WRC: Elfyn Evans triomphe en Suède et prend la tête du Mondial

il y a 3 sem. Olivier de Wilde

Quadruplé Toyota avec Katsuta (2ème) égalant son meilleur résultat mondial, deuxième podium en WRC pour Pajari qui se rachète après un Monte-Carlo désastreux et des gros points pour Solberg Jr handicapé et à la faute le premier jour. La première Hyundai de Fourmaux 5ème à près de deux minutes. Neuville 7ème pénalisé et dépité se console avec la Power Stage.

Le suspense n’aura pas duré longtemps. Certes Takamoto Katsuta a mené au soir de la première étape, mais c’est uniquement parce que le Japonais avait été avantagé par sa position de départ lors de la 2ème boucle. Dès la première spéciale de samedi matin, Elfyn Evans a repris la tête pour s’imposer au final  avec une avance parfaitement gérée de 15 secondes sur son équipier nippon.

C’est le troisième succès en Suède pour le Gallois après 2020 et 2025, son douzième en WRC. Deuxième déjà au Monte-Carlo, le multiple vice-champion du monde a aussi remporté le Super Dimanche et terminé deuxième de la Power Stage. Il marque donc 34 points sur un maximum possible de 35 et prend les commandes du championnat avec 13 points d’avance sur Oliver Solberg (le Suédois a commis plusieurs erreurs en ouvrant la route vendredi) et 42 déjà sur Sébastien Ogier, ses deux principaux rivaux pour la course au titre.

Neuville: « Mieux vaut en rire… »

Cinquième à Monte-Carlo, septième seulement ce week-end après une sortie vendredi et une pénalité d’une minute samedi pour ne pas avoir correctement attaché son casque, Thierry Neuville n’a ramené que onze unités du grand nord avec un bonus de cinq points plutôt inattendu grâce à son scratch dans la Power Stage, un dixième devant le vainqueur Evans.

Après deux manches, le Saint-Vithois occupe la cinquième place du championnat à 39 points déjà du leader. Un gouffre!

Mais pire que cela, il peut constater que sa Hyundai survirant anormalement n’a pas évolué depuis l’an dernier . « Un vrai cauchemar! Mieux vaut en rire qu’en pleurer, » s’est exclamé notre compatriote à l’issue de la 16ème spéciale où même le débutant chez Ford Jon Armstrong a réussi à le devancer à la régulière.

Les trois scratches du Belge et les quelques bons chronos d’Adrien Fourmaux ne suffisent pas à cacher l’évidence. Hyundai n’est clairement pas au niveau de Toyota. Et cela fait, hélas, plus d’un an que cela dure.

« Je ne sais plus quoi dire. C’est vraiment très frustrant, » a-t-il déclaré à l’arrivée. « On va réunir notre courage et continuer à travailler. Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. »

Championnat déjà plié pour Hyundai?

Après le triplé de Monaco, les Japonais ont signé un fantastique quatre sur quatre en Suède. Et partiront grands favoris le mois prochain au Kenya. Et à moins d’un miracle, les i20 WRC risquent de prendre encore une raclée sur l’asphalte, en Croatie et aux Canaries, où leur sous-virage chronique et leur incompréhension des pneus va encore les faire souffrir.

Le championnat 2026 vient à peine de commencer qu’il est déjà terminé. Comme l’an dernier, il semble évident que Toyota sera champion chez les constructeurs et la couronne se jouera entre les trois pilotes Yaris. Voilà qui n’est guère réjouissant pour le WRC avec trois constructeurs (enfin deux et un team privé) jouent en fait aujourd’hui dans trois ligues différentes.

On n’a donc guère vibré ce week-end même si les images de cette épreuve restent magnifiques. Et le seul intérêt de cette saison résidera sans doute dans la lutte à trois au sein de la Yaris Cup entre Elfyn Evans, Sébastien Ogier et ce diable d’Oliver Solberg amenant un peu d’être frais dans une discipline au bord de l’asphyxie.

Chez Hyundai, on paie cher aujourd’hui le programme minimal de développement et la fuite des cerveaux lancés voici un an pour se concentrer sur le projet Hypercar en WEC. En espérant pour elles que les troupes de Cyril Abiteboul soient nettement plus compétitives en circuit, mais à priori rien n’est moins sûr et les débuts au Qatar dans quelques semaines ne s’annoncent pas faciles. Mais bon, là au moins il y a une Balance de Performances pour corriger le tir et encourager ceux qui ont moins bien travaillé que les autres. Ainsi l’an dernier, on a même vu des Aston Martin Valkyrie privées gagner deux secondes au tour en quelques mois et viser les podiums…

Katsuta fâché sur Hankook

Une BOP, voilà peut-être ce qu’il faudrait introduire pour rendre les rallyes mondiaux plus passionnants. On rigole bien sûr. L’ordre de départ a pour mission d’équilibrer un peu plus les forces en présence en handicapant les meilleurs sur la terre. C’est là que les Hyundai et les Ford Puma auront le plus de chance de briser une fois ou l’autre l’hégémonie des Toyota.

Encore quelques mentions, notamment pour Takamoto Katsuta qui a fait un très bon rallye et finira bien par en gagner un. Il le mériterait. Et le Japonais d’habitude très souriant tirait la tête à l’arrivée : « Je ne suis pas content. Samedi matin, j’ai reçu un mauvais train de pneus. Les clous s’arrachaient anormalement et j’ai perdu 18 secondes en trois spéciales sans rien comprendre. Ce n’est plus du sport. Je sais qu’ils travaillent beaucoup, mais ce n’est pas normal à ce niveau de ne pas être capable d’offrir à tout le monde le même matériel. On est en championnat du monde ! »

Sami Pajari a eu un sursaut d’orgueil après sa double faute monégasque et les gifles reçues par son nouvel équipier Oliver Solberg. Le Finlandais signe son deuxième podium absolu après le Japon l’an dernier.

Course honorable aussi pour son retour d’Esapekka Lappi, meilleur pilote Hyundai avant de devoir vraisemblablement laisser passer son équipier Adrien Fourmaux pour la 5ème place et lui offrir ainsi deux points de plus. Yipi aurait voulu faire mieux, mais il n’avait pas les armes pour rééditer son succès d’il y a deux ans. L’enthousiasme de sa copilote Enni Malkonen à l’arrivée de chaque spéciale fait plaisir à voir. Elle en tout cas est heureuse d’être là. C’est sans doute la seule à afficher un large sourire dans le clan Hyundai où franchement on semble à court de solutions…

Toyota aussi en WRC2, Wartique à l’arrivée…

Enfin chez Ford, bon job du « rookie » Jon Armstrong qui cette fois a rallié l’arrivée et même de Martins Sesks qui, après un vendredi 13 vraiment noir, a signé un meilleur temps en ouvrant la route samedi.

En WRC2, doublé Toyota avec la première place pour le Finlandais Roope Korhonen dix secondes devant son compatriote Teemu Suninen.

Associé à son ami Maxime Andernack, l’amateur belge John Wartique a rallié l’arrivée au 24ème rang absolu. Et même s’il est très loin au classement, il ne se prend pas la tête et gardera certainement un incroyable souvenir de cette première sur la neige et la glace suédoise. Bravo à eux, tout comme à Greg Munster pour ses débuts en tant que consultant et interviewer pour Rally TV. Encore une flèche de plus à l’arc de notre représentant en Mondial. Mais on espère franchement qu’il ne s’agit pas déjà d’une reconversion… « J’espère vite te revoir avec nous, derrière un volant, » lui a sympathiquement lancé en direct son ex-équipier Josh McErlean. Nous aussi!

Photo: Toyota Gazoo Racing

Mots-clés: Rallye Sports Moteur

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