Face à face
Kia Sportage 2.0 CRDi AWD vs Nissan Qashqai+2 2.0 dCi AWD
Nouveau putsch !
Nombreux sont ceux qui s’y sont cassés les dents… Mais, à nouveau, un jeune SUV compact plein d’ambition tente de renverser le roi Qashqai de son piédestal. Porté par son look moderne, le Sportage de Kia offre son sourire le plus enjôleur afin de séduire les foules. Et pour terminer de convaincre les plus sceptiques, il sort son argument massue : 7 ans de garantie. De quoi, cette fois, mener le putsch à son terme ?
Propulsé à nouveau sur les devants de la scène grâce à son restylage apparu en début d’année, le Qashqai continue de caracoler en tête du segment des SUV en Belgique. Lors du bilan recensant la première moitié de l’exercice 2010, le SUV japonais restait le leader des immatriculations en conservant une belle avance sur le 3008 de Peugeot, le X1 de BMW et le XC60 de Volvo. Prenant le train en marche en cours d’année, le frère jumeau du nouveau Sportage, le Hyundai ix35 se hissait, quant à lui, déjà sur la cinquième marche du podium. Un constat plutôt encourageant pour Kia qui peut espérer voir son Sportage démarrer sa carrière sur les chapeaux de roues !
Entre deux
Par rapport à son prédécesseur et à son jumeau badgé Hyundai, le nouveau Sportage présente des cotes d’encombrement en hausse. Kia avance donc légèrement à contre-courant sur un segment mettant de plus en plus la compacité en avant comme valeur essentielle. En s’étirant jusqu’à 4,44 mètres (+9cm), le Sportage devient le plus encombrant de la catégorie, à égalité avec le Kuga de Ford. Ces deux grands gaillards dépassent le Volkswagen Tiguan de 2 centimètres, le Peugeot 3008 de 8, le Toyota RAV4 de 11 et le Skoda Yeti de 22 cm. Misant sur sa compacité, le Qashqai fait également figure de petit poucet à côté du Sportage en lui rendant 11 cm. Au final, la version allongée Qashqai+2 se rapproche plus de l’encombrement du nouveau SUV badgé Kia avec ses 4,52 mètres (+8cm).
Outre le fait de disposer de strapontins rabattables sous le plancher (utilisables uniquement pour des enfants), opter pour la version longue du Qashqai permet surtout de jouir d’un volume de coffre confortable. En offrant 140 litres de plus que le Qashqai traditionnel (550 en tout), cette version longue permet d’ailleurs de tenir la comparaison avec le Sportage, plutôt zélé dans ce domaine avec ses 564 litres. Dans les deux cas, vu l’architecture de ces véhicules, il faudra juste composer avec un seuil de chargement relativement élevé. Malgré un volume légèrement inférieur, le coffre du Qashqai se révèle au final un peu plus pratique au quotidien grâce à une ouverture de hayon plus large (+8 cm) et une hauteur disponible sous pavillon plus généreuse (+4 cm). Car, dans les deux cas, pour transporter un objet volumineux, il faudra inévitablement replier le cache-bagages tant la hauteur disponible sous le tendelet s’avère faible (40 cm à bord du Sportage et 42 pour le Qashqai+2).
Sur le plan de la modularité, le Qashqai conserve un léger avantage grâce à la possibilité de disposer d’un plancher de chargement parfaitement plan une fois les dossiers rabattus. Les assises fixes du Sportage ne permettent, au contraire, pas aux dossiers de se rabattre totalement. Les jours de grands déménagements, il faudra dès lors se contenter d’un coffre au plancher non plan.
Kia Sportage
+
Habitabilité généreuse
Comportement dynamique en net progrès
Planche de bord joliment présentée
Volume de coffre
Moteur diesel souple et volontaire
7 ans de garantie
-
Direction peu naturelle
Hauteur de coffre
Visibilité ¾ arrière
Consommation élevée
|
Stylée jusqu’au bout
Dessiné sous l’égide de l’ancien designer Audi Peter Schreyer, venu
gonfler les rangs du constructeur coréen, la troisième génération de
Sportage présente une plastique plutôt flatteuse. Si le constat est
valable pour l’extérieur, il l’est également pour la présentation
intérieure. Si elle s’habille encore de quelques plastiques moins
heureux ci-et-là, la planche de bord soignée se démarque grâce à son
dessin original et la qualité globale de ses matériaux. Certes, on
n’égale pas les références allemandes du segment. Mais pour un modèle
généraliste, on frise tout de même le sans faute. Sur ce point, le "bon
vieux" Qashqai reste compétitif. Il profite de ses plastiques moussés et
de ses agencements soignés pour tenir la comparaison avec le Sportage
sur le plan de la qualité perçue. Le dessin, plus classique, de sa
planche de bord commence juste à accuser un peu le poids des ans.
Espace généreux
Le Qashqai+2 s’équipe, en série, d’une banquette arrière coulissante sur
24 cm et de dossiers réglables en inclinaison (de 10 à 25°). Si l’on
peut regretter une longueur d’assise un peu courte, l’habitabilité à
l’arrière s’avère suffisante pour embarquer confortablement deux
adultes. Pour égayer l’ambiance à bord, on épinglera également la
présence en série (hormis sur la version 1.6 essence de base) d’un
gigantesque toit vitré panoramique sur tous les Qashqai+2. Grâce à sa
carrosserie plus trapue, le Sportage se démarque par une largeur aux
coudes généreuse (+9 cm par rapport au Nissan). De quoi emmener un
troisième passager au milieu de la banquette sans imposer un trop grand
niveau de familiarité aux deux autres… Plus spacieux que son concurrent,
le Sportage remporte la bataille des places arrière. On regrettera
juste une plus grande sensation de confinement due à la ligne fuyante
des vitres latérales ainsi qu’à l’absence de custode sur le montant
arrière. Une caractéristique également pénalisante au moment d’entamer
un créneau en ville (d’autant plus que la vitre arrière du hayon n’est
pas non plus des plus grandes…). Pour remédier à la sensation de
confinement des passagers, il est toutefois également possible de
disposer d’un toit vitré panoramique (950 euros) à bord du Sportage.
Coupé en deux, il permet de conserver une partie ouvrante au-dessus des
passagers avant. |
Nissan Qashqai+2
+
Insonorisation
Matériaux de qualité
Equipement complet
Comportement routier dynamique
Confort
Modularité
-
Habitabilité moyenne
Hauteur de coffre
Prix d’accès conséquent en 2.0 dCi
|
Le Kia Sportage 2.0 CRDi 136ch en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne, common rail turbo diesel; 1.995cc; 136ch à 4.000tr/min; 320Nm entre 1.800 et 2.500 tr/min.
Transmission : aux roues avant ou intégrale.
Boîte : manuelle ou automatique 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.440/1.855/1.635
Poids à vide (kg) : 1.676
Volume du coffre (l) : 564
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 181
Conso. mixte (l/100km) : 5,5
CO2 (gr/km) : 179
Prix de base (euros TVAC) : 24.980
|
Moteurs
En attendant l’arrivée (imminente) de son nouveau moteur diesel 1.7 CRDI
115ch, le groupe coréen Hyundai-Kia propose d’animer son couple
ix35/Sportage avec le 2.0 CRDI 136ch. Si la puissance paraît aujourd’hui
moyenne pour cette classe de cylindrée, elle permet toutefois de
contenir les assauts fiscaux au moment de s’acquitter des inévitables
taxes. Le couple de 320 Nm disponible dès 1.800 tr/min assure d’ailleurs
des reprises appréciables. Souple et disponible, le bloc se révèle
également relativement silencieux à l’usage. Confronté au 2.0 dCi
d’origine Renault, le moteur coréen doit toutefois jeter le gant
lorsqu’on hausse le rythme. Car si le couple offert est identique (320
Nm), le moteur français «libéré» développe 150 chevaux et présente une
allonge plus sportive. Combiné à un poids total légèrement inférieur et à
une boîte à six rapports correctement étagée, cela offre des sensations
très convaincantes sur la route. Pour contenir le prix d’achat, on
pourra toutefois se contenter du volontaire 1.5 dCi 106ch.
Dans les deux cas, il est possible de disposer d’une transmission
intégrale. Malgré les modes «lock» fixant la répartition entre les
essieux à 50%, ces SUV ne se profilent toutefois évidemment pas comme
des franchiseurs nés.
En net progrès
Grâce à des voies passablement élargies (+7,5 cm à l’avant et à
l’arrière) et à une assiette légèrement rabaissée (-2,5 cm), le Sportage
présente un comportement routier autrement plus dynamique que celui de
son prédécesseur. Grâce à des réglages spécifiques, il paraît également
plus volontaire que son frère de sang, le Hyundai ix35 davantage axé sur
le confort de marche. Cette séance de musculation ne perturbe toutefois
pas trop les capacités de filtrage du véhicule qui restent
particulièrement appréciables sur nos routes défoncées. Grâce à sa
direction plus consistante et à son train avant mordant, le Qashqai
reste néanmoins le roi de l’asphalte lorsque les virages s’enchaînent.
Si le Sportage parvient dorénavant à suivre la cadence imposée par le
SUV Nissan, difficile de le surpasser ! |
Le Nissan Qashqai+2
2.0 dCi 150ch en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne, diesel, common rail, 1.995cc, 150ch à 4.000tr/min, 320 Nm à 2.000tr/min.
Transmission : aux roues avant ou intégrale.
Boîte : manuelle ou automatique 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.541/1.783/1.645
Poids à vide (kg) : 1.631
Volume du coffre (l) : 550
0 à 100 km/h (sec.) : 10,1
V-max (km/h) : 193
Conso.mixte (l/100km) : 6,5
CO2 (gr/km) : 169
Prix de base (euros TVAC) : 28.350 |
Au terme de ce face à face, le Sportage rassure quant à ses qualités : sa belle carrosserie ne se transforme pas en coquille vide sur la route.
Il possède suffisamment de qualité pour percer sur le marché. L’arrivée imminente du nouveau 1.7 CRDI de 115 devrait d’ailleurs l’aider dans sa quête.
L’arrivée de ce trublion supplémentaire ne devrait toutefois pas trop perturber la carrière du Qashqai qui reste un produit très homogène et convaincant à tous les niveaux.
Jean-François Christiaens