Pourquoi cette Bugatti Veyron vient de coûter près de 4,8 millions ?
Une Bugatti Veyron à près de 5 millions d’euros ? Dit comme ça, ça parait vraiment exagéré. Pourtant, c’est bien le prix auquel une Veyron Grand Sport Vitesse de 2014 vient de changer de propriétaire à Zurich. Lors de la vente RM Sotheby’s du 26 septembre, les enchères n’ont pas traîné : il a fallu moins de trois minutes pour atteindre 4,505 millions de francs suisses. Et ce n’est pas une Veyron comme les autres. Il s’agit d’une édition « Jean-Pierre Wimille », produite à seulement trois exemplaires. Mais alors, qui est ce fameux Wimille et pourquoi son nom fait-il grimper la facture de plusieurs millions ? C’est là que l’histoire devient intéressante.
Une histoire qui vaut tant de millions ?
Jean-Pierre Wimille était l’un des grands pilotes de Bugatti avant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment remporté les 24 Heures du Mans à deux reprises pour la marque, en 1937 puis en 1939. Pour la première victoire, il pilotait une Type 57G « Tank », une voiture de course au profil particulièrement spectaculaire. Bugatti a donc repris les codes de cette ancienne championne pour créer sa Veyron moderne : carrosserie Bleu Wimille, carbone bleu apparent et plusieurs clins d’œil au circuit du Mans. Même la signature et le portrait du pilote apparaissent sur la voiture. Et ce n’est pas tout : le nom Veyron lui-même fait référence à Pierre Veyron, le coéquipier de Wimille lors de la victoire de 1939. Autrement dit, cette voiture réunit deux noms importants de l’histoire de Bugatti sur quatre roues.
Sous cette carrosserie très collector, on retrouve évidemment la mécanique démesurée qui a rendu la Veyron célèbre : un W16 8,0 litres quadriturbo de 1 200 ch, capable d’envoyer le roadster à 100 km/h en seulement 2,6 secondes et jusqu’à 410 km/h. Mais ce n’est pas sa puissance qui explique principalement le montant atteint à Zurich. Cette série « Les Légendes de Bugatti » compte six éditions, chacune limitée à trois voitures. Celle-ci n’existe donc qu’en trois exemplaires au monde. Et celui vendu à Zurich n’affichait que 3 766 km depuis 2014. Voilà pourquoi les collectionneurs ne regardent plus vraiment cette Veyron comme une simple hypercar d’occasion : ils achètent un morceau d’histoire, en trois exemplaires seulement. Résultat, son prix a dépassé de 61 % l’estimation haute de RM Sotheby’s et pulvérisé le précédent record de la Veyron. Comme quoi, parfois, garder une voiture au garage peut rapporter gros… à condition d’avoir commencé avec une Bugatti à plusieurs millions.



