Essai Toyota Hilux : électrifié « pour la forme »

il y a 3 sem. Laurent Zilli

Pour sa neuvième génération, le Toyota Hilux ne chamboule pas une recette qui a largement fait ses preuves. Il adopte néanmoins un look plus affirmé, une bonne dose de connectivité et, surtout, arrive pour la première en version 100 % électrique.

Chez nous, le Hilux n’est proposé qu’en double cabine, avec cinq places et quelques attentions supplémentaires pour les passagers arrière. C’est surtout à l’avant que le changement saute aux yeux. Inspirée du nouveau Land Cruiser, la planche de bord reçoit deux écrans de 12,3 pouces et le système Smart Connect, compatible sans fil avec Apple CarPlay et Android Auto. Moderne donc, mais toujours sérieux : Toyota n’a pas cherché à transformer son outil de travail en salon roulant.

La grande nouveauté se trouve sous le plancher. Pour la première fois, le Hilux existe en électrique, avec un moteur sur chaque essieu, quatre roues motrices permanentes et 196 ch. Sa batterie de 59,2 kWh n’offre toutefois que 257 km d’autonomie. Toyota assume d’ailleurs le caractère très ciblé de cette version, destinée notamment aux administrations, collectivités ou aéroports. D’autant qu’elle coûte quelque 18.000 € TVAC de plus que le diesel et fait quelques concessions : 715 kg de charge utile contre au moins une tonne, et 1.600 kg de capacité de remorquage contre 3.500 kg.

Deux caractères

L’électrique se distingue également par son essieu arrière de type De Dion, nécessaire pour loger la batterie. Sa garde au sol tombe ainsi de 31 à 21 cm, mais cette architecture lui offre en contrepartie un comportement plus conciliant sur route dégradée. Et s’il perd les rapports courts et le blocage de différentiel du diesel, son 

Multi Terrain Select dispose d’un mode spécifique pour gérer les croisements de ponts. Les deux versions restent donc de vrais tout-terrain, aidés notamment par le contrôle de descente et les caméras permettant de surveiller précisément où passent les roues.

Le diesel 2.8 de 204 ch reçoit pour sa part une hybridation 48 V très légère, qui ne permet ni de rouler moteur coupé à basse vitesse, ni même d’effectuer les manœuvres à l’électricité. Avec 9,7 l/100 km annoncés, le gain reste donc mesuré. Sur route, on retrouve surtout le Hilux que l’on connaît : moteur présent mais mieux insonorisé, boîte automatique six rapports douce plutôt que rapide et nouvelle direction électrique privilégiant la facilité à la précision.

Le Hilux ne cherche donc toujours pas à devenir un SUV déguisé en pick-up. Toyota modernise l’habitacle, enrichit les technologies et ajoute une variante électrique probablement marginale, sans toucher aux qualités qui ont construit la réputation du modèle. Une évolution prudente, mais logique pour un véhicule qui n’a franchement pas besoin de réinventer sa recette.


Le Toyota Hilux mHEV 

Moteur : turbo diesel ; 2.755cc ; 204ch de 3.000 à 3.400tr/min; 500Nm de 1.600 à 2.800tr/min.
Transmission : aux quatre roues.
Boîte : automatique 6 rapports.
L/l/h (mm) : 5.320/1.855/1.865
Poids à vide (kg) : 2.175
Charge utile (kg) : 1.060
Réservoir (l) : 80
0-100 km/h (sec.) : n.c.
Vitesse maxi (km/h) : 176
Conso. Mixte (l/100 km) : 9,7
CO2 (g/km) : 254
Prix de base : 51.090€ TVAC

Mots-clés: Essais auto Toyota Hilux

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