Auto Trends - Essais routiers
Kia Optima Hybrid
Juin 08, 2011 | 2:53
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Menace sur les cadors?

En Europe, le segment des Mondeo, Passat et autres est le casse-gu… par excellence pour tous les constructeurs. Ou du moins les non-allemands. Nombre de marques s'y cassent régulièrement les dents. Mais les Coréens ne doutent de rien.
 A raison ?


Ce segment D européen est la terreur de presque toutes les marques. Si on ne s'appelle pas Ford ou VW, on ramasse pour ainsi dire les miettes. Pour les constructeurs français par exemple, le marché local sauve les meubles, mais il est assez dur de se faire une place aux côtés des cadors germaniques.

Chez Fiat c'est bien simple, on a arrêté la Croma. Suzuki de son côté a renoncé à importer chez nous sa Kizachi, pourtant réputée excellente. Alors comment les Coréens ont-ils le cran de lancer sur le marché Européen la i40, pour Hyundai, et cette très belle Kia Optima dans le cas présent ?


Image

La réponse donnée chez Kia est qu'il est important de proposer ce genre d'automobile même en Europe, pour consolider l'image en cours de construction. Et très modestement, ils disent ne pas avoir d'ambitions commerciales démesurées en Europe. Il faut tout de même savoir que la voiture cartonne déjà aux USA et en Corée. Et il faut savoir aussi qu'en Europe, le succès du Sportage est tel que le délai d'attente a déjà passé les 6 mois. Tout ça pour dire que certains signes laissent penser que l'Optima fera chez nous plus que de la figuration. Et après cette rapide prise de contact avec la voiture, nous en sommes presque sûrs.

Les qualités
Premièrement, le look. On ne discute pas les goûts et les couleurs mais force est d'avouer que l'Optima est une belle pièce de design. Et lorsqu'on se place face à elle sur un parking, elle dégage une indiscutable prestance. Du beau boulot. A l'intérieur, on retrouve le même souci de l'esthétisme et de l'originalité, du combiné d'instruments aux sièges. Tout est extrêmement flatteur, la qualité de finition et des matériaux n'ont pas à rougir face à certaines productions européennes et tout cela met en évidence le chemin parcouru par les marques coréennes, jadis considérées comme cheap.

La qualité de finition n'a pas à rougir face aux productions européennes

Ensuite, il y a les mécaniques. Car là est le secret de la compétitivité en Europe. Dans ce genre de voiture, si pas de diesel, pas de carrière. Or le groupe Hyundai-Kia a démontré récemment ses talents de motoriste. Nous parlons surtout de leur 1.6 turbo diesel common rail, qui créa la surprise. Un moteur bourré de qualités, que votre serviteur n'hésite pas à placer devant les 1.6 d'Européens diésélistes confirmés. Le groupe va donc nous refaire le coup avec un 1.7 CRDi, déjà présent dans les SUV compacts des deux marques. Cet excellent moteur qui est loin d'avoir fini de progresser équipera l'Optima. Un semi-downsizing doublement bien vu, puisque d'une part on commence à se rendre compte qu'un 1.6 est parfois limite dans une grande voiture, et que d'autre part la fiscalité des 2.0 ne collent pas tout à fait avec une marque qui, si elle n'est plus "cheap", revendique toujours ses tarifs compétitifs.

Et puis il y a l'hybride, telle que nous l'avons essayée. Enfin, pas vraiment puisque la voiture testée avait été amenée des USA pour l'occasion, et que les réglages châssis et moteur étaient clairement américains. Comprenez : comportement routier peu incisif et boîte de vitesses automatique 6 rapport un peu paresseuse. Mais il y a autre chose que nous espérons voir adapter lorsque cette version hybride nous arrivera, courant 2012.


Rouler électrique

Ce que l'on sait déjà de l'Optima hybride, c'est que son moteur thermique sera un essence 4 cylindres 2.4 (un obstacle chez nous), secondé par un moteur électrique de quelque 40 chevaux, situé entre le moteur et la boîte. Au total, la voiture lâche 209 chevaux et 265 Nm. Les batteries sont des Lithium-ion polymère. Avantage des Lithium-ion par rapport aux Nickel-métal hybride de la Prius par exemple : moins de poids, plus de puissance. Avantage du polymère : plus de facilité à donner des formes complexes aux cellules, donc à les caser là où elles ne prendront pas de place. Pourtant, dans l'Optima, elles sont derrière la banquette arrière, ce qui réduit le coffre de 505 à 280 litres.

Comme la Prius, l'Optima peut démarrer sur la seule force de l'électricité, et continuer jusque quelques 100 km/h. Mais c'est laborieux. Là où il est assez aisé avec une Prius ou même un Touareg Hybrid de lâcher complètement la pédale des gaz pour couper le moteur thermique, puis reprendre la pédale gentiment pour se maintenir à l'électrique, c'est extrêmement pointu avec l'Optima, qui relance très (trop) facilement le 2.4. C'est l'un des réglages que l'on espère voir corriger sur les versions européennes. Mais malgré ces lacunes, il est terriblement agréable d'avoir une vraie boîte automatique à la place des irritantes boîtes à variation continue de la plupart des hybrides "accessibles" (les Touareg, Cayenne et autres Mercedes S, elles, ont des automatiques, mais à quel prix). Vous direz que la Honda CRZ a carrément une boîte manuelle, mais elle n'autorise pas de rouler 100% électrique.

Conclusion

Hybride ou non, l'Optima est une voiture extrêmement bien née, qui pourrait causer du rififi dans un segment dominé par l'Allemagne. Voire se faire une place en fleet. Les versions essence et diesel débuteront chez nous au prochain Salon de Bruxelles.


Laurent Zilli



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