WRC Finlande Etape 1: Noé Ogier, Evans sauvé des eaux

il y a 1 sem. Olivier de Wilde

Les jeunes Pajari et Solberg, mais aussi les Hyundai ont bu la tasse dans la tempête en Finlande où les nouveaux promoteurs du WRC ont enfin été officialisés par la FIA.

Ce n’est certainement pas un hasard. Dans les pires conditions provoquées par un véritable déluge inondant la spéciale 7, la deuxième de l’après-midi, ce sont les deux pilotes les plus expérimentés du plateau qui s’en sont le mieux sorti. Même si la position de départ a également fortement influencé le résultat au moment où le ciel s’est déchiré.

Premier sur la route, Elfyn Evans qui naviguait jusque-là en cinquième position après une matinée passée à balayer a cette fois eu de la chance. Parti avant tout le monde, le Gallois a évité le gros de l’averse douchant ses rivaux. Le leader du Mondial a clairement été le grand gagnant de la tempête bouleversant le classement général. Il est en effet rentré ce vendredi soir en deuxième position à 16.3 secondes de son équipier Sébastien Ogier.

« C’était horrible, on ne voyait rien »

«J’ai eu du bol en effet dans l’ES7, mais dans la suivante c’était horrible. C’est comme si je roulais sur de la glace. La visibilité était nulle. Dans pareilles conditions, le bon sens voudrait que l’on arrête la spéciale, » se plaignait à chaud un Evans craignant une sortie de route.

Mais heureusement, la direction de course a tenu bon. On est en WRC, pas en F1. Et c’est ce qui fait le charme de la discipline. « Il n’y a que nous pour continuer à rouler dans les pires conditions, » s’amusait Thierry Neuville reparti le couteau entre les dents après avoir perdu près de deux minutes ce matin suite à une sortie. «La spéciale était nouvelle et la note dans le virage précédent trop optimiste. Je suis passé à fond, mais cela a trop déstabilisé l’auto et je n’ai pu la contrôler avant le virage suivant. Une petite glissade payée très cher. Je n’ai vraiment pas été très chanceux sur ce coup-là»

Après une séance de réparation au bord de la route, Thierry et Martijn ont pu rejoindre le parc d’assistance sans encourir de pénalité. Ils sont repartis 15èmes, mais n’ont pas été gâtés par leur position en devant s’élancer au moment où la pluie était la plus torrentielle : « Oliver, Adrien et moi avons dû rouler au plus mauvais moment. C’était vraiment de la survie. On est tous contents de ne pas être naufragés, d’avoir survécu à cette tempête, » commentait-il remonté dans les points au 9ème rang.

« Je n’ai jamais vu cela, il y a beaucoup d’eau qui coulait de ma trappe de toit, c’était pire qu’au Safari, » regrettait le Suédois qui a perdu de cette manière beaucoup de temps et le contact avec les leaders.

Solberg et Pajari en lutte pour le podium

Mais la lutte pour la troisième marche du podium avec Sami Pajari, une quinzaine de secondes devant lui, reste ouverte : « Cela a été une journée compliquée, la position sur la route et la météo décidant du classement, » râlait un peu le héros local auteur de deux meilleurs temps sur le sec. Mais à la dérive sur le mouillé.

Dans ces conditions extrêmes où l’adhérence est très précaire, l’expérience de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia a payé. Sans commettre de faute ni signer de meilleur temps, les champions du monde ont réussi à éviter tous les pièges pour creuser l’écart sur leurs poursuivants avant d’assurer dans les ES9 et ES10 :

« Une étape compliquée, stressante avec la météo, mais bonne pour nous, » résumait le Français nanti d’une avance de 16 secondes. Pas énorme partout ailleurs, mais déjà confortable en Finlande. Du moins si le soleil est de retour ce week-end. Car si les vannes célestes s’ouvrent à nouveau on a vu qu’absolument tout était possible. « Le plus important dans ces moments est de rester calme et de passer à travers. Ce n’est gai pour personne de rouler comme cela. Mais cela fait partie du rallye.»

Alors qu’il espérait pouvoir jouer sa première victoire ici, Adrien Fourmaux, premier leader jeudi soir et auteur du meilleur temps dans l’ES9, est celui qui a sans doute le plus perdu en deux spéciales avec Takamoto Katsuta, aveuglé par la buée du parebrise de sa Toyota. Deuxième ce matin, le meilleur des pilotes Hyundai est rentré sixième à un peu moins de vingt secondes de la Ford Puma WRC1 de Martins Sesks. Un Letton profitant des événements exceptionnels pour se mettre à nouveau en évidence. Ce qui n’a pas été le cas du tout d’Esapekka Lappi. Bien dans le rythme en début de parcours, le Finlandais a terminé ses tonneaux dans les arbres. Arceau plié, il ne repartira pas demain. Hyundai hésitait qui envoyer en Amérique du Sud pour les deux prochaines épreuves : Cela ne devrait logiquement plus se jouer qu’entre Hayden Paddon et Dani Sordo. Car Lappi a décidément bien des difficultés à mettre le curseur au bon endroit entre trop lent et trop vite…

On attribuera le dernier bon point, celui de la dixième place absolue, la première en WRC2, à l’Estonien Robert Virves à nouveau magistral aux commandes de sa Skoda Fabia Rally2 face aux locaux Suninen et Korhonen.

La FIA officialise les nouveaux promoteurs du WRC 

En marge de cette première étape, la FIA a enfin officialisé les noms des nouveaux promoteurs du championnat du monde des rallyes. Exit Red Bull donc qui sera remplacé par une association entre Cosmobilis Group, un grand groupe automobile dirigé par Jean-Louis Mosca père d’Adrien (pilote de la Toyota WRC2 PrintSport), et la banque privée Park Square Capital. Le tout sera géré sur le terrain par le Français Eric Boullier issu de la F1 où il a travaillé pour Lotus, McLaren (à l’époque de la catastrophe de Stoffel Vandoorne) et le GP de France au Castellet.

Il y a énormément de pain sur la planche pour rendre à la discipline sa gloire d’antan. On a hâte de découvrir quels sont les plans des nouveaux promoteurs pour relancer le WRC et attirer de nouveaux constructeurs avec la nouvelle règlementation WRC27. Par les temps qui courent, honnêtement ce n’est pas gagné d’avance. Mais on accordera du crédit à ces investisseurs qui se lancent un sacré grand défi. Car la discipline, l’une des plus belles et spectaculaires, mérite bien plus de respect et d’aura auprès du grand public.  

Photo Toyota

Mots-clés: Rallye Sports Moteur

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