WRC : Thierry Neuville à nouveau à la faute en Suède : « Je vis le pire moment de ma carrière ! »
Le décor est féérique avec beaucoup de neige et de glace, les images impressionnantes, mais le suspense, hélas, inexistant.
Après quatre spéciales seulement sur les dix-huit à parcourir, on sait déjà qu’une Toyota remportera le Rallye de Suède. Quatrième suite à la sortie d’Oliver Solberg, la première Hyundai, celle d’un Esapekka Lappi faisant la grimace, pointe déjà à 35 secondes. La saison risque d’être très longue pour le constructeur coréen qui semble vraiment subir ce début de saison.
« Ce n’est pas facile pour moi de revenir ainsi après un an d’absence, » avoue Lappi, lauréat ici il y a deux ans. « Il n’y a aucun grip. C’est horrible. J’ai l’impression de participer à une épreuve de drift. C’est trop risqué pour moi de pousser dans ces conditions. »
La faute à ces pneus Hankook, décidément indignes du Mondial (ils ne sont pas bien meilleurs en Lamborghini Trofeo ni même en Fun Cup), ou aux réglages inadaptés de la Hyundai, à ses dimensions qui font plus glisser l’arrière de l’auto ?
A force de vouloir forcer, Thierry Neuville a de nouveau commis une erreur en sous-virant, comme au Monte-Carlo, dans un mur de neige où il a cette fois perdu 1’20 et déjà quasi tout espoir de podium.
« J’ai glissé dans un mur de neige, je ne voyais plus rien et en gardant gaz à fond je me suis retrouvé dans le fossé de l’autre côté. J’ai pu repartir, mais j’ai été ensuite ralenti par un parebrise maculé de buée, » expliquait notre compatriote dépité après avoir relégué au 7ème rang à 1’37.4 du leader. « Honnêtement, je vis le moment le plus difficile de ma carrière. »
Comme il doit regretter intérieurement qu’à force de se montrer trop gourmand son manager l’ai grillé fin 2019 chez Toyota. Car Hyundai n’est clairement plus au niveau de son seul concurrent.
Epidémie de crevaisons chez M-Sport
Ne parlons même pas de Ford ou plutôt M-Sport car la marque à l’ovale ne doit plus payer beaucoup plus que les autocollants. Après quatre spéciales, Jon Armstrong accuse déjà un retard de 1’43 sur la première des Puma. Josh McErlean est à 2’13 et Martins Sesks à 9’25.2 après avoir subi quatre crevaisons !
« Pour demain, je vais demander de monter une galerie pour mettre quatre roues de secours supplémentaires sur le toit, » ironisait le Letton, bourreau de Hankook. Mais du côté de M-Sport, après une épidémie de crevaisons, on avoue être parti avec des pressions un peu trop basses afin de faire mieux fonctionner les clous. Pari définitivement perdu !
Devant, Toyota n’a pas tout à fait été épargné non plus. Premier sur la route, Oliver Solberg est déjà sorti trois fois de la bonne trajectoire. Dont une fois où il a fallu un miracle pour qu’il s’en sorte, comme déjà à Monte-Carlo. Le jeune Suédois a de la chance, c’est évident. Le voir sortir au-delà d’un mur de neige, tomber dans un trou, disparaître dans la neige où il a gardé gaz à fond puis ressurgir de nulle part et seulement subir une crevaison est déjà l’image du rallye.
Après ces mésaventures, le gamin a signé le scratch dans l’ES4 et reste candidat au podium puisqu’il pointe au 5ème rang à 36.3 seulement du leader et treize secondes de Sami Pajari, troisième.
« C’est la première fois que j’ouvre la route et je dois m’habituer au manque de grip et de repères, ce n’est pas facile, » sourit Oliver avouant avoir été « très chanceux dans l’ES3. »
Devant, Elfyn Evans a signé deux meilleurs temps et pris la tête dès l’arrivée de l’ES2 où Solberg Jr était déjà parti à la faute. Le Gallois possède 14.5 d’avance sur Takamoto Katsuta qui a déjà flirté avec les murs et usé deux jokers et semble déjà bien parti pour conserver son titre suédois même si le deuxième passage sur des spéciales dégradées s’annonce plus handicapant pour les voitures s’élançant tout devant.
Breittmayer déjà out
En WRC2, on assiste à une domination finlandaise, la Skoda de Mikko Heikkila devançant d’1.4 l’autre Fabia de Lauri Joona.
Une catégorie dans laquelle on a déjà perdu notre compatriote Emile Breittmayer…
« On a déboîté un cardan à la réception du jump à la fin de la première spéciale hier soir, » explique son équipier Stéphane Prévot. « On a essayé de le remettre nous-mêmes ce matin car il n’y avait pas d’assistance, en vain. Le WRC d’aujourd’hui est vraiment débile. Les mécanos se lèvent à 10h du matin pour bosser 1h15 par jour sur les autos. Et cela ne coûte pas moins cher… »
Cela doit rappeler de bien mauvais souvenirs au Hutois. C’était en effet déjà un peu pareil il y a trente ans, depuis en fait que l’on a interdit les assistances itinérantes…
La première spéciale de l’après-midi est prévu à 15h40.
Photo Georges Simons



