Toto Wolff: “Avec Kimi, il n’y a plus d’urgence à recruter le meilleur… »
On le sentait venir depuis la première séance libre de vendredi. En grande forme sur le tracé belge, Andrea-Kimi Antonelli a signé ce samedi après-midi à Francorchamps sa sixième pole position de la saison. Grâce au sacrifice de son équipier Isack Hadjar condamné avant même le départ des qualifs à s’élancer dernier dimanche suite à divers remplacements, Max Verstappen a échoué à trois dixièmes. La McLaren du champion du monde en titre s’est hissée au 3erang à quatre dixièmes mais a écopé d’une pénalité de dix places sur la grille pour changement de moteur. C’est donc George Russell qui partira derrière son équipier chez Mercedes ce dimanche peu après 15h. Mais le Britannique a concédé une demie seconde au tour au jeune prodige italien. La différence entre la sagesse et l’expérience d’un côté, le talent pur de l’autre.
« Kimi est vraiment fait pour cela »
George Russell s’attendait-il à avoir la partie aussi dure face à son jeune équipier dès cette année avons-nous demandé à Toto Wolff, le patron de Mercedes ? « Non, personne ne s’attendait à cela, » a avoué le boss autrichien réellement impressionné par la maturité de Kimi. « L’an dernier, il avait beaucoup de pression. Il est sorti beaucoup plus fort après la trêve hivernale. Et maintenant, il est à fond sur sa mission. Je n’ai jamais vu un pilote gérant aussi bien ses émotions. Dès qu’il baisse sa visière, son cerveau se met en mode course et rien ne peut plus le perturber. Il est dans sa bulle. Je peux lui parler parfois à la radio ou même son papa, il n’entend pas tant il est concentré sur son pilotage. C’est très intense. Pour beaucoup de pilotes, le talent c’est à 80% génétique et le reste de travail, de développement. Chez lui, j’ai l’impression qu’il est vraiment fait pour ce métier. C’est dans ses gênes. Il gagne des championnats depuis qu’il a 8 ans. C’est un garçon rafraîchissant, authentique, transparent, avec beaucoup de charisme, qui sait gérer les sponsors. Avant lui, les tifosi ne juraient que par Ferrari et le football. Mais aujourd’hui, on voit de plus en plus de fans avec des t-shirts rouge, mais des casquettes Mercedes. »
Avec une telle pépite, plus besoin d’attirer dans l’équipe un certain Max Verstappen ? « On n’est effectivement plus dans l’urgence de recruter le meilleur. » Et Toto de se reprendre : « Non, je ne devrais pas le dire comme cela. Disons plutôt qu’en tant que patron d’écurie, tu dois toujours avoir une vision à long terme, à trois, cinq ou dix ans. Avoir une idée précise du marché. De qui sont les meilleurs pilotes. »
Il ne dira pas grand-chose de George Russell…: « Le Britannique fuit le star-system, » explique le PR de l’équipe Mercedes. « Son seul but est d’être champion du monde. Il ne veut pas être célèbre autrement. C’est différent pour Kimi. Récemment on a été contacté par le magazine Vanity Fair qui voulait faire sa couverture avec lui. Il a quelque de spécial… »
Pas de doute, Mercedes est sous le charme du gamin actuellement leader du championnat du monde. Et il sera bien difficile pour l’homme qui se voyait succéder à Lewis Hamilton de lutter contre cela.
« Dans le secteur 2, on a la puissance d’une F3 »
Kimi a déjà gagné le respect total de Max Verstappen, premier à le féliciter après sa pole, à près de quatre secondes tout de même du chrono de Lando Norris l’an dernier. « Sans Isack qui a joué le jeu à fond et m’a donné une aspiration parfaire, j’aurais perdu trois dixièmes et sans doute trois ou quatre places, » avouait Max regrettant cette nouvelle règlementation les obligeant à recharger les batteries dans le secteur 2 où, selon lui, « sans l’électrique, on a la puissance d’une F3 avec l’appui d’une F1. Ce n’est pas ce que j’aime, mais c’est comme cela. »
Y aura-t-il match ce dimanche ? « Je vais d’abord scruter la météo incertaine, » explique Kimi. « Ensuite, je vais essayer de prendre un bon envol. On sait que la route est longue jusqu’aux Combes. Rester devant ne sera pas aisé. »
Max Verstappen fait semblant qu’il n’a aucune chance : « Je suis ravi du bon tour joué à nos rivaux. La première ligne était clairement le mieux que je pouvais espérer. Mais on sait qu’ils ont une demie seconde dans la poche. Je ne pense pas pouvoir me battre avec les Mercedes. On visera donc le podium pour les fans. »
Sans doute face aux deux Ferrari (avec Charles Leclerc deux millièmes devant Lewis Hamilton) qui auraient pu terminer devant si Red Bull n’avait pas joué parfaitement le jeu de l’aspiration.
On terminera avec une mention spéciale pour le « rookie » Arvid Lindblad qui s’élancera septième sur sa Racing Bulls. Impressionnant depuis le début du week-end, le Britannique de 18 ans a devancé l’Audi de Gabriel Bortoleto.
Pas de doute, la nouvelle génération est en marche. Avec le surdoué Andrea-Kimi Antonelli en pole…
Photo Mercedes

