La première grève anti-robot a eu lieu
Le 21 août 2026 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de l’industrie automobile coréenne. Ce jour-là, 39.000 salariés ont totalement arrêté le travail pendant huit heures. C’était la première grève totale… en 10 ans ! Cette journée faisait suite à une série de grèves partielles menées depuis la mi-juillet, les différentes équipes des usines alternant des arrêts de deux heures, quelques jours par semaine. Vue de chez nous, le caractère exceptionnel de la grève, et la façon très civile dont elle est menée, a déjà de quoi étonner. Et si on s’intéresse aux revendications, c’est encore plus surprenant.
« La dignité du travail »
La première est en fait assez classique, puisqu’elle concerne une augmentation des bonus perçus par les travailleurs. Puis ça devient moins commun. Le syndicat coréen des ouvriers du métal réclame des garanties d’emploi face au développement de l’IA et de la robotisation. En clair : on parle de l’arrivée des robots humanoïdes. Hyundai a en effet annoncé le déploiement du robot Atlas dans certaines de ses usines dès 2028. Et si ces robots seront, dans un premier temps, cantonnés aux tâches de triage de pièces, on s’attend bien sûr à ce qu’ils puissent à moyen terme réaliser des opérations plus complexes, à la place des humains. Bref, on a assisté en Corée du Sud à ce qui ressemble fort àla toute première manif’ anti-robots de l’histoire.
Enfin, tenez-vous bien pour la dernière revendication des syndicats coréens : ils demandent à ce que l’âge légal de la retraite soit… relevé ! Les ouvriers coréens doivent aujourd’hui prendre leur retraite à 60 ans, et ils veulent donc travailler jusqu’à 65 ans. N’est-ce pas fascinant, les différences de cultures ?



