Une boite manuelle chez… Bugatti
C’est le nouveau boss de la marque, Mate Rimac lui-même, qui a répondu en ces termes à la question d’un journaliste de Road & Track, demandant s’il y avait une place pour une Bugatti manuelle : « Oui. Oui, absolument, je suis d’accord à 100%. Imaginez un V16 avec une manuelle. Une vraie manuelle ». Petit caillou lancé au passage dans le jardin de Koenigsegg et de Ferrari, et de leurs « fausses » boîtes manuelles. Bref, la chose est clairement à l’étude du côté de Molsheim, et on peut compter sur l’enthousiasme et la passion de Rimac pour que cela se fasse vraiment. Et de là, un constat : depuis quelques mois, la boîte manuelle est LE sujet qui agite le monde de la sportive de prestige, au-delà de ses plus fidèles défenseurs, comme par exemple Porsche. Mais pourquoi ?
La fin de la vitesse
A notre avis, il y a plusieurs facteurs. D’abord, l’argument de la boîte pilotée au nom des meilleures performances ne tient plus. Car la voiture électrique avec ses milliers de chevaux et de Nm immédiatement disponible, a de toute façon « tué le game » de l’accélération foudroyante. Ensuite parce que la recherche de cette performance ultime a peut-être simplement perdu naturellement de son intérêt. Et les efforts (ainsi que les budgets de développement) nécessaires à gagner quatre pauvres km/h n’en valent plus la peine. Sérieusement, qui s’intéresse encore (même parmi les plus fondus de voitures) au fait qu’une marque annonce 1.200 ch, puis 1.235, puis 1.236,5… Pfff… en clair, on assiste peut-être à la fin de la course aux chiffres, au profit d’un retour… du simple plaisir. Car c’est un fait, une voiture a boîte manuelle sera toujours moins rapide que la même avec une boîte qui change de rapports en quelques millisecondes. Mais elle est aussi un peu plus gratifiante.
Or, pour 10 clients qui achètent une hypercar pour la spéculation financière, il y en a un ou deux qui aiment (et savent) vraiment les conduire. Pour eux, une boîte manuelle est la cerise sur le gâteau. Pour cette cerise, ils sont prêts à payer un gros extra. Ce que les constructeurs de prestige ont enfin compris. Sauf peut-être encore Lamborghini, dont le CEO a réaffirmé il y a quelques jours à peine que « chez lui », la boîte manuelle était morte et enterrée. Mouais, on verra.
Pour terminer, un petit constat amusant. Sur le marché normal, on trouve encore des boîtes manuelles. Stellantis viennent même de la relancer dans certains modèles. Mais là, c’est pour réduire le prix de vente.



