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Auto Trends - Essais routiers
Essais routiers > La «RS» de BMW !
La «RS» de BMW !
Janvier 19, 2011 | 2:59
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M3 GTS
Ne vous fiez pas aux apparences : sous ses dehors de M3 (presque) normale,
cette GTS est une vraie bête de course !
Quel pied ! Pour un pilote, une voiture de série est presque toujours trop lisse, trop bourgeoise, trop fade. On est donc souvent déçu en plaisir pur de conduite, même au volant des plus belles GT de la planète «routière». Seules quelques autos plus extrêmes que les autres trouvent réellement grâce à nos yeux : Porsche 911 GT3 RS, Ferrari Scuderia, Lamborghini Valentino Balboni… Elles ne sont pas nombreuses mais accueillent dorénavant une copine de jeu supplémentaire dans leur club très fermé !
La M3 GTS, c’est du plaisir pur, comme BMW ne nous en avait sans doute plus offert depuis la Sport Evo, déclinaison la plus déjantée de la toute première M3. Tout juste 25 ans après la sortie de cette dernière, nous avons retrouvé un plaisir de pilotage que l’on aurait pu croire disparu à jamais !
Equerres
En principe, ce genre d’engin devrait s’essayer sur circuit. Mais la région de Munich étant malheureusement très pauvre en la matière, c’est de routes partiellement humides dont nous avons dû nous contenter. Cette précision météorologique est d’autant plus importante que la M3 GTS est équipée de pneus Pirelli P Zero Corsa à peine homologués pour un usage routier et qu’ils ne sont pas vraiment à la fête lorsqu’il pleut. Pas grave, cela n’a fait que rendre les choses encore plus amusantes ! Contrairement à la référence Porsche GT3 RS, la «béhème» ne dispose effectivement pas d’un moteur en porte-à-faux arrière. Le V8 de 450 chevaux (30 de plus que dans une M3 classique grâce à l’augmentation de la course portant la cylindrée à 4,4 litres au lieu de 4) se trouve évidemment à l’avant, ce qui ne favorise pas la motricité. Après avoir pris soin de déconnecter l’ESP, le moindre virage devient donc une cour de récréation et vous vous surprenez à faire un tour à l’équerre à chaque rond-point que vous croisez ! Grâce à la progressivité du fameux autobloquant BMW pouvant varier de 0 à 100%, cette GTS est un vrai jouet, que vous placez exactement où vous le désirez grâce à une direction d’une précision diabolique et à un accélérateur facile à doser.
Méfiance quand même dans les courbes plus rapides car cette M3 a des gênes de course et ne pardonne pas l’erreur d’approximation. Le train arrière reste mobile et requiert une grande attention. Mais ceux qui auraient peur de casser leur jouet peuvent évidemment toujours reconnecter l’ESP.
+
Plaisir intense
Progressivité
Efficacité
-
Seulement 150 exemplaires
Numéro 2
Sur sol sec, l’efficacité de cette voiture pesant quand même 75 kilos de moins qu’une M3 normale est telle qu’il faut déjà y aller fort pour atteindre ses limites (BMW a remplacé la banquette arrière par un arceau, les sièges avant par des baquets, les vitres arrière par du polycarbonate et la clim et la radio sont supprimées sauf si l’acheteur le demande). Les Pirelli jouent aussi un grand rôle dans cette efficacité mais ils n’expliquent pas tout. L’aéro a été améliorée grâce à l’adoption de l’aileron réglable des BMW 320 Si du WTCC et d’une lame avant ajustable sur 30 mm. Quand au berceau arrière, il est directement boulonné à la coque, tandis que le carrossage a lui aussi été modifié pour une meilleure réactivité. Enfin, les pilotes sont heureux : ils peuvent modifier les réglages de ressorts et d’amortisseurs à l’envi, pour peu qu’ils aient tant soit peu le sens de la mécanique. Il y a donc moyen de régler sa M3 GTS comme on le désire : plus ou moins «sur» ou sous-vireuse, comme une voiture de course. Celle qui m’a été confiée (la numéro 2 sur les 150 qui seront produites) était plutôt pointue. Comprenez que le sous-virage était réduit à sa plus simple expression et que c’est plutôt du train arrière dont il fallait s’occuper. Cela rend les choses vraiment amusante, d’autant plus que vu la motricité un peu moins efficace que celle d’une 911, il est nettement plus facile de provoquer la glissade, à plus basse vitesse. Je serais toutefois curieux de voir ce que vaut une M3 GTS face à une 911 GT3 RS sur circuit car lorsqu’on la pilote en finesse, la BMW se montre réellement efficace. D’autant plus que la marque allemande s’est enfin décidée à adopter des freins à mâchoires fixes, en lieu et place des étriers flottants de la M3. Comme les disques sont aussi passés de 360 à 378 mm à l’avant et de 350 à 380 mm à l’arrière, vous pouvez imaginer la puissance du système : phénoménal ! Reste à parler de la transmission, d’office robotisée à 7 rapports avec palettes au volant. Rapide et agréable, le système participe aussi au plaisir du pilotage, tout comme la disponibilité, l’allonge et le bruit inimitable du V8.
Vraiment dommage que les 150 exemplaires de cette auto aient déjà tous trouvé preneurs !
La M3 GTS en quelques chiffres
Moteur : 8 cylindres en V, essence, 4.361cc;
450ch à 8.300tr/min; 440Nm à 3.750tr/min.
Transmission : roues arrière.
Boîte : séquentielle à 7 rapports.
L/l/h : 4.645/1.804/1.387 mm
Poids en ordre de marche (kg): 1.530
0 à 100 km/h (sec.) : 4,4
Prix: 136.850 € TVAC
Puissance : 450 ch
V-max : 305 km/h
Conso.mixte:12,7l/100km
CO2 : 295 g/km
Par Stéphane Lémeret
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