Les fans de F1 rassurés après les premiers essais de Barcelone
La F1 a tourné durant cinq jours à huis-clos la semaine dernière à Barcelone. Pourquoi à l’abri strict des regards tout d’abord ? Car les organisateurs et les équipes craignaient de gros soucis de fiabilité et surtout redoutent l’espionnage industriel à l’aube de la plus grande révolution technologique de l’histoire de la F1 avec des changements de châssis, moteurs, aéros et pneumatiques. Pas question dès lors de voir débarquer une ribambelle de photographes et journalistes épiant les moindres faits et gestes.
La direction du circuit, à la demande de la FIA, est même allée jusqu’à supprimer l’accès au live timing en dehors des stands et faisait la police, avec un système de gardiennage, pour éviter même les « paparazzis » jouant du zoom bien loin de la piste.
Mais au final, les infos et quelques photos ou images ont tout de même filtré via les teams.
Dix teams sur onze
Le premier point positif est qu’hormis Williams qui a manqué ce premier rendez-vous et attendra les premiers essais de Barheïn (11 au 13 février) pour étrenner sa nouvelle monoplace, dix des onze écuries ont pris la piste.
Et si Aston Martin a dû se contenter de 66 tours (61 pour Fernando Alonso et cinq seulement pour Lance Stroll) avec son nouveau moteur Honda, certaines écuries à l’instar de Mercedes et Ferrari ont accumulé les rondes sans soucis majeurs. Cela signifie que certains motoristes et ingénieurs contrôlent déjà bien les différents aspects de la nouvelle règlementation et que l’on ne risque pas d’assister à des courses par éliminations.
Déjà une bonne fiabilité
Avec deux de ses trois clients présents, Mercedes a déjà cumulé plus de 5000 km (5290,4 pour être exact) dont 2328,5 (500 tours) pour George Russell et Kimi Antonelli à eux seuls. C’est très bien et surtout mieux qu’en 2014 au début de l’ère V6 hybrid.
Ferrari ne pointe pas loin avec l’apport également de Haas et Cadillac. Le motoriste italien a bouclé 435 tours soit 4591,8 km, l’écurie mère n’ayant au final bouclé que 300 km de moins que Benz.
Derrière, Red Bull a été ralenti par la sortie de piste d’Isack Hadjar (suite à une erreur de réglage du team visiblement) les privant de deux jours de tests. Du coup la RB22 et sa petite sœur la Racing Bulls RBPT Ford VCARB 03 (va falloir songer à raccourcir tout cela) ont dû se contenter de 622t soit environ 2900 km.
C’est beaucoup moins pour Audi avec 230 rotations (1113 km) pour 164 à la petite nouvelle Cadillac (763,7 km). Les deux petits nouveaux ont moins roulé ce qui à priori semble normal. En toute logique, il ne faut pas s’attendre à les voir jouer sur les devants de la scène dès les débuts à Melbourne.
On notera également que les champions de chez McLaren ont accompli 291 tours (on se souvient qu’ils n’avaient pas pris la piste le lundi) soit plus de 200 de moins que Mercedes.
A Ferrari et Hamilton le meilleur tour
Comme annoncé, Mercedes est prêt. George Russell s’est montré le plus assidu avec 263 tours bouclés pour 239 à Esteban Ocon (Haas) et 237 à Kimi Antonelli (Mercedes), 231 pour Charles Leclerc (Ferrari) et 227 pour Pierre Gasly aux commandes de sa nouvelle Alpine… Mercedes (eh oui il va falloir s’y faire!).
Mais la bonne surprise est venue de Ferrari avec pas mal de km et surtout le meilleur chrono du vendredi et sur l’ensemble de la semaine pour… Lewis Hamilton! Cela faisait longtemps que le champion britannique n’avait plus vu son nom en haut d’une feuille de temps. Voilà qui devrait déjà faire taire ses détracteurs qui voulaient l’envoyer à la retraite. Le septuple champion du monde a pris du repos puis directement ses marques avec cette nouvelle monoplace dans le développement de laquelle il s’est fort investi. Il a changé d’ingénieur et ce chrono de 1.16.348, un dixième devant son compatriote Russell et deux et demi devant le N°1 Lando Norris (trois Anglais aux trois premières places) doit lui redonner le sourire.
Certes, ce ne sont que des essais hivernaux et cela ne veut strictement rien dire. Toutes les écuries n’ont pas déployé toutes leurs évolutions et trouvailles. On n’était pas dans la performance pure et certains cachent peut-être leur jeu pour prendre leurs rivaux par surprise au premier GP. N’empêche, retrouver d’emblée trois des quatre grands teams groupés en deux dixièmes et demi est plutôt rassurant.
D’autant qu’il existe une explication pour le retard de Max Verstappen (7ème à 1.2), six dixièmes devant son nouvel équipier Hadjar.
A cinq secondes de la pole 2025
Ses premiers essais avec les monoplaces 2026 ont également permis de tordre le cou à certaines mauvaises rumeurs. Après les premiers tests sur simulateurs, certains pilotes avaient annoncé que les F1 2026 seraient nettement moins performantes et tourneraient plutôt dans les chronos des F2. C’est archi-faux. En 2025, Arvid Lindblad a signé la pole en F2 en 1.25.180. La semaine dernière, le Britannique a tourné au volant de sa Racing Bulls en 1.18.451, soit déjà presque sept secondes plus vite. Et ce n’est qu’un début. Lewis Hamilton était déjà plus de neuf secondes plus rapide que la pole en F2 sur le tracé catalan. Et il est évident que les chronos vont encore descendre car les conditions étaient loin d’être optimales.
On peut estimer qu’on se rapprochera à environ deux secondes de la pole 2025 lors du premier GP en Australie ce qui est tout à fait acceptable et normal pour une toute nouvelle monoplace. Et cet écart sera encore diminué voire comblé en fin de saison avec le développement et surtout l’habitude des pilotes à leur nouvelle monture.
Voilà, honnêtement tous les signaux sont plutôt au vert. Et si la grille ne sera forcément pas aussi serrée que fin 2025 comme c’est toujours le cas lors d’un changement d’ère, on ne risque pas trop de voir la domination d’un seul motoriste ni d’une seule marque. Avec Mercedes et Ferrari au sommet de la hiérarchie, cela fait déjà sept écuries et 14 pilotes rassurés.
Suite aux prochains épisodes avec désormais deux fois trois jours de tests à Barheïn du 11 au 13 puis du 18 au 20 février, le premier GP de la saison étant prévu le 8 mars à Melbourne, dans un peu plus d’un mois déjà.
Le Top 20 des chronos de Barcelone
- Hamilton (Ferrari) 1.16.348
- Russell (Mercedes) 1.16.445
- Norris (McLaren-Mercedes) 1.16.594
- Leclerc (Ferrari) 1.16.653
- Antonelli (Mercedes) 1.17.081
- Piastri (McLaren-Mercedes) 1.17.446
- Verstappen (Red Bull-Ford) 1.17.586
- Gasly (Alpine-Mercedes) 1.17.707
- Hadjar (Red Bull-Ford) 1.18.159
- Ocon (Haas-Ferrari) 1.18.393
- Bearman (Haas-Ferrari) 1.18.423
- Lindblad (Racing Bulls-Ford) 1.18.451
- Lawson (Racing Bulls-Ford) 1.18.840
- Colapinto (Alpne-Mercedes) 1.19.150
- Hulkenberg (Audi) 1.19.870
- Bortoleto (Audi) 1.20.179
- Alonso (Aston-Martin-Honda) 1.20.795
- Bottas (Cadillac-Ferrari) 1.20.920
- Pérez (Cadillac-Ferrari) 1.21.024
- Stroll (Aston-Martin-Honda) 1.46.404
Photo Ferrari



