Le Rallye de Finlande comme le championnat WRC plus ouverts que jamais
On entend souvent dire que le championnat du monde des rallyes n’intéresse plus grand monde. Qu’il a tourné en une Yaris Cup, qu’il manque de concurrents dans la catégorie de pointe.
Il est vrai que le rapport de force entre Toyota et Hyundai a fortement tourné ces dernières années en faveur du géant japonais. Tant au niveau du nombre de WRC1 engagées que du potentiel à remporter des courses.
Sur l’asphalte, les Hyundai i20 WRC1 ne peuvent plus suivre les plus agiles Yaris Rally1. Sur la terre, c’est un poil plus équilibré même si après neuf manches, Toyota mène 8-1 face à Hyundai qui a axé ses priorités sur son programme Hypercar et s’apprête d’ailleurs à délaisser les épreuves routières en 2027.
On en a déjà parlé : la nouvelle règlementation, l’absence de nouveau promoteur (il devrait enfin être annoncé ce week-end) et un avenir assez flou n’incitent pas vraiment les candidats à se bousculer au portillon. Pour l’instant, seul Toyota a officialisé sa présence en WRC27. Project Rally One sera le premier tuner à aligner une voire deux autos courant de la saison prochaine, tandis que Ford M-Sport et Lancia poursuivront leur implication en Rally2 avec le nouveau kit. Pas de quoi pour l’instant déchaîner les passions il faut bien l’avouer.
Les cinq Toyota en 47 points
Beaucoup de pilotes pros regrettent déjà les fusées actuelles. Car même s’il n’y a effectivement que deux constructeurs (Ford n’est plus vraiment impliqué dans le programme M-Sport), la bataille et le plaisir de pilotage sont intenses.
Sur les neuf premières manches, on a déjà eu six vainqueurs différents : Elfyn Evans, Takamoto Katsuta et Sébastien Ogier à deux reprises, Oliver Solberg, Sami Pajari et Thieery Neuville une fois, tandis qu’Adrien Fourmaux est passé proche de sa première victoire mondiale. Il lui reste cinq occasions d’y arriver cette année.
Alors qu’il reste un total de 175 unités à distribuer sur la terre de Finlande, au Paraguay (nouveau), au Chili, en Sardaigne et à Abu Dhabi (pour autant que la finale puisse y avoir lieu, les annulations sportives au Moyen-Orient se multipliant), 26 pilotes peuvent encore mathématiquement être sacrés.
De manière plus réaliste, on éliminera définitivement que les trois pilotes M-Sport et les troisièmes pilotes Hyundai.
Les pilotes Hyundai à égalité
Pour Thierry Neuville et Adrien Fourmaux, sixièmes à 66 unités, cela s’annonce tout de même fort compliqué. Mais mathématiquement, tout reste possible.
Pour être franc, si le sacre des constructeurs est déjà quasi acquis pour Toyota, on se doute que le champion 2026 pilotera plus que probablement une Toyota. Mais bien malin qui peut dire aujourd’hui qui remportera la Yaris Cup. Pour l’instant, Elfyn Evans mène avec 177 unités, soit 25 de plus que Takamoto Katsuta. Dernier lauréat en date, Sami Pajari suit à 33 unités du leader avant son épreuve à domicile, tandis que Sébastien Ogier (4e avec 139 points) et Oliver Solberg (5e avec 130 unités) ont toujours leur mot à dire si la deuxième partie de saison veut bien leur sourire un peu plus.
Le nonuple champion a clairement annoncé que la perspective d’un dixième titre mondial le tente. Tandis qu’Oliver Solberg a tout à fait le potentiel pour succéder à son papa au palmarès s’il arrête de rouler à 100% et de multiplier les fautes éliminatoires.
Pour ces deux derniers, le Rallye de Finlande démarrant ce jeudi soir par le sprint d’Harju sera déterminant. Objectif principal : réduire leur retard sur le double vainqueur de l’épreuve (2021 et 2023) Elfyn Evans.
Ogier retrouve Ingrassia
Ogier, lui, s’est imposé en 2024 et en 2013. Le Gapençais retrouvera à ses côtés son ancien complice Julien Ingrassia, Vincent Landais ayant dû déclarer forfait pour raisons personnelles.
Comme toujours, le GP de Finlande s’annonce très intéressant et fort disputé entre les sept prétendants au titre auxquels il faut peut-être ajouter Esapekka Lappi (le Finlandais a remporté sa première victoire ici en 2017) s’il retrouve le bon rythme après un Rallye d’Estonie fort décevant voire Martins Sesks, capable du meilleur comme du pire sur sa Ford Puma.
Il est intéressant de constater que 66% du parcours de cette édition est nouveau. La moitié de la première étape de vendredi comporte des chemins inédits, tandis que la Power Stage de 30 km dimanche (Himos-Jamsa) sera aussi à découvrir en course pour la majorité.
De quoi favoriser les surprises et pimenter encore un peu les débats. Alors qui verra-t-on briller ce week-end sur une épreuve qui n’a jamais réellement souri à Thierry Neuville ? La jeunesse de Pajari et Solberg pourra-t-elle faire la différence face à l’expérience d’Ogier et Evans ? A l’image du championnat WRC, ce Rallye de Finlande s’annonce très indécis.
Photo Toyota

