Auto Trends - Essais routiers
Honda VT 750 S
Avril 14, 2011 | 1:33
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La Harley nippone

Dans le top 5 des catégories de motos les plus vendues en 2010 les «choppers» sont en progression. Une progression timide mais réelle, qui concerne surtout les choppers faciles pour tout le monde, et même pour tous les jours. Honda nous en offre un bel exemple avec sa VT 750 S.

Elle a le moteur et la plupart des éléments châssis d’une «Shadow». La VT 750 S n’appartient toutefois pas à cette célèbre famille de choppers Honda. Peu importe. Son style ne laisse planer aucun doute. Ou plutôt si. Et pas un petit : cette Honda a un furieux air de Harley-Davidson 883, la plus abordable et la plus facile à manipuler des productions de Milwaukee.

La VT 750 S est venue compléter la gamme Honda en 2010, avec  une mission bien définie : «Satisfaire une grande variété de clients, débutants ou motards confirmés, qui cherchent une moto polyvalente, à l’aise au quotidien comme pour les sorties du week-end». Le tout en reprenant les codes qui caractérisent les citadines européennes. Un beau programme pour une japonaise qui singe une américaine.  


La VT tient plutôt bien la route et montre une rigidité rassurante.

Belle et basique

Esthétiquement, outre les coloris assez tristes de notre machine d’essai, on ne note qu’une légère faute de goût au niveau du réservoir, aux lignes et aux dimensions moins harmonieuse que sur la Harley.

Le reste est plutôt réussi, avec des chromes valorisants, des échappements superposés au style très US, de belles jantes à rayons (19 pouces à l’avant, 16 à l’arrière) et un mignon petit phare rond surplombé par l’unique cadran du tableau de bord. Un tableau de bord très succinct, à l’image de l’ensemble des aspects pratiques proposés par cette VT 750.
Même l’emplacement du contacteur (situé derrière les cylindres, côté gauche) a subi l’influence des machines américaines, avec les conséquences désastreuses que cela implique sur la manipulation de l’antivol au guidon: il s’active directement depuis la colonne de direction.  Vous avez dit minimaliste !?
 
La Honda VT 750 S
en quelques chiffres


Moteur : bicylindre en V, refroidissement liquide, 745cc,
43,8ch à 5.500 tr/min,
62Nm à 3.250 tr/min.

Boîte de vitesses : à 5 rapports.
Transmission : chaîne.
Empattement (mm) : 1.560
Hauteur de selle (mm) : 750
Réservoir (l) : 10,7
Pneus : 100/90-19 à l’avant ; 150/80-16 à l’arrière
Suspensions : fourche avant,
combiné amortisseurs réglables arrière

Freins : simple disque avant avec étrier 2 pistons,
tambour arrière

Poids à sec (kg) : 232

 Un chopper qui rivalise avec les scooters en termes de maniabilité, voilà la recette magique de la petite Honda !

Pas d’ABS

Techniquement aussi, la VT 750 S paraît bien pauvre : frein avant simple disque et étrier deux pistons, frein arrière à tambour (le tout sans ABS), bras oscillant et amortisseurs arrière basiques, transmission par chaîne (alors que les Shadow bénéficient d’un cardan)…
Prix : 6.990 € TVAC

Puissance : 44 ch
V-max : +/- 170 km/h
 
Heureusement, le moteur bicylindre en V de 745cc est doté d’un refroidissement liquide et d’une alimentation par injection. Il développe 44 chevaux à 5.500 tr/min et 62 Nm à 3.250. Il est accouplé à une boîte de vitesses «à cinq rapports courts qui sont synonymes d’accélérations instantanées et excitantes partout sur la plage de régime», annonce le dossier de presse.

Chopper-roadster ?

Pas de quoi s’affoler pour autant. Ces accélérations n’ont rien de foudroyantes. Les ingénieurs ont planché sur une «sensation de puissance facilement contrôlable et volontairement concentrée sur les bas et moyens régimes». Il en résulte une prise en main d’une grande facilité, bien aidée par une position de conduite agréable et rassurante. Malgré son style et ses lignes purement choppers, la VT 750 S offre une position de conduite plutôt typée roadster, assez droite, voire légèrement penchée sur l’avant, avec des repose-pieds en position centrale.
 
Cette petite ambiguïté est d’ailleurs ce qui fait une grande partie de son charme.

+

Facilité générale

Maniabilité en ville

Prix attractif
Agile

Comme prévu, l’assise est basse (750 mm de hauteur de selle) et le guidon pas trop large. L’ensemble paraît fin entre les jambes, et même léger malgré les 232 kilos tous pleins faits. Il s’en dégage une agréable sensation d’agilité et de réactivité qui se confirme dès les premiers tours de roues. L’empattement court n’y est pas étranger.

Un chopper qui rivalise avec les scooters en termes de maniabilité et de capacité à passer au travers des problèmes de circulation urbains, voilà la recette magique de la petite Honda. On prend un plaisir non dissimulé à se faufiler entre les voitures ou à se glisser dans le moindre petit espace pour éviter les nombreux trous qui fleurissent sur notre réseau routier. Car il est préférable de ne pas tendre trop de pièges aux amortisseurs arrière, aussi limités en débattement qu’en capacité d’absorption des chocs.  
-

Freins et suspensions faibles

Aspects pratiques

Pas aussi charmante qu’une vraie Harley

Taillé pour la ville ?

Heureusement, la fourche fait preuve d’une belle progressivité. Quant aux freins, il ne faut pas non plus trop leur en demander, même s’ils remplissent leur mission avec bravoure tant qu’on reste dans les limites de la machine. Veillez juste à vous en souvenir s’il vous prend l’idée de descendre un col à allure sportive avec une VT 750 S… Une idée d’autant plus saugrenue qu’avec sa garde au sol limitée, le roadster-chopper Honda risquera de laisser pas mal de métal dans la bagarre, différents éléments du châssis raclant le sol en cas de prise d’angle un peu généreuse. Dommage, car la VT tient plutôt bien la route et montre une rigidité rassurante.

Mis à part des freins et des suspensions peu convaincants ainsi qu’une garde au sol limitée, la VT 750 S ne partage pas beaucoup de sensations de conduite avec le modèle dont elle s’inspire, la Harley XR 883. Très peu de vibrations, une position de conduite plus naturelle, un moteur plus vif… La Honda est surtout plus facile d’accès, grâce notamment à un moteur plus souple.


Par Christophe Jardon




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