Les constructeurs chinois mis en garde par… le gouvernement chinois

il y a 1 sem. Laurent Zilli

Plusieurs Ministères chinois ont émis une série de directives invitant les constructeurs automobiles à adopter des pratiques commerciales équitables. Et tout particulièrement sur les marchés d’exportation, dont l’Europe, donc.

Que l’Europe impose des règles à ceux qui veulent une part du marché, rien de plus logique. Mais que la Chine prie instamment ses constructeurs de se comporter correctement à l’étranger, c’est plus inattendu. C’est pourtant le message d’une série de directives publiées le 1er septembre par les Ministères chinois du Commerce et de l’Industrie, ainsi que par l’administration chargée de la régulation des marchés. Les constructeurs sont notamment invités à fixer leurs tarifs en fonction de leurs coûts réels et des réalités du marché local, à éviter les variations de prix brutales, etc. Les textes évoquent aussi la transparence des promotions, la publicité, le financement ou encore liberté tarifaire des distributeurs. Bref, le mot d’ordre est « jouez à la loyale ». Pékin cherche ainsi à éviter d’exporter la féroce guerre des prix qui ne profite à personne, mais aussi (surtout ?) de dégrader la valeur et la réputation de marques qui comptent de plus en plus sur l’exportation pour poursuivre leur croissance. On soulignera que pour le moment, ces directives sont plus un avertissement qu’un nouveau règlement gravé dans le marbre.

Trop vite

Outre les pratiques commerciales, Pékin commence aussi à s’inquiéter d’une autre spécificité de son industrie automobile : sa vitesse. Là où les constructeurs traditionnels mettent trois à cinq ans pour développer d’un nouveau modèle, certaines marques chinoises sont descendues à environ deux ans, et l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle pourrait encore raccourcir ce délai jusqu’à 18 mois. Même certains constructeurs reconnaissent désormais qu’il existe une limite à la « China speed », déclarant qu’une voiture n’est pas un smartphone, et que certaines étapes indispensables à sa fiabilité et à sa sécurité ne peuvent pas être compressées indéfiniment. Les autorités chinoises envisagent donc de doubler la norme actuelle de validation sur route. Pour une électrique, cette norme passerait donc à 30.000 km. A titre de comparaison, les prototypes de développement des marques européennes peuvent cumuler jusqu’à… 2 millions de kilomètres.
En somme, après avoir encouragé ses constructeurs à aller toujours plus vite et à se battre toujours plus férocement, la Chine semble désormais leur demander de lever légèrement le pied sur des méthodes qui commencent à montrer leurs limites.

Mots-clés: Insolite

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