Auto Trends - Essais routiers
Kia Picanto
Juin 09, 2011 | 1:00
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Moulin à épices

Bien aidées par les primes environnementales, les petites citadines ont le vent en poupe et se mettent à proposer autre chose qu’un simple prix d’appel. La nouvelle Picanto pimente la sauce.

On l’appelle le segment A, et ses best-sellers se nomment Renault Twingo, Suzuki Alto, Peugeot 107, Citroën C1 ou encore Toyota Aygo, sans parler de la reine Fiat 500. En Belgique, ces toutes petites voitures représentent 7,2% du marché. Pas énorme, direz-vous. Mais il y a 5 ans, ce n’était même pas 3%. La crise et les primes environnementales sont passées par là et, désormais, il n’est même plus nécessaire de recourir au diesel pour descendre sous la barre des 105g CO2/km et bénéficier ainsi des 15% de réduction.

C’est le cas de cette nouvelle Picanto qui, contrairement à sa devancière, ne propose aucun diesel au menu. Et c’est très bien ainsi puisque, on ne le répétera jamais assez, utiliser un moteur diesel pour un usage urbain est une aberration totale.


Un blason à redorer
Kia est présent dans ce segment des petites citadines depuis 2004, date du lancement de la première Picanto. La génération apparue en 2007 n’était qu’un face-lift. Ce qui fait donc 7 ans de carrière commerciale. Avec quelques difficultés, certes, puisqu’elle se place modestement en 14e position des ventes du segment A avec 3% de parts de marché, alors que la pénétration atteignait encore 6% en 2006. Bref, il était plus que temps de la changer. Et ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller, les Coréens ! D’une petite voiture avant tout raisonnable et consensuelle, on est passé à un caractère affirmé, nettement plus masculin qu’auparavant, marqué par un physique expressif, pour ne pas dire sportif.  Prix : 7.990 € TVAC

Puissance : 69 ch

V-max : 153 km/h

Conso. mixte : 4,2l/100km

CO2 : 95 g/km 

Volant chauffant !
+
Design sympa
Equipement disponible
Prix d’attaque

Caractère du 3 cylindres
Insonorisation convaincante 
La nouvelle Picanto, qui est disponible aussi bien en trois qu’en cinq portes, a grandi de 6 cm (3,60 mètres), mais son empattement n’a progressé que de 1,5 mm. Il n’empêche, l’espace aux jambes a progressé (surtout à l’avant), et le coffre gagne 27% de volume pour atteindre 200 litres. C’est bien, mais tout de même 25 litres de moins que sa rivale et cousine Hyundai i10. Banquette rabattue, on obtient 870 litres : de quoi transporter une machine à laver…

Mais c’est surtout en matière de finition et d’équipement que la nouvelle petite Kia étonne. Bien sûr, la version d’entrée de gamme (Lounge) se limite à l’essentiel. Mais si vous jetez un coup d’œil aux modèles Fusion ou Sense et à la liste des options, on peut s’offrir des choses étonnantes. Feux LED, climatisation automatique, rétroviseurs extérieures rabattables électriquement, clé mains libres, interface Bluetooth à reconnaissance vocale, airbag de genoux, ESP et même… un volant chauffant !
-
Embrayage désagréable
Stop&Start parfois capricieux

Suspensions floues
Volant non réglable en profondeur

Air de famille

Désormais, le client ne doit donc plus forcément se cantonner à la version basique de sa petite citadine. Et il peut même prendre du plaisir à la regarder. Car franchement, cette Picanto est une véritable réussite esthétique. L’avant rappelle inévitablement celui des derniers modèles de la marque (Venga, Sportage), l’allure est trapue et musculeuse, alors que la poupe se distingue par des feux particulièrement expressifs. Dynamique en apparence, la Picanto offre le choix entre deux moteurs à essence : un trois cylindres 1.000cc et un quatre cylindres 1.200cc, tous deux équipés d’un système Stop&Start de série. Nous avons opté pour le premier, identique à celui qui équipe la Hyundai i10 BlueDrive que nous vous faisions découvrir dans notre précédent numéro d’Auto Trends.

Bien isolée

Ce petit bloc à trois cylindres présente toutes les caractéristiques de ce type d’architecture : un sacré caractère avec une belle faculté à monter rapidement en régime, mais aussi une sonorité assez présente et quelques phénomènes vibratoires. Cela dit, Kia a plutôt bien travaillé de ce côté, avec des supports moteur hydrauliques de grandes dimensions et un panneau d’isolation acoustique à trois couches sur le tablier du tableau de bord. Les bruits de vents aussi ont été bien maîtrisés, notamment grâce à une bonne valeur de Cx : 0,31 là où la plupart de ses concurrentes sont à 0,32 voire davantage. L’utilisation de blocs d’insonorisation dans les pieds des rétroviseurs n’est pas non plus étranger au bon bilan acoustique. 
La Kia Picanto 1.0 
en quelques chiffres
Moteur : 3 cylindres en ligne, 998cc;
69ch à 6.200tr/min; 95Nm à 3.500tr/min.


Transmission : aux roues avant.

Boîte : manuelle à 5 rapports.
L/l/h (mm) : 3.595/1.595/1.480
Poids à vide (kg) : 845

Volume du coffre (l) : 200

Réservoir (l) : 35
0 à 100 km/h (sec.) : 14,4
L’autre motorisation : Picanto 1.25
 
85ch, 4,5l/100km, 171km/h, 11.840 € TVAC


Primes à l’essence

Les deux versions de la nouvelle Picanto bénéficient en série du système ISG de Stop&Start automatique, d’une gestion intelligente de l’alternateur et de pneus à faible résistance au roulement. Du coup, la version équipée du petit trois cylindres ne consomme en moyenne que 4,2l/100km et ne rejette que 95g CO2/km. Notez que le moteur 4 cylindres 1.25 reste lui aussi sous la barre des 105g CO2/km, et bénéficie donc également de la prime fédérale de 15%. Pour le reste, il ne faut évidemment pas chercher dans la Picanto une «croqueuse de virages». D’ailleurs, Kia a volontairement rendu le tarage des ressorts plus moelleux, et ce tant à l’avant qu’à l’arrière, pour privilégier le confort. Les versions équipées de l’ESP disposent de quatre freins à disque, dans le cas contraire, ce sont des tambours à l’arrière.

CONCLUSION

Plutôt sexy et capable de s’équiper comme une grande, la Picanto démontre qu’une petite citadine peut être autre chose qu’un moyen de locomotion pratique et économique.



Par Frédéric De Backer



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