Gilles Magnus, victime de la collision en chaîne au départ à Monza : « Ne plus venir ici avec les GT3 et donner des sanctions plus sévères aux fautifs »

il y a 3 j Olivier de Wilde

Trois départs en GT3 cette saison et trois gros crashes au Castellet, à Brands-Hatch (après quelques virages) et à Monza. Et à chaque fois, la Porsche Boutsen VDS de notre compatriote Gilles Magnus parmi les voitures détruites. Ce dimanche l’Anversois était lui-même au volant.

Gilles tout d’abord, comment te sens-tu ?

« Physiquement cela va, même si aujourd’hui j’ai un peu mal au dos alors que le choc n’a pourtant pas été trop violent. Je vais aller faire des radios demain et j’espère que tout sera OK. Honnêtement j’ai quand même eu un peu peur. J’ai réalisé qu’on pratique un sport dangereux. Après cette course, c’était vraiment du grand n’importe quoi. »

Et moralement après n’avoir pas encore réussi à boucler un tour cette saison ?

« C’est mon année ! Après deux crashes consécutifs, notre seul objectif était de rallier l’arrivée sans ennui en Italie. J’étais content que l’on se soit qualifié dans le Top 10 car généralement c’est un peu plus loin qu’il y a les accidents. Et là, c’est tout le devant du peloton qui s’est explosé. Et une fois encore, j’étais au mauvais endroit. Cela fait trois châssis en trois courses. Cela commence à devenir dur pour le team. »

La faute à qui, à quoi ?

« C’est une combinaison de différents facteurs. Tout d’abord, il y a le circuit et cette chicane au bout d’une longue ligne droite où l’on arrive très vite. Pour moi, il ne faut plus venir à Monza avec les GT3 dont les freins ne sont pas toujours constants. Ensuite, il y a le nombre trop élevé de voitures. Et enfin, il y a un peu trop de laxisme. On te met une pénalité si tu rentres un demi km/h trop vite dans la pitlane, mais pour le comportement en piste il n’y a pas de sanction exemplaire. Il faut réagir et donner des punitions qui font peur et vont calmer les plus jeunes et faire réfléchir les pros dont c’est le gagne-pain. Ce n’est pas du sprint. Quand on part pour une course de 3h, il faut accepter de garder sa position de départ et ne pas vouloir gagner dix places en prenant autant de risques. »

Après l’avoir vécu et avoir visionné les images, quelle est ton interprétation de ce qu’il s’est passé ?

« Je n’aime pas citer de nom, mais il avait bien été stipulé au briefing qu’on ne pouvait pas sortir des limites de la piste lors de l’envol. Pour moi les torts sont partagés entre le pilote de la Mercedes (ndlr Maxime Martin) et celui de la Ferrari. Il y avait déjà des voitures à quatre de front et un pilote pro qui avait plus de vitesse est sorti du rang et a semé le trouble en voulant réintégrer le peloton. Le pilote de la Ferrari, surpris, a surréagi en donnant un coup de volant et de freins sans doute trop brusque. Cela a provoqué une collision en chaîne. J’ai perdu le contrôle et ensuite c’était du bowling. Tout le monde sait que c’est le départ le plus chaud de la saison. Je ne comprends pas qu’on puisse prendre autant de risques. Il y avait probablement pour 5 millions de dégâts. On peut commettre une erreur même quand on est pro, comme Kelvin van der Linde en fin de course qui a provoqué un autre strike au premier freinage qui aurait pu se terminer encore beaucoup plus mal. Mais au moins le sud-africain a reconnu ses torts et s’est excusé. Moi si cela m’était arrivé je n’en dormirais pas pendant trois semaines et je serais désolé. Donc, je dirais que pour moi la pénalité de trois minutes est bien justifiée. »

Que faut-il faire pour le futur ?

« Je l’ai déjà dit : Ne plus venir à Monza avec ce championnat. Et surtout réagir très très fort pour faire peur à tout le monde. Le jeune Danois qui nous a embouti à Brands Hatch s’est pris pour Kevin Estre. Il a fait n’importe quoi. Il devrait être suspendu pour trois courses ou six mois. Trois minutes ce n’est pas suffisant. De manière générale, la direction de course n’est pas assez stricte. C’était nettement plus sévère en DTM où il y a uniquement des pros et des courses pourtant très musclées. Si les conséquences sont plus importantes, je suis sûr que tout le monde va se calmer. »

Qu’as-tu pensé du reste de la course ?

« Une grosse loterie. Voir cette Audi Silver l’emporter cela décrédibilise le championnat. Les crashes, les full course yellow et ce 3ème pitstop imposé car la Ford ne sait pas rouler une heure à Monza en raison de sa consommation trop élevée ont rendu la course totalement illisible. Ce sont les crashes qui ont fait le classement et la stratégie. »

Craignez-vous qu’on puisse assister de nouveau à un carnage lors de la prochaine course, soit au départ des 24H de Spa ?

« J’espère que non. Généralement tout le monde fait plus attention quand même quand on part pour 24h. »

Pas trop dur de garder le moral quand on vit un début de saison aussi cauchemardesque ?

« Ce n’est pas gai, mais je garde la tête haute. La roue va bien finir par tourner. Quand on passera le premier tour, on a le package pour signer un très bon résultat. Lors des trois qualifications, j’ai à chaque fois devancé la voiture Pro du team. Cela me permet en ce moment de garder le moral. »

Vous êtes partant pour reprendre le départ aux prochaines 24H ?

« Bien sûr. Je suis confiant. Le problème n’est pas venu de moi… »

Photo capture écran Youtube SRO

Mots-clés: Endurance Sports Moteur

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