Auto Trends - Essais routiers
Hyundai Genesis 2.0T
Février 09, 2011 | 9:14
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Le plaisir à bas prix


Le constructeur coréen revient dans le segment du coupé abordable. Et à l’heure où la traction est reine dans cette catégorie, la Genesis compte sur ses roues arrière et son autobloquant pour séduire !



Un grand coupé populaire animé par les roues arrière ? Vous pouvez toujours chercher, il n’y en a pas d’autre ! La propulsion est devenue l’apanage du haut de gamme (BMW, Mercedes, Infiniti…). Parmi les modèles abordables, on ne trouve plus sur notre marché que des coupés à roues avant motrices. Hyundai revient donc sur un terrain déserté par les constructeurs européens. On ne peut que saluer la démarche du géant coréen, qui a d’ailleurs décidé d’être présent sur tous les segments du marché. La marque grouille de projets et on trouve notamment dans les cartons un autre petit coupé original (voir encadré). Mais revenons à notre Genesis…


Venue d’ailleurs


Développé et produit en Corée, ce coupé existe depuis un peu plus d’un an sur certains marchés, dont les Etats-Unis (où la Genesis est aussi proposée en berline). Avant sa commercialisation chez nous, le modèle a fait un détour par le centre de développement allemand du constructeur, pour se mettre aux normes européennes. Les adaptations se sont toutefois limitées à une meilleure réactivité des commandes (direction, freins, accélérateur) et des réglages d’amortissement plus sportifs.

Prix : 32.499 € TVAC


Puissance : 212 ch


V-max : 223 km/h


Conso. mixte: 9,2l/100km

CO2: 220g/km


Par contre, le look est inchangé : un style un brin «tuning» (l’aileron arrière est de série), mais musclé et dynamique. L’habitacle est plus conventionnel mais respire trop l’Amérique… La finition est un peu décevante, les plastiques étant omniprésents et de moins bonne qualité que ceux des modèles Hyundai développés pour le marché européen.  
 

Full option

 

Si la qualité est basique, l’équipement, lui, est pléthorique. En 2.0 turbo comme en V6, tout est de série : jantes de 19 pouces, sièges sport en cuir électriques et chauffants, démarrage mains-libres, régulateur de vitesse, ordinateur de bord, système audio, clim automatique, aide au stationnement, ESP, 5 ans de garantie sans limitation de kilométrage, etc.

 
La liste d’options se limite à la peinture métalisée et au GPS.
Par contre, les feux au xénon et le toit ouvrant sont indisponibles.

Richement équipé, ce coupé souffre en revanche d’une position de conduite imparfaite en raison d’une colonne de direction réglable en hauteur uniquement. Les places avant sont spacieuses, mais l’accès à l’arrière est peu aisé et l’habitabilité y est très limitée. Un adulte de 1,80 mètre ne peut tout simplement pas redresser la tête ! L’espace aux jambes est également limité et les places arrière n’accueilleront donc que des enfants. Côté coffre, le volume est très moyen et l’accès est mal agencé à cause d’une hauteur de chargement limitée. Par contre, la banquette rabattable permet le transport d’objets longs.   


Full plaisir


Sous sa robe, la Genesis cache une architecture de châssis classique mais efficace : un train avant McPherson et un essieu arrière multibras. Quant à la répartition des masses, elle est presque idéale (55% du poids sur l’avant et 45% sur l’arrière). Enfin, ce coupé propulsion dispose de série d’un différentiel autobloquant de type Torsen. Il est donc armé pour aller «drifter», d’autant que les moteurs sont puissants. Le 2.0 turbo 4 cylindres développe 212 chevaux et le 3.8 V6 atmosphérique (35.999 euros) affiche 303 ch. Ce dernier peut se coupler en option à une boîte automatique à palettes au volant, qui ne plaira toutefois pas aux sportifs en raison de sa lenteur.  

Le petit bloc est déjà très performant et disponible à tous les régimes. Sa boîte manuelle à 6 rapports est bien étagée, mais la commande accroche un peu trop lors des changements de vitesse.

Par contre, l’amortissement est bien adapté à une conduite sportive : les mouvements de caisse sont très bien maîtrisés et comme le châssis est joueur, cette Genesis distille un véritable plaisir de conduite ! En effet, le train avant est efficace et l’arrière ne demande qu’à enrouler les courbes. Un peu trop, peut-être, selon certains… qui n’ont qu’à laisser l’ESP branché.
Surtout dans le cas de la version 3.8 V6 de 303ch, dont la conduite devient très sportive lorsque les conditions climatiques se dégradent.

 Mais les plus adroits se régaleront des longs drifts qu’autorise cette version V6, dont le moteur chante aussi agréablement qu’il pousse. Bref, mis à part une direction manquant un peu de précision, le coupé Genesis séduira les amateurs de conduite sportive !

 
 






La Genesis 2.0 Turbo

en quelques chiffres


Moteur : 4 cylindres en ligne, turbo essence,1.998cc,

212ch à 6.000tr/min,

299Nm à 2.000tr/min.


Transmission : aux roues arrière,différentiel Torsen.

Boîte : manuelle 6 rapports.

L/l/h (mm) : 4.630/1.865/1.385


Poids à vide (kg) : 1.495

Volume du coffre (l) : 332

Réservoir (l) : 65

0 à 100 km/h (sec) : 7,9


Sans concurrence


D’accord, dans l’absolu, 32.500 euros pour un coupé coréen à la finition basique et à la valeur de revente incertaine, c’est un prix ! C’est le tarif d’une Peugeot RCZ 1.6 THP 200ch avec pack cuir. Sans doute que la Peugeot est globalement plus aboutie, mais elle est moins pratique et, surtout, elle est mue par ses roues avant, alors que la Genesis est une… propulsion. C’est finalement ce mot magique qui constitue la plus grande qualité de cette Hyundai. Un coupé propulsion de plus de 200 chevaux avec différentiel Torsen à ce prix-là, c’est une offre unique ! Bien sûr, seuls quelques passionnés de conduite seront sensibles à l’argument… Mais ceux-là s’attacheront à la Genesis. Car malgré certains défauts, ce coupé démocratise la conduite d’une propulsion sportive. Un plaisir qui est aujourd’hui devenu exclusif…     

+


Propulsion abordable

Comportement sportif

Equipement de série

Moteurs agréables


-

Finition perfectible

Habitabilité arrière limitée



Conclusion


La Genesis fait revivre le concept du coupé populaire à roues arrière motrices : un engin pas vraiment raffiné, mais abordable et joueur en conduite sportive. Une future reine des concours de drifts !



Par Olivier Maloteaux






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