 2021, mais aussi et surtout au petit Néerlandais Nyck De Vries dont c’est le premier succès ici.
« C’est incroyable de gagner cette course, » souriait l’ancien pilote de F1. « Je suis très heureux pour l’équipe qui avait connu quelques éditions plus compliquées et une saison 2025 délicate. On a eu de la chance avec la dernière voiture de sécurité qui nous a bien relancé. Mais avec les différents soucis qui nous ont ralentis, je pense qu’au final on mérite ce qui nous arrive. »
Cadillac aura marqué l’épreuve, mais les Américains devront encore attendre une année de plus avant d’espérer monter sur le podium. Norma Nato, Will Stevens et Louis Deletraz doivent se contenter de la quatrième place.
Encore en tête de la course à 5h du drapeau à damier, BMW y aura longtemps cru. Mais les voitures de sécurité n’ont pas joué en leur faveur. Le premier accessit de la BMW Team WRT N°20 des premiers leaders René Rast, Sheldon van der Linde et et Robin Frijns est un super résultat. Mais René Rast avait les larmes aux yeux d’échouer à seulement onze secondes de la victoire. « Il n’y a eu que deux voitures de sécurité et elles ont toutes les deux joué en notre défaveur, » regrettait le pilote allemand. « Même si c’est de loin le meilleur résultat de l’équipe qui a fait le maximum, un premier accessit au Mans a toujours un petit goût amer. Enfin, retenons le positif et revenons encore plus fort l’an prochain. »
Manque de puissance pour Ferrari
Jamais dans la lutte pour la gagne en raison de petites erreurs, d’un abandon (problème électrique pour la #50) et d’un manque de puissance à l’accélération, Ferrari complète le Top 5 avec la #51 d’Alessandro PierGuidi, James Calado et Antonio Giovinazzi. Difficile de faire mieux cette année avec cette BOP. L’ACO ne voulait clairement pas qu’ils fassent quatre à la suite. Mission accomplie.
Bon bulletin pour Alpine qui place ses deux protos dans le Top 10, la meilleur, la #35 de Milesi-Da Costa-Habsburg au 6ème rang. Sera-ce suffisant pour convaincre des Chinois d’investir dans l’équipe suite au retrait de la marque française ? On l’espère.
Bravo à Aston Martin qui marque des points avec la 8ème place de la première Valkyrie et Genesis amenant une de ses voitures à l’arrivée au 13ème rang.
Cela a été compliqué comme prévu pour Peugeot qui n’a rien à retirer de positif de cette édition, hormis d’avoir mené ses deux 9x8 à l’arrivée, avec la treizième place pour Stoffel Vandoorne, premier Belge vu le retrait de Dries Vanthoor.
La bataille en LMP2 a été tout aussi intense. La #30 Duqueine de Verschoor-Pin-Andlauer a longtemps mené l’épreuve avant d’abandonner à trois heures de la fin laissant les deux Inter Europol se battre pour la première place finale revenue comme l’an dernier à Tom Dillmann, Nick Yelloly et Kuba Smiechowski, un tour au final devant le trio de Gerus-Garg-Muller.
Encore un podium pour Van Rompuy
En LMGT3, on a a assisté à une très belle victoire de la Corvette Z06 TF Sport du trio Johny Edgard, Ben Keating et Nick Catsburg, le Britannique ayant effectué un dernier relais de 3h30 !
Après l’abandon très précoce de Maxime Martin qui aura juste pris le départ avant que son équipier ne tape puis casse une suspension sur sa Mercedes, Tom Van Rompuy est au final le seul des nôtres à revenir avec une coupe et le sourire aux lèvres.
L’Anversois a effectué du très bon boulot et signe avec cette deuxième place à 20 secondes des vainqueurs sur la Lexus partagée avec Hadrien David et et Jack Hawksworth son troisième podium au Mans en quatre ans.
(Photo Toyota)


