24h Sarah Bovy: “J’espère que le chat noir de Spa va m’abandonner »
Après un week-end très frustrant en GT2 European Series avec la Maserati, Sarah Bovy retrouvera dès ce mardi le volant de l’Aston Martin Vantage GT3 Comtoyou et ses équipiers pour les 24h de Spa Grégory Servais, Nicolas Baert et Xavier Knauf, soit le seul équipage 100% noir jaune rouge.
Sarah, tout d’abord comment cela va ?
« Je suis revenu me ressourcer un peu à la maison et dormir deux nuits dans mon lit avant de retrouver mon motorhome dans le paddock. Honnêtement, j’ai un peu dur à avaler la pilule du week-end. C’est encore plus frustrant quand vous savez que vous aviez un package pour signer deux podiums de catégorie Pro-Am et que vous n’avez rien à vous reprocher. Il n’y a pas grand-chose que l’on aurait pu faire de mieux. Malheureusement, on a redoublé de malchance. En course 1, Laura est restée bloquée deux minutes dans l’entrée de la pitlane derrière une Audi en panne. J’ai pris le relais et j’étais la seule à tourner dans les temps des KTM et Ginetta, mais cela ne s’est pas vu car j’étais à un tour. Ensuite en course 2 on a perdu de la perf. J’étais moins vite en nouveaux pneus que la veille en gommes usées. On a voulu affiner le set-up, mais je pense que l’on est parti dans la mauvaise direction. Après j’ai tout de même ramené la voiture en 6èmeposition. Malheureusement, à un tour de l’arrivée, mon équipière Laura s’est fait percuter au freinage de la chicane bus stop par un pilote Lamborghini qui a ensuite été pénalisé. Elle a mis une quarantaine de secondes à redémarrer et pour ne pas risquer d’endommager l’auto est rentrée directement au stand. Encore une fois coup dans l’eau !»
Comme aux 24h de Spa il y a deux ans avec la Ferrari de Pierguidi, ta voiture a été bloquée dans l’entrée dans la pitlane ce qui t’a fait perdre beaucoup de temps et toute chance de podium. Cette entrée devient-elle vraiment problématique ?
« Je ne pense pas non. Deux fois en deux ans alors qu’il y a des dizaines voire centaines de courses, cela va. Dans le cas précis, il aurait suffi que le pilote Audi se serre cinquante centimètres plus à gauche ou à droite et cela passait à cet endroit. En se plantant au beau milieu, il a gâché la course de trois équipages. C’était encore différent de la Lambo des 24H stoppée au début du goulot. En tout cas, je peux vous dire que si cela avait été moi derrière, je l’aurais poussé au ralenti sur quelques mètres. Je serais d’ailleurs curieux de savoir si les commissaires sportifs puniraient une telle action vu les circonstances. »
« On peut viser le podium en Pro-Am »
Ce ne sera pas trop dur de retrouver le volant de la Porsche Cup à Misano après avoir eu l’occasion de piloter cette Maserati GT2 qui semblait plus compétitive comme on a pu le constater avec ton 6èmechrono en qualifs à un dixième d’Antoine Potty?
« Non. La Porsche est certes moins puissante et a une vitesse de pointe inférieure, mais sur des circuits techniques comme Misano et Zandvoort on devrait pouvoir compenser avec son agilité. Je ne suis pas fâchée de retrouver notre 992 car elle est très amusante à piloter, limite plus drôle qu’une GT3. Elle requiert un pilotage assez instinctif ce que j’apprécie. »
Est-ce que les chaleurs actuelles posent un souci dans l’habitacle ?
« J’ai été habituée en WEC à rouler dans des pays où il faisait très chaud. Je pensais qu’il ferait moins chaud dans la Maserati GT2 que dans la Cup, mais c’était le contraire. Il faisait très certainement entre 40 et 50 degrés. Heureusement, je faisais des relais assez court de 25 à 35 minutes. On annonce effectivement très chaud cette semaine, mais je ne suis pas inquiète car notre Aston est équipée de la climatisation. En fait, il faut surtout penser à s’épargner quand on est dehors de la voiture. Il faut songer à bien s’hydrater. A porter une casquette (à l’envers ou pas!) si tu fais une séance de dédicaces, à ne pas rester en plein soleil quand tu fais une interview ou simplement tu discutes avec les fans. »
Cette année, les Bronze mais aussi toutes les autres catégories de pilotes auront l’occasion de rouler dès le mardi. Un plus ?
« Clairement, surtout par ces chaleurs. On va avoir des données à analyser et pouvoir prendre ses marques avec 48h d’avance par rapport aux années précédentes. C’est une belle opportunité d’encore mieux préparer la course car au final on n’a que très peu de roulage jeudi avant les qualifications et même de manière générale avant le départ des 24h. »
Quel est ton objectif pour cette 8ème participation ?
« Très franchement, je serais déjà très heureuse si le chat noir me collant aux baskets à domicile depuis 2022 peut me lâcher un peu. Mon dernier podium à Francorchamps remonte à cette victoire en Gold Cup avec la Ferrari aux 24H il y a quatre ans. Depuis plus rien que des misères, des forfaits, des abandons, des soucis. J’aborde les 24h avec beaucoup d’humilité. Avec 70 voitures en piste, de la chaleur, des orages, cela peut vite être terminé. Le premier objectif dès lors sera de rester en dehors des soucis. Notre équipe a gagné les 24H il y a deux ans et performe encore cette année en GT World Challenge (victoire aux 6H du Castellet) ou en DTM. Mon équipage est bon avec deux pilotes Bronze qui ont déjà pas mal d’expérience. Je pense donc que l’on peut réalistiquement viser et jouer le podium de catégorie en Pro-Am. »


