F1: A Monaco, le GP se joue souvent le samedi
Même si les F1 n’y roulent plus le jeudi depuis quelques années, le port de Monaco avait déjà des allures de croisette de Cannes à la veille des premiers essais libres de ce vendredi.
Cette année, la course du prince Albert II est aussi la première en Europe. Un GP à domicile pour un bon tiers du plateau jouissant du beau climat fiscal du pied du Rocher. La course la plus suivie et mythique au monde avec les 500 Miles d’Indianapolis déjà passées et les 24H du Mans de la semaine prochaine. La plus glamour et mondaine certainement même si le Grand Casino ne brille pas autant que ceux du Strip de Las Vegas récemment prolongé jusqu’à 2037 !
Un seul dépassement en 2025
Ici, on ne vient pas trop pour voir la course généralement la plus ennuyante de la saison (un seul dépassement en course en 2025, celui de Stroll !), mais pour être vu, pouvoir poster son selfie avec Fernando Alonso, Charles Leclerc ou la nouvelle star Andrea-Kimi Antonelli sur son compte Instagram. Pour pouvoir dire j’y étais et faire la fête le soir sur le circuit transformé en bar et piste de danse entre les Esses de la Piscine et l’épingle de La Rascasse.
Les voisins tifosis viennent en nombre en trains pour supporter le leader du Mondial italien, mais bien sûr aussi Ferrari. Et ils ont une chance sur deux plus ou moins de ramener la coupe à la maison.
Car si Mercedes a tout raflé depuis le début d’année, tant en qualifs qu’en Grand Prix (un seul sprint est revenu à Lando Norris à Miami), c’est le tout jeune et naturellement charismatique Kimi Antonelli qui s’est imposé à quatre reprises pour une seule, lors de la manche d’ouverture à Melbourne, pour George Russell. Les fans de sports mécaniques transalpins se sont trouvés leur nouveau Rossi.
Ferrari favori ?
Mais à Monaco, on cite souvent aussi le nom de Ferrari parmi les favoris. Et particulièrement celui de l’enfant du pays, Charles Leclerc qui est né ici de sa maman coiffeuse et vient de prolonger son contrat avec la Scuderia. Même si les statistiques ne plaident pas en sa faveur (Ferrari n’a jamais gagné le week-end après avoir signé un pilote), le Monégasque est motivé à l’idée de rééditer son exploit de 2024. « S’il y en a un sur lequel on a une chance de battre Mercedes, c’est certainement ici, » affirme-t-il. Mais attention aussi à son équipier Lewis Hamilton, très en forme il y a deux semaines au Canada.
« Les Ferrari sont très rapides dans les virages lents et perdent beaucoup en lignes droites, » estime le champion du monde Lando Norris. « Je verrais donc bien une monoplace rouge en pole dimanche. »
Tandis que Mercedes et Red Bull ont tenté de compenser l’interdiction des ailerons amovibles et du DRS en greffant des ailettes supplémentaires sur leurs ailerons arrière, Ferrari et les autres se concentrent déjà sur la qualification la plus importante de l’année. Car partir devant ici est souvent synonyme de victoire. Car même si les monoplaces sont un peu moins larges et longues que l’an dernier, doubler en course sera toujours aussi risqué ou compliqué en dehors éventuellement du départ. Et encore. Depuis des années déjà, il ne s’y passe plus grande chose.
La FIA avait décidé de dynamiser la course l’an dernier en imposant deux arrêts obligatoires. Mais la stratégie ou plutôt l’anti-jeu des teams ralentissant une voiture pour permettre à l’autre d’effectuer un arrêt « gratuit » a convaincu les instances dirigeantes de supprimer cette règle.
Qualif sous haute tension
Le regain de puissance électrique permettra-t-il plus de dépassements sur le carrousel monégasque ? Une chose est certaine, la séance qualificative sera à nouveau électrique, sous haute tension, les 22 pilotes flirtant avec le danger et le rail pour grappiller le moindre centième et tenter un exploit.
Pour Aston Martin et Cadillac ce serait de déjà sortir de la Q1. Pour Max Verstappen dont la RB22 n’apprécie pas les bosses et les vibreurs, un Top 5 n’est pas garanti.
Chacun se fixe ses objectifs à sa portée. Ceux des pilotes Ferrari et McLaren sera de battre Mercedes et s’imposer. Celui de George Russell de devancer à tout prix son jeune et talentueux équipier passé complètement à côté de son week-end ici en 2025. Mais depuis, beaucoup de choses ont changé pour lui et il aborde ce sixième rendez-vous de la saison avec une confiance au zénith. Et une avance suffisante pour pouvoir prendre le risque de tomber de son fil. Mais attention, un accident ici samedi et toute chance de succès voire même de podium s’envolera. Car, c’est bien connu, dans les rues de Monaco, 90% du succès et du résultat se joue le samedi après-midi. Alors ne manquez pas la qualification de l’année, entre 16h et 17h. Qui va décrocher le jackpot au casino de Monaco ? Gros élément de réponse dès demain…
(Photo FB F1)


