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Auto Trends - Essais routiers
Essais routiers > Renault DeZir
Renault DeZir
Janvier 14, 2011 | 9:55
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Pour l’amour du losange
Le concept-car DeZir
constitue une étape très importante dans l’histoire de Renault.
Une sorte de nouveau départ, dont nous avons pu prendre le volant en exclusivité !
Après 22 ans sous les ordres de Patrick Le Quément, le département design de Renault avait besoin d’un nouvel élan. Cette impulsion, c’est le Hollandais
Laurens Van Den Acker
- dont vous pourrez lire l’interview dans les news – qui est en train de la donner à l’ex-Régie. Entré chez le numéro un français voici un an et demi, c’est au dernier Mondial de l’Auto, à Paris, qu’il a dévoilé
sa toute première réalisation ornée d’un losange, la DeZir
. Celle-ci n’est pas un concept-car parmi d’autres mais le premier d’une belle série, destinée à illustrer le futur de Renault. Explications…
«Imaginez que les véhicules de la marque forment les six pétales d’une marguerite représentant la vie. C’est ainsi que je vois Renault», explique l’homme aux baskets rouges. «La vie commence par l’amour. C’est pourquoi DeZir est le premier concept-car d’une série de six. Il représente le coup de foudre et est rouge comme la passion amoureuse !»
Toujours selon le nouveau poète de Renault, la deuxième grande période de la vie est consacrée à l’«Exploration». Attendez-vous donc à voir un concept de SUV au prochain Salon de Genève. Ensuite vient le temps de la «Famille». Un prototype de monospace est donc prévu pour la première moitié de 2011 également. Et comme il faut bien aussi un peu «Travailler» dans la vie, Francfort 2011 sera le Salon qui verra apparaître un prototype de véhicule utilitaire. Mais au cours d’une existence, il faut aussi savoir prendre du bon temps, «Jouer». Un coupé sportif devrait symboliser cette période au Salon de Genève 2012. Enfin, Paris 2012, tout juste deux ans après l’apparition de la DeZir, sera le temps de la «Sagesse», avec un concept de véhicule électrique éco-responsable.
Tout cela pour vous dire que cette DeZir n’est pas qu’un simple exercice de style pour Renault mais qu’elle représente bien le début d’une nouvelle ère et mérite donc toute notre attention…
Losange agrandi
Regardez bien la face avant de la DeZir. C’est la nouvelle identité de marque de Renault, avec un losange agrandi et placé à la verticale. A l’avenir, toutes les voitures du constructeur français arboreront ces caractéristiques. Pour le reste, il est difficile de dire quels sont les éléments de style qui seront utilisés sur de futurs modèles de série. Mais vu le succès de ces lignes à la fois simples et terriblement sensuelles, on peut en tout cas espérer que ce concept ait une descendance.
Renault parle d’ailleurs de «désir durable», faisant référence au fait que la DeZir est équipée d’un moteur électrique (d’où son «Z», pour Zéro Emission).
Sésame
Assez parlé design. Puisque nous avons eu la chance de pouvoir conduire ce concept unique, attaquons les choses sérieuses ! Et du sérieux, on en trouve sous la carrosserie de cet amour de voiture.
La base est en effet celle de la Renault Mégane Trophy, une voiture de course à châssis tubulaire !
La DeZir reprend également les suspensions à double triangulation de cette dernière. Ouf, il s’agit donc d’une vraie voiture, pas d’une caisse à savon joliment carrossée !
Pour y entrer, pas de poignée : il suffit d’appliquer le doigt sur la diode lumineuse d’une des deux portes et celle-ci s’ouvre comme par magie, vers le haut.
Les fauteuils en cuir blanc, qui coulissent d’un seul bloc, sont déjà un peu gris : nous ne sommes pas les premiers à nous y asseoir ! Ce n’est pourtant pas une sinécure : il faut d’abord laisser glisser son postérieur, puis rapatrier ses jambes à l’intérieur comme on le peut.
Une fois assis, le passager n’est pas encore sorti d’affaire. Comme sa porte en élytre s’ouvre de l’avant vers l’arrière, elle est particulièrement difficile à agripper. Heureusement, Renault s’est fendu d’un système électrique permettant de redescendre la portière à moitié, afin de pouvoir la claquer manuellement.
Cassé
«Ode à l’intime» invitant aux rapprochements, l’habitacle est pour le moins original. Les fauteuils, notamment, coulissent d’un seul et même bloc. Enfin, nous devrions écrire «coulissaient» car la commande est déjà cassée. Rappelons qu’il s’agit d’un prototype unique, pas d’une voiture zéro défaut destinées à être vendue aux automobilistes allemands ! Malgré cela et une colonne de direction fixe, la position de conduite, très couchée, n’est pas trop mauvaise, en tout cas pour mon mètre nonante.
Au milieu d’un océan de blanc, quelques touches de rouge clignotent, censées représenter les battements du cœur.
Joli, mais pas autant que le volant monobloc, qui donne envie de l’agripper !
Démarrage. Le silence reste total. Le «levier de vitesses» n’offre que trois choix : marche avant, neutre ou marche arrière. Nous choisissons la première solution !
Le silence ne dure pas. Dès les premiers mètres, ça couine, ça grince de partout. Il s’agit d’un show-car, rappelons-le. Déjà pas mal qu’elle se déplace toute seule…
Nous y allons doucement avec la pédale de droite car, d’expérience, les voitures électriques sont très réactives. Ici, cela ne semble pourtant pas être le cas. Nous voilà déjà à fond de butée et on attend toujours le petit «coup de pied aux fesses»… qui ne viendra jamais. «C’est parce que nous avons gardé le même moteur et la même démultiplication de transmission que dans la Fluence Z.E.», nous explique le designer qui nous accompagne. «Mais avec les roues de 21 pouces, les performances sont très en retrait.» Tiens, nous qui pensions que le moteur de la DeZir développait 150 chevaux, alors que celui de la Fluence se contente de 95 unités ! Bon, comme notre accompagnateur n’est ni technicien ni communicateur, nous ne lui jetterons pas la pierre. Mais il apparaît que la puissance du moteur a été intentionnellement (très) limitée afin de réduire les performances de l’engin pour cet essai exceptionnel. Avec 150 chevaux, nous aurions en effet pu dépasser les 70 km/h, ce qui aurait pu devenir dangereux vu l’aspect bricolé de l’ensemble.
En attendant, rouler au volant d’une voiture qui incarne à elle seule le futur d’une grande marque comme Renault fut une expérience rafraichissante… au propre comme au figuré car la DeZir se passe de tout chauffage. Normal, quand on est aussi chaude…
Par Stéphane Lémeret
Photos Dimitri Coste
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