ÉDITO - 33% contre 19 et on ne dit rien !
Tombez-vous parfois, vous aussi, sur ces émissions nous montrant les forces de l’ordre en action ? Tout récemment, des gendarmes français en Alpine jouaient les vedettes en arrêtant un automobiliste danois flashé à 181 km/h (vitesse corrigée 172) sur une autoroute à trois bandes dégagée, au volant d’une Porsche Panamera. Evidemment, ces braves gens ne font que leur travail et on ne peut pas leur en vouloir. En revanche, les commentaires stupides des pseudo-journalistes commentant la scène m’ont fait bondir. « Chauffard… Comportement très dangereux… », j’en passe et des moins bonnes ! Mais quand est-ce qu’on comprendra que le véritable danger sur autoroute n’est plus la vitesse mais la distraction et l’endormissement ? Les chiffres sont clairs, et on ne peut pas soupçonner la source de vouloir les truquer puisqu’il s’agit de l’AFSA, association française des sociétés d’autoroutes. Que dit-elle exactement ? Qu’en 2025, 33% des accidents mortels sur les autoroutes françaises étaient dus à l’inattention, la fatigue et la somnolence, contre… 19% pour la vitesse. Et malheureusement, le nombre de morts est en augmentation. Alors, je vous le demande : ne vaut-il pas mieux faire la chasse aux automobilistes distraits ou fatigués qu’à ceux qui dépassent un peu des limitations de vitesse vieilles de plus d’un demi-siècle (lorsque rouler à 130 km/h relevait souvent de l’exploit sportif) !?
J’ai traversé deux fois la France cet été et il ne faut pas faire d’étude scientifique pour voir à quel point le niveau moyen des conducteurs y a baissé ces dernières années. Forcément, avec ces limitations qui ne sont plus du tout adaptées à nos voitures modernes, et face à l’efficacité de la répression, les Français ne conduisent plus, ils se déplacent en essayant de ne pas perdre leur permis. Tellement lentement qu’il leur est évidemment impossible de rester concentrés plus d’une heure d’affilée. D’où ces nombreux accidents sur la route des vacances, heureusement souvent moins dramatiques que dans les années 70, lorsque les voitures étaient tellement moins protectrices qu’aujourd’hui.
Les chiffres ne mentent pas. Alors, qu’attendent les autorités pour changer leur fusil d’épaule ? Adapter ces limitations imbéciles et communiquer sur le vrai problème serait nettement plus productif et permettrait peut-être à nouveau d’inverser la tendance (+ 2,4% de morts en France en 2025 par rapport à 2024). Un bon sujet en vue de l’élection présidentielle d’avril 2027…



