Auto Trends - Essais routiers
Nissan GT-R 2011
Juin 09, 2011 | 3:11
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La Porsche japonaise !

Peu de voitures sont capables de tenir tête à une Porsche 911 GT2 RS sur circuit. La Nissan GT-R en fait cependant partie, surtout dans cette nouvelle mouture, qui gagne notamment 45 chevaux !


La première GT-R, lancée il y a moins de quatre ans, avait déjà fait l’effet d’une bombe dans le monde des GT à très hautes performances : pour le prix d’une Porsche 911 «de base», vous pouviez disposer d’une voiture plus efficace que la version GT2 du coupé de Zuffenhausen.

Avec 45 chevaux de plus, des suspensions retravaillées, plus d’appui aérodynamique et pas mal d’autres petites améliorations en tous genres, la version 2011 de la GT-R enfonce le clou, pour une augmentation de prix seulement symbolique.

Esthétiquement, les modifications ne sont ni nombreuses ni spectaculaires mais les «feux de jour LED» ajoutés dans le pare-chocs avant affinent grandement la silhouette. Le nouveau dessin de la partie avant, combiné au pare-chocs arrière et au diffuseur retravaillés, offre 10% d’appui supplémentaire. Pourtant, le Cx a encore gagné un point, passant de 0,27 à 0,26.
Les plus observateurs remarqueront aussi les sorties d’échappement élargies et l’antibrouillard arrière à LED.

Dans l’habitacle, les changements sont encore plus discrets qu’à l’extérieur. Les matériaux se veulent simplement plus haut de gamme, avec davantage de carbone et de chrome, ainsi que des palettes de commande de boîte de vitesses en magnésium. A noter que notre modèle d’essai était une Black Edition, recevant notamment des sièges Recaro d’origine.


Testarossa !

La nouveauté esthétique la plus spectaculaire se trouve… sous le capot avant ! Le couvre-culasse a en effet été repeint en rouge, comme sur la légendaire R34 Skyline GT-R, qui s’inspirait elle-même d’une certaine Ferrai Testarossa ! Reconnaissons que les Japonais peuvent être fiers des améliorations apportées à leur V6 biturbo 3.8. Celui-ci passe en effet de 485 à 530 chevaux et de 588 à 612 Nm.
Sur papier, les améliorations ne semblent pourtant pas si importantes. Nissan parle essentiellement d’une gestion électronique réétudiée et d’un échappement retravaillé. En les poussant dans leurs derniers retranchements, les ingénieurs finissent quand même par avouer que les changements apportés sur la gestion électronique incluent une augmentation de la pression de turbo, ainsi qu’un mélange air/essence et une ouverture des soupapes modifiés. Quand même !   Prix : 89.900 € TVAC
Puissance : 530 ch
V-max : 315 km/h

Conso. mixte : 12l/100km

CO2 : 279 g/km

+
Encore plus efficace
Encore plus excitante

Encore plus performante


Encore plus extraordinaire


Face-lift discret mais réussi


Du coup, les performances sont bien sûr en hausse, avec notamment une vitesse maxi de 315 au lieu de 310 km/h et un un 0 à 100 km/h passant de 3,5 à 3 secondes. Enfin, 3,046 secondes selon la précision des Nippons… que l’on sent un peu déçus : « Nous espérions passer sous la barre de 3 secondes mais la température de la piste était loin d’être optimale lors de notre test officiel», expliquent-ils. «Notre prochain objectif est donc de rejoindre le club très fermé des voitures accélérant de 0 à 100 en moins de 3 secondes. Un club pour lequel le billet d’entrée tourne généralement autour du million d’euros.»

Rappelons qu’une GT-R reste bien en dessous de la barre des 100.000 euros !

Autre bonne nouvelle : sa consommation passe de 12,4 à 12l/100km.

Plus pointue



La reine de Spa !
 La prise en main de cette GT-R 2011 surprend car l’ancienne n’était pas aussi communicative. Parfaitement installé et pouvant tout contrôler sur l’écran central toujours très «Playstation», le conducteur a vite fait de se prendre pour un pilote. Surtout lorsqu’il aborde le mythique circuit de Spa-Francorchamps ! Premier réflexe : relever les trois «boutons magiques» sur le mode «Sport». Vous bénéficiez alors d’un amortissement plus ferme, d’un différentiel central plus «fermé» et d’un ESP plus tolérant. Dans ces conditions, la GT-R est diabolique d’efficacité et de facilité. Pour peu que vous connaissiez un peu les courbes du «plus beau circuit du monde», vous pouvez y abattre des chronos extraordinaires, sans doute pas très éloignés des 2 minutes 30 sur sol sec. Dans les conditions du jour, avec encore quelque taches d’humidité, je ne vois pas quelle voiture de série aurait pu suivre, puisque la GT-R dispose bien sûr toujours de quatre roues motrices.

La GT-R 2011
en quelques chiffres
 Moteur : V6 bi-turbo essence, 3.800cc;
 530ch à 6.400tr/min;
 612Nm à 3.200 tr/min.

 _____________________________
 Transmission : aux quatre roues.

 Boîte : séquentielle double embrayage
           à 6 rapports.

 _____________________________
 L/l/h : 4.660/1.900/1.370 mm
 Poids à vide (kg): 1.740
 0 à 100 km/h (sec.) : 3,0
.
  Le moteur offre quant à lui du petit plus qui lui manquait avant et se montre nettement plus rageur. Plus musical, aussi, ce qui ajoute évidemment au plaisir général. Quant à la boîte, elle reste ce qui se fait de mieux en matière de rapidité et de douceur des passages.

A noter que Nissan a fiabilisé cette dernière mais qu’après quelques essais de «launch-control», elle se met automatiquement en mode «sécurité», le temps de refroidir. 
Reste à déconnecter totalement l’ESP pour quelques tours encore plus sportifs.
 Là, ça devient du vrai pilotage car si elle est plus efficace que l’ancienne, la nouvelle GT-R est aussi plus pointue. Ses nouveaux réglages de géométrie, de barre stabilisatrice et d’amortisseurs (sans oublier les pneus Dunlop Sport MAXX) ont surtout amélioré le grip du train avant et il faut donc composer avec un arrière très mobile au lâcher de freins, en milieu de virage. Ca aide à tourner mais mieux vaut être concentré et conscient de ses propres limites car aux vitesses atteintes, cela peut vite devenir dangereux.  
 
Mais rappelons que si le conducteur ne se sent pas tout à fait à l’aise, il a la possibilité de laisser l’ESP branché, quitte à ce que ce soit en mode sport. Les freins enfin, un peu plus grands qu’avant et surtout mieux ventilés, semblent tenir le coup. Qui dit mieux !?



CONCLUSION

Pour un prix toujours aussi ridicule par rapport à ses rivales, la Nissan GT-R se fait à la fois plus performante, excitante et efficace qu’avant. Incroyable !


Stéphane Lémeret
 






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