Stéphane Lémeret a passé de joyeuses Pâques
On ne pouvait rêver meilleure entame pour défendre ton titre en Deux courses, deux victoires, les champions Am 2025 ont fait honneur à leur titre lors des Coupes de Pâques de Nogaro. Stéphane, J’imagine que cette reprise en fanfare a de quoi te satisfaire pleinement ?
"Oui, ça fait évidemment très plaisir de commencer par deux succès. On a été un peu chanceux face à la Porsche car ils ont fait une erreur dans chaque course, mais c’est aussi notre force de faire peu de fautes… même si mon équipier a fait un tête-à-queue impressionnant en course 2 !"
La concurrence n’a visiblement pas passé l’hiver au coin du feu. Tu as dû te retrousser les manches pour aller chercher ces victoires, là où ton équipier Stéphane Auriacombe a vécu une course un peu plus linéaire dans un relais neutralisé à plusieurs reprises par la voiture de sécurité. Cela confirme-t-il que le niveau s’est encore resserré cette saison ?
"Il ne reste que 3 voitures dans la catégorie AM mais en effet c’est beaucoup plus difficile de gagner cette année que l’an dernier car le pilote de l’Aston a beaucoup progressé durant l’hiver, et l’équipage de la Porsche est beaucoup plus rapide que celui de l’an dernier. Les écarts se sont clairement resserrés."
Nogaro semble faire partie de tes jardins préférés. C’est un circuit où tu as souvent brillé. Est-ce un tracé qui épouse particulièrement bien tes qualités de pilote ?
"Non, pas vraiment, c’est trop sinueux à mon goût. C’est vrai que j’y ai souvent obtenu de bons résultats, mais je ne suis pas fan du tracé, et j’y suis plutôt moins compétitif qu’à Dijon, Spa ou Le Castellet. Mais je fais avec et ça me réussit bien, au final."
Quel regard portes-tu sur ton niveau de performances affiché en qualifications comme en course ? Après la coupure hivernale, les automatismes sont-ils revenus tout de suite ?
"Nous n’avons pas testé du tout, à part 5 tours à Alès, donc j’ai sans doute mis un peu plus de temps que certains à retrouver mon rythme, surtout par rapport à ceux qui ont fait plusieurs journées de tests à Nogaro, mais ça a été. Mon chrono de qualifs ne représente pas notre vraie valeur car j’ai été gêné par une Ginetta Cup dans le dernier virage de mon bon tour. J’aurais donc dû me qualifier 5eou 6e au général au lieu de 10e mais c’est la vie. Par contre, la BOP doit évoluer car les nouvelles Alpine GT4+ sont clairement plus compétitives que celles qui, comme la nôtre, ne bénéficient pas de cette dernière évolution. Ce n’est pas normal car toutes les voitures sont censées se valoir, et là ce n’est clairement pas le cas, personne ne le conteste, je pense. On va dire que c’est normal pour le premier meeting d’une nouvelle auto, mais j’espère vraiment que ça va changer dès Dijon car je ne veux pas revivre une saison comme 2023, où on s’est fait atomiser toute l’année par les Alpine EVO car nous ne bénéficiions par encore de ce kit. Je compte sur SRO pour régler le problème rapidement car ce n’est vraiment pas drôle de se retrouver à une seconde au tour du poleman et à plus d’une demi-seconde du pilote Bronze le plus rapide du plateau. Je pense que la situation est assez claire, avec un triplé des GT4+ en course 1 et « seulement » un doublé en course 2 (juste parce que la 3e« nouvelle Alpine » s’est fait sortir). Il faut agir, et vite, mais SRO a toute ma confiance."
Entre le championnat de France FFSA et le Trophée Lamborghini, ton programme 2026 est solide. Mais après ton titre en AM en 2025, ne te laisse-t-il pas malgré tout une petite sensation d’inachevé ou de trop peu ?
"Je suis vraiment très heureux de remettre le couvert dans les deux championnats, avec les mêmes équipiers et la même équipe, CMR, avec qui je débute ma 8e saison d’affilée. C’est vraiment devenu ma 2e famille et le retour de la patronne Sabine Bourachot ce week-end après quasiment deux ans d’absence a été génial. Maintenant, je ne vais pas te dire que je ne rêve pas de refaire du GT3, voire du GT2 ou du proto mais c’est de plus en plus cher et donc de plus en plus compliqué de trouver un volant sans payer des fortunes. C’est comme ça et je mesure ma chance chaque week-end, sans être riche, d’être sur ces deux beaux programmes. Sans oublier la Fun Cup, que j’adore toujours autant, avec mes amis de LRE, Comtoyou et Car-Pass."
Cette saison, peut-on raisonnablement t’imaginer jouer les trouble-fête, voire te mêler à la bataille pour le classement général toutes catégories confondues ?
"C’est un peu le but de briller au général en GT4 France. Franchement, mon objectif est plus d’être parmi les meilleures Alpine que de gagner le championnat AM. J’ai besoin de ce challenge pour ne pas m’endormir sur mes lauriers, donc quand je loupe ma qualif à cause du traffic comme dimanche, je suis de très mauvaise humeur. Mais c’est bon signe, c’est que je reste un gamin dans ma tête !"
Patrick Six



