Auto Trends - Essais routiers
Jaguar XF 2.2D
Octobre 25, 2011 | 2:57
Rating:
Rate


Santé !

La XF rajeunit et adopte un moteur turbo diesel plus à même d'intéresser les acheteurs belges.

Chez Jaguar, en ce moment, on voit vraiment l'avenir avec sérénité : les ventes se portent assez bien et la puissance du groupe industriel indien Tata (propriétaire de Jag et de Land Rover) en même temps que la liberté de création qu'il laisse à la marque rassure. Autre pas dans la bonne direction : l'adoption sous le capot de la XF du 4 cylindre 2.2 diesel, qui devrait lui permettre de renforcer sa présence en fleet. Au passage, la "petite" Jag se refait une beauté.

Style XJ

Pour ce facelift de mi-carrière, la XF se "refélinise". A l'avant, on voit que depuis la naissance de la petite Jaguar, la grande Jaguar a fait évoluer le langage stylistique. Le visage de la XF adopte donc des traits proches de ceux de la majestueuse XJ. Le signe le plus distinctif sont les phares au dessin plus effilé, et qui adoptent comme il se doit un éclairage de jour LED… en forme de J. On a aussi redessiné les prises d'air inférieures du bouclier ainsi que leurs barrettes chromées désormais en forme de griffe.  Prix : 45.700 € TVAC
Puissance : 190 ch

V-max : 225 km/h


Conso. mixte :
5,4 l/100km

CO2 : 149 g/km
A l'arrière, très peu de changements évidents, si ce n'est un réflecteur rouge supplémentaire. Enfin, dans l'habitacle, outre une qualité de finition en légère progression, c’est surtout le système d'info-divertissement qui a reçu un upgrade. Au final, le face-lift mérite donc véritablement son nom, et Jaguar a pris soin de changer juste ce qu'il fallait, histoire de convaincre les hésitants sans détourner les convaincus.


Deux félins, un même cœur

La vraie "révolution" de la XF millésime 2012 est donc à chercher sous le capot. Ce n'est pas la première fois qu'une Jag est emmenée par un 4 cylindres, puisque la X-Type recevait déjà un 2.2 diesel. Mais certains n'ayant jamais considéré cette dernière comme une authentique Jaguar, on trichera un peu en disant que oui, ceci est une grande première. Jusque-là, si on voulait une Jaguar digne de ce nom et un diesel, n'existait que le délicieux 3 litres V6 de 240 ou 270 chevaux, partagé avec Ford et PSA. Un moteur à la fois performant, d'une absolue douceur et d'une totale discrétion, autant de qualités qui collent parfaitement à l'âme Jaguar. Mais hélas, un moteur qui était un frein à la carrière de la XF dans un marché crucial, où l'obsession du CO2 a imposé le downsizing : le fleet. La parade est à nouveau un diesel PSA : le 2.2, décliné ici en 190ch et 450Nm ou en version fiscale 163ch, au même tarif. Ce moteur est aussi le cœur d'une autre belle féline : la Peugeot 508, dans laquelle il lâche 204 chevaux. Et c'est là que la Jaguar prend un premier coup de griffe. Car dans la 508, ce moteur est exemplaire. Puissant, coupleux, en parfait accord avec sa boîte automatique 6 rapports et surtout, il est d'une remarquable discrétion.
 

+
Vrai face-lift
Dessin réussi
Qualité en progrès
Prestations dignes
Sensations Jaguar
Stop&Start de série
Dans la XF, le récit diffère quelque peu. Il reste puissant et coupleux, sans discussion. Sur la route, la XF est digne de son blason et est aussi véloce qu'on est en droit de l'attendre. Les réglages du châssis permettent vraiment de s'amuser sans renoncer au confort et comme toujours chez Jaguar, la direction est absolument unique. On peut lui reprocher un certain manque de feedback mais la sensation de légèreté et d'aisance qu'elle procure le fait pardonner.
Ce qu'on regrettera tout d'abord, c'est un mariage entre le moteur et la boîte auto 8 rapports ZF (comme dans les BMW) qui sent un peu la scène de ménage. Les passages sont loin d'être aussi doux qu'avec la 6 de chez Peugeot et la boîte elle-même semble parfois avoir du mal à se décider entre deux rapports.
 

Insonorisation
Maîtrise des vibrations
Accord moteur/boîte perfectible

Lorsqu'on la place en mode sport par exemple, elle met un temps fou à comprendre qu'on est derrière un camion, à vitesse modérée et plutôt que de monter un rapport, elle garde celui qui maintient le compte-tours dans les 3.000. Ca passerait s'il n'y avait l'autre point faible de la voiture. Car le plus ennuyeux, c'est une insonorisation qui ne tient pas la comparaison face à la Peugeot et, pire encore, des vibrations très présentes dans l'habitacle.

On n'est évidemment pas au niveau "machine à laver en phase essorage". C'est juste qu'une Jaguar, c'est la douceur, l'onctuosité, le silence. C'est feutré.
Et ici, ce n'est pas tout à fait le cas : les mouvements de la voiture le sont, sa façon de se laisser emmener aussi, mais la sonorité gâche un si joli portrait. Celui qui possède déjà une XF V6 diesel qui passe au 2.2 par esprit civique ou par obligation sera un peu choqué. Et celui qui, grâce à cette 2.2, fera son entrée dans le monde Jaguar n'aura pas une image très fidèle de que ce la marque offre vraiment. Dommage.
 

Conclusion

Avec ses 149g CO2/km et ses 70% de déductibilité, la XF 2.2D est assez compétitive face aux stars allemandes. D'autant que par sa rareté, elle constitue une belle alternative pour ceux qui ne veulent pas de la énième A6, Série 5 ou Classe E garée sur le parking.




Laurent Zilli
 La Jaguar XF 2.2D
en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres, 2.179cc;
190 (163)ch à 3.500tr/min;
450Nm à 2.000tr/min.

Transmission : aux roues arrière.
Boîte : auto 8 rapports.
L/l/h (mm) : 4.961/1.877/1.460
Poids à vide (kg): 1.720
Volume du coffre (l) : 540
Réservoir (l) : 69
0 à 100 km/h (sec.) : 8,5


L'ancienne


A sa naissance, la XF tranchait déjà avec le style Jaguar traditionnel. La XJ a poussé un cran plus loin et la XF suit !




Tous les essais