Auto Trends - Essais routiers
Kia Sportage vs Nissan Qashqai
Janvier 24, 2011 | 12:36
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Face à face

Kia Sportage 2.0 CRDi AWD vs Nissan Qashqai+2 2.0 dCi AWD


Nouveau putsch !

Nombreux sont ceux qui s’y sont cassés les dents… Mais, à nouveau, un jeune SUV compact plein d’ambition tente de renverser le roi Qashqai de son piédestal. Porté par son look moderne, le Sportage de Kia offre son sourire le plus enjôleur afin de séduire les foules. Et pour terminer de convaincre les plus sceptiques, il sort son argument massue : 7 ans de garantie. De quoi, cette fois, mener le putsch à son terme ?

Propulsé à nouveau sur les devants de la scène grâce à son restylage apparu en début d’année, le Qashqai continue de caracoler en tête du segment des SUV en Belgique. Lors du bilan recensant la première moitié de l’exercice 2010, le SUV japonais restait le leader des immatriculations en conservant une belle avance sur le 3008 de Peugeot, le X1 de BMW et le XC60 de Volvo. Prenant le train en marche en cours d’année, le frère jumeau du nouveau Sportage, le Hyundai ix35 se hissait, quant à lui, déjà sur la cinquième marche du podium. Un constat plutôt encourageant pour Kia qui peut espérer voir son Sportage démarrer sa carrière sur les chapeaux de roues !

Entre deux
Par rapport à son prédécesseur et à son jumeau badgé Hyundai, le nouveau Sportage présente des cotes d’encombrement en hausse. Kia avance donc légèrement à contre-courant sur un segment mettant de plus en plus la compacité en avant comme valeur essentielle. En s’étirant jusqu’à 4,44 mètres (+9cm), le Sportage devient le plus encombrant de la catégorie, à égalité avec le Kuga de Ford. Ces deux grands gaillards dépassent le Volkswagen Tiguan de 2 centimètres, le Peugeot 3008 de 8, le Toyota RAV4 de 11 et le Skoda Yeti de 22 cm. Misant sur sa compacité, le Qashqai fait également figure de petit poucet à côté du Sportage en lui rendant 11 cm. Au final, la version allongée Qashqai+2 se rapproche plus de l’encombrement du nouveau SUV badgé Kia avec ses 4,52 mètres (+8cm).
Outre le fait de disposer de strapontins rabattables sous le plancher (utilisables uniquement pour des enfants), opter pour la version longue du Qashqai permet surtout de jouir d’un volume de coffre confortable. En offrant 140 litres de plus que le Qashqai traditionnel (550 en tout), cette version longue permet d’ailleurs de tenir la comparaison avec le Sportage, plutôt zélé dans ce domaine avec ses 564 litres. Dans les deux cas, vu l’architecture de ces véhicules, il faudra juste composer avec un seuil de chargement relativement élevé. Malgré un volume légèrement inférieur, le coffre du Qashqai se révèle au final un peu plus pratique au quotidien grâce à une ouverture de hayon plus large (+8 cm) et une hauteur disponible sous pavillon plus généreuse (+4 cm). Car, dans les deux cas, pour transporter un objet volumineux, il faudra inévitablement replier le cache-bagages tant la hauteur disponible sous le tendelet s’avère faible (40 cm à bord du Sportage et 42 pour le Qashqai+2).
Sur le plan de la modularité, le Qashqai conserve un léger avantage grâce à la possibilité de disposer d’un plancher de chargement parfaitement plan une fois les dossiers rabattus. Les assises fixes du Sportage ne permettent, au contraire, pas aux dossiers de se rabattre totalement. Les jours de grands déménagements, il faudra dès lors se contenter d’un coffre au plancher non plan.

 Kia Sportage

+
Habitabilité généreuse

Comportement dynamique en net progrès

Planche de bord joliment présentée

Volume de coffre

Moteur diesel souple et volontaire

7 ans de garantie


-

Direction peu naturelle

Hauteur de coffre

Visibilité ¾ arrière

Consommation élevée

Stylée jusqu’au bout

Dessiné sous l’égide de l’ancien designer Audi Peter Schreyer, venu gonfler les rangs du constructeur coréen, la troisième génération de Sportage présente une plastique plutôt flatteuse. Si le constat est valable pour l’extérieur, il l’est également pour la présentation intérieure. Si elle s’habille encore de quelques plastiques moins heureux ci-et-là, la planche de bord soignée se démarque grâce à son dessin original et la qualité globale de ses matériaux. Certes, on n’égale pas les références allemandes du segment. Mais pour un modèle généraliste, on frise tout de même le sans faute. Sur ce point, le "bon vieux" Qashqai reste compétitif. Il profite de ses plastiques moussés et de ses agencements soignés pour tenir la comparaison avec le Sportage sur le plan de la qualité perçue. Le dessin, plus classique, de sa planche de bord commence juste à accuser un peu le poids des ans.



 Espace généreux

Le Qashqai+2 s’équipe, en série, d’une banquette arrière coulissante sur 24 cm et de dossiers réglables en inclinaison (de 10 à 25°). Si l’on peut regretter une longueur d’assise un peu courte, l’habitabilité à l’arrière s’avère suffisante pour embarquer confortablement deux adultes. Pour égayer l’ambiance à bord, on épinglera également la présence en série (hormis sur la version 1.6 essence de base) d’un gigantesque toit vitré panoramique sur tous les Qashqai+2. Grâce à sa carrosserie plus trapue, le Sportage se démarque par une largeur aux coudes généreuse (+9 cm par rapport au Nissan). De quoi emmener un troisième passager au milieu de la banquette sans imposer un trop grand niveau de familiarité aux deux autres… Plus spacieux que son concurrent, le Sportage remporte la bataille des places arrière. On regrettera juste une plus grande sensation de confinement due à la ligne fuyante des vitres latérales ainsi qu’à l’absence de custode sur le montant arrière. Une caractéristique également pénalisante au moment d’entamer un créneau en ville (d’autant plus que la vitre arrière du hayon n’est pas non plus des plus grandes…). Pour remédier à la sensation de confinement des passagers, il est toutefois également possible de disposer d’un toit vitré panoramique (950 euros) à bord du Sportage. Coupé en deux, il permet de conserver une partie ouvrante au-dessus des passagers avant.
 Nissan Qashqai+2

+

Insonorisation

Matériaux de qualité

Equipement complet

Comportement routier dynamique

Confort
Modularité

-

Habitabilité moyenne

Hauteur de coffre

Prix d’accès conséquent en 2.0 dCi

Le Kia Sportage 2.0 CRDi 136ch en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne, common rail turbo diesel; 1.995cc; 136ch à 4.000tr/min; 320Nm entre 1.800 et 2.500 tr/min.

Transmission : aux roues avant ou intégrale.
Boîte : manuelle ou automatique 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.440/1.855/1.635

Poids à vide (kg) : 1.676
Volume du coffre (l) : 564
0 à 100 km/h (sec.) : 11,3
V-max (km/h) : 181
Conso. mixte (l/100km) : 5,5
CO2 (gr/km) : 179
Prix de base (euros TVAC) : 24.980
 
Moteurs
En attendant l’arrivée (imminente) de son nouveau moteur diesel 1.7 CRDI 115ch, le groupe coréen Hyundai-Kia propose d’animer son couple ix35/Sportage avec le 2.0 CRDI 136ch. Si la puissance paraît aujourd’hui moyenne pour cette classe de cylindrée, elle permet toutefois de contenir les assauts fiscaux au moment de s’acquitter des inévitables taxes. Le couple de 320 Nm disponible dès 1.800 tr/min assure d’ailleurs des reprises appréciables. Souple et disponible, le bloc se révèle également relativement silencieux à l’usage. Confronté au 2.0 dCi d’origine Renault, le moteur coréen doit toutefois jeter le gant lorsqu’on hausse le rythme. Car si le couple offert est identique (320 Nm), le moteur français «libéré» développe 150 chevaux et présente une allonge plus sportive. Combiné à un poids total légèrement inférieur et à une boîte à six rapports correctement étagée, cela offre des sensations très convaincantes sur la route. Pour contenir le prix d’achat, on pourra toutefois se contenter du volontaire 1.5 dCi 106ch.
Dans les deux cas, il est possible de disposer d’une transmission intégrale. Malgré les modes «lock» fixant la répartition entre les essieux à 50%, ces SUV ne se profilent toutefois évidemment pas comme des franchiseurs nés.


 En net progrès
Grâce à des voies passablement élargies (+7,5 cm à l’avant et à l’arrière) et à une assiette légèrement rabaissée (-2,5 cm), le Sportage présente un comportement routier autrement plus dynamique que celui de son prédécesseur. Grâce à des réglages spécifiques, il paraît également plus volontaire que son frère de sang, le Hyundai ix35 davantage axé sur le confort de marche. Cette séance de musculation ne perturbe toutefois pas trop les capacités de filtrage du véhicule qui restent particulièrement appréciables sur nos routes défoncées. Grâce à sa direction plus consistante et à son train avant mordant, le Qashqai reste néanmoins le roi de l’asphalte lorsque les virages s’enchaînent. Si le Sportage parvient dorénavant à suivre la cadence imposée par le SUV Nissan, difficile de le surpasser !
 Le Nissan Qashqai+2
 2.0 dCi
150ch en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne, diesel, common rail, 1.995cc, 150ch à 4.000tr/min, 320 Nm à 2.000tr/min.

Transmission : aux roues avant ou intégrale.
Boîte : manuelle ou automatique 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 4.541/1.783/1.645

Poids à vide (kg) : 1.631
Volume du coffre (l) : 550
0 à 100 km/h (sec.) : 10,1
V-max (km/h) : 193
Conso.mixte (l/100km) : 6,5
CO2 (gr/km) : 169
Prix de base (euros TVAC) : 28.350

Au terme de ce face à face, le Sportage rassure quant à ses qualités : sa belle carrosserie ne se transforme pas en coquille vide sur la route.
Il possède suffisamment de qualité pour percer sur le marché. L’arrivée imminente du nouveau 1.7 CRDI de 115 devrait d’ailleurs l’aider dans sa quête.
L’arrivée de ce trublion supplémentaire ne devrait toutefois pas trop perturber la carrière du Qashqai qui reste un produit très homogène et convaincant à tous les niveaux.


Jean-François Christiaens




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