Auto Trends - Essais routiers
Les Citroën «3»
Janvier 26, 2011 | 3:34
Rating:
Rate



Chacun la sienne !

Il fut un temps où le partage de plateformes et les politiques de groupes se traduisaient par de cruels manques d'individualités.

Le temps passe, les techniques se développent et aujourd'hui, des voitures qui ont beaucoup en commun peuvent être très différentes…

Pour le confirmer, nous avons effectué un comparatif entre trois voitures d'une même marque et d'une même "gamme", les Citroën C3, C3 Picasso et DS3.

Au programme, entre 500 et 600 kilomètres par jour (fois… trois), un mélange d'autoroutes et de traversées campagnardes, le tout à travers la Belgique, la France et le Luxembourg. Bien sûr, nous connaissions déjà ces trois voitures. Elles partagent leurs plateformes, leurs moteurs, leurs boîtes, certains éléments de châssis, certains traits esthétiques de l'habitacle ou de l'extérieur. Il y a encore moins de dix ans, tant de points communs donnaient des voitures très difficile à départager, des presque jumelles qui, malgré un nom et un look différents, procuraient exactement les mêmes sensations.

Aujourd'hui, trois voitures d'une même marque et d'une même gamme parviennent à proposer des choses très personnelles…


 C3, la confortable

La C3 a une place importante chez Citroën puisque c'est véritablement elle la "faiseuse de chiffres". La première version fut en effet un carton, et la seconde est bien partie pour prolonger la belle histoire. Son nouveau look est bien plus accrocheur que celui - peut-être un peu trop "voiture de madame" - de la précédente. Avec des jantes agressives, le toit panoramique et des joncs chromés, celle-ci peut plaire même aux hommes. Certes, elle est encore très ronde et inoffensive pour les mâles qui veulent une voiture "dans ta face", mais la réussite esthétique est là. Sous le capot de notre C3, il y avait le 1.6 HDi dans sa version 90ch, associé à une boîte 5. Le point fort de la C3, c'est le confort. Rien dans cette jolie bulle ne laisse supposer qu'il s'agit d'une voiture à caractère sportif, on ne lui reprochera donc pas de ne pas être dynamique. Clairement, le châssis de la C3 est conçu pour la douceur. Et il l'est diablement. L'autre point fort de la voiture est le filtrage des bruits, même si ceux d’origine aérodynamique pourraient être un peu mieux maîtrisés. Et il est vrai aussi que le moteur pourrait être plus discret. Mais rappelons que nous disposions d'une boîte 5, et que le pauvre 1.6 moulinait un peu à vitesse autoroutière (130 en France). Pour cette même raison, notre C3 n'a pas été la plus économique, avec 5,7 l/100 km à l'ordinateur de bord au terme de la journée. 





Conclusion : si on doit souvent prendre l'autoroute en C3, mieux vaut choisir la version 110ch, qui reçoit une boîte 6. Mais quel que soit le choix mécanique, la C3 a de quoi scotcher par le confort qu'elle offre, et elle pourrait en remontrer à des automobiles de segments supérieurs.
A qui s'adresse-t-elle ? Aux conducteurs paisibles, qui veulent juste une voiture jolie, fiable, confortable et attachante.


 C3 Picasso, la familiale funky

Elle, c'est la différente de la famille, celle qui ne partage pratiquement rien avec ses sœurs. Pas même sa plateforme : la C3 Picasso repose sur celle de la Peugeot 207. Ce qui n'enlève rien à notre raisonnement puisque, croyez-nous, une 207 et une C3 Picasso sont très différentes. A part ça, la Picasso est aussi la plus originale. Personnellement, plusieurs mois après son apparition sur les routes, je continue à avoir le regard accroché chaque fois que j'en croise une. Et lorsqu'on s'installe dans l'habitacle, cette agréable sensation d'être à bord de quelque chose de différent est encore plus marquée. Par ailleurs, c'est la plus spacieuse. Nous n'irons pas jusqu'à dire que votre grand dadais de 16 ans et 1,90 mètre, accompagné de son copain de l'équipe de basket, se prélasseront à l'arrière, mais l'espace est tout de même généreux. Le coffre est évidemment le plus vaste des trois (385 litres). La C3 Picasso étant relativement haute, son centre de gravité l'est aussi. Par conséquent, Citroën lui a donné des suspensions plus rigides qu'à la C3. Elle est donc moins experte dans l'art de gommer les plaies et bosses de la route. Elle est cependant loin d'être inconfortable, et n'est pas plus perturbée que cela lorsque se présente une route sinueuse. Avec son 1.6 HDI 110 et sa boîte 6, elle est relativement véloce partout, sauf sur les autoroutes qui grimpent, où les relances sont un brin laborieuses.
 
Enfin pour cause de surface frontale assez vaste, c'est aussi, forcément, la plus gourmande. Bon, tout est relatif : 5,9 litres, y a pas de quoi s'offusquer. Bref, son compromis châssis s'éloigne un peu du confort pour se rapprocher du dynamisme, mais ses atouts sont clairement l'originalité et l'espace. Une voiture qu'on a beaucoup de plaisir à retrouver le long du trottoir chaque matin.
A qui s'adresse-t-elle ? Aux jeunes familles ou aux célibataires/jeunes couples qui aiment afficher leur différence et ont besoin d'un engin sympa, capable de les accompagner dans leurs nombreuses activités sportives ou de loisirs.


 DS3, la fashionista sportive

On termine par la petite dernière de la famille. Avec la C3, elle partage beaucoup : phares, capot, planche de bord, console centrale, instruments… Tout est rigoureusement identique, jusqu'au volant plat dans sa partie basse. Et malgré cela, on se sent réellement dans des voitures très différentes, avant même de rouler. Cela s'explique par le simple fait d'une position de conduite très basse, plutôt sportive. Sportive, d'ailleurs, la DS3 l'est. Elle n'est pas extrême, mais elle donne envie. Nous l'avions découverte dans sa version essence 1.6 THP 150ch, et elle nous avait laissé d'excellents souvenirs. Nous avions donc hâte de savoir si elle était aussi savoureuse avec des mécaniques plus modestes. Verdict : avec le 1.6 HDI 110 et la boîte 6, elle l'est. Les performances ne sont certes pas du même niveau, mais la sensation de conduire une voiture qui aime jouer demeure. Et son châssis vif à souhait est capable de jouer. Forcément, c'est la moins confortable et la moins habitable des trois. Mais elle ne malmène pas pour autant vos vertèbres comme le fait une de ses célèbres rivales ! 
 
Enfin, puisque plus basse que la Picasso et mieux motorisée pour l'autoroute que notre C3, elle fût la plus économique du lot : 5,5l/100km après 600 bornes.
A qui s'adresse-t-elle ? Aux célibataires ou au couples qui n'ont plus d'enfants à la maison et pas encore de petits enfants, à ceux qui n'ont pas envie de faire comme tout le monde en achetant une Mini ou une 500, à des gens qui aiment conduire et aiment une voiture très mode, car très personnalisable.


Une marque, une gamme, trois univers complètement différents. Si je devais choisir, je serais bien embêté. Car j'aime le confort de la C3, j'aime le look de la C3 Picasso, et j'aime le comportement de la DS3, ainsi que son côté "je refuse d'être comme tout le monde". Dans le dictionnaire des expressions, ces trois voitures pourraient illustrer la définition de l'embarras du choix.

Laurent Zilli




Tous les essais