Auto Trends - Essais routiers
Fiat Freemont 2.0 MJT
Octobre 24, 2011 | 3:09
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Le McTurin

Le Freemont constitue la première application pratique de l’étonnant mariage entre les groupes Fiat et Chrysler. Né Dodge Journey sous pavillon américain, ce monovolume continue dorénavant sa carrière européenne sous l’appellation Fiat Freemont. Une alliance contre nature ?

Ce n’était donc pas une plaisanterie : la gamme Chrysler sera effectivement progressivement digérée par le groupe Fiat en Europe. Seule la marque Jeep conservera son indépendance. Les enseignes Dodge et Chrysler disparaitront quant à elles du paysage européen.

Les modèles les plus intéressants de ces deux marques américaines survivront toutefois sous les pavillons Fiat et Lancia (comme le Dodge Journey ou les Chrysler Grand Voyager, Sebring et 300). Après cette période de cannibalisation, les deux groupes devraient par la suite proposer des nouveaux modèles partageant leurs bases techniques.



Esprit SUV
Prix : 27.500 € TVAC
Puissance : 136 ch
V-max : 180 km/h

Conso. mixte : 6,4l/100km
CO2 : 169 g/km 
Héritant de l’ADN «provocateur» de Dodge, le Freemont n’endosse pas un simple costume de monovolume classique. Ce véhicule familial long de 4,89 mètres s’offre plutôt des lignes musclées inspirées de l’univers des SUV. Sur le plan esthétique, les modifications apportées par Fiat restent assez minces. Tout au plus remarque-t-on une nouvelle calandre et des phares arrière légèrement redessinés. Bref, le look est sympathique et intéressant mais dénote tout de même quelque peu avec la gamme Fiat traditionnelle…

A l’intérieur, par contre, la refonte est largement plus sensible. Défaut principal du Journey, la présentation intérieure effectue un salvateur bon en avant grâce au travail de Fiat. Les plastiques durs et peu flatteurs typiquement américains disparaissent au profit de plastiques moussés largement plus séduisants. Cependant, en conservant quelques touches du Journey (comme les éclairages LED de l’habitacle ou l’unique commodo à gauche du volant), le Freemont ne cache pas totalement ses origines américaines. C’est également valable pour la finition, parfois aléatoire, de certains accessoires. Autre petit grief : le système de navigation hérite d’une carte à la présentation peu claire. A part ces détails, le Freemont présente un habitacle globalement soigné et bien pensé, regorgeant de petits détails facilitant la vie au quotidien : rétroviseur intérieur permettant de surveiller les enfants à l’arrière, espace de rangement sous l’assise du siège passager avant ou encore rehausseurs intégrés, de série, sur les deux fauteuils latéraux de la seconde rangée.



7 places de série

L’aménagement intérieur du Journey faisant partie de ses qualités, Fiat ne s’est pas fatigué à le repenser. Seule différence par rapport à son cousin, le Freemont ne se dérive pas en version à cinq places. Les deux strapontins implantés dans le coffre équipent de série tous les modèles. L’attention est d’autant plus appréciable qu’il s’agit de deux véritables places permettant à des adultes d’y voyager confortablement. L’accès à ces places du fond est également facilité par l’intelligente cinématique des sièges de second rang (l’assise se relève et le fauteuil coulisse vers l’avant). Pour le reste, la modularité du Freemont n’a rien à envier aux monovolumes classiques du genre. Les sièges coulissent, se règlent en inclinaison et se rabattent en un tournemain pour libérer un vaste plancher plan (le volume total disponible atteint alors 1.461 litres). Le siège passager avant peut, en outre, se rabattre en tablette afin de permettre le transport d’objets longs.
 


+
Espace habitable
Modularité
Equipement de série
Confort de marche
Moteurs diesel volontaires
     Cœur italien

En plus de la présentation intérieure, l’autre modification majeure apportée à l’ex-Journey touche au cœur de l’engin. Le 2.0 TDI 140 d’origine Volkswagen utilisé par Dodge disparaît du catalogue au profit d’un 2.0 Multijet d’origine Fiat. Un bloc qui se dérive en deux versions de puissance adaptées à notre fiscalité nationale : 136 et 163 ch. Dans les deux cas, le couple maximal délivré est identique : 350 Nm. La plage de régime sur lequel ce niveau est disponible est juste un peu plus large sur la version 163 ch (de 1.750 à 2.500 tr/min contre de 1.750 à 2.000 tr/min). Dès les premiers mètres, le changement de mécanique se traduit par une meilleure insonorisation et un filtrage plus efficace des vibrations. Il faut dire que le précédent 2.0 TDI à injecteurs-pompes n’était pas le meilleur élève du genre ! Grâce au couple appréciable, les deux versions s’avèrent suffisantes pour animer sereinement le Freemont. Dans les phases transitoires et même à vitesse stabilisée sur autoroute, la version 136ch semblait toutefois donner un peu plus de voix dans l’habitacle. Au cas où un nostalgique de l’ère américaine souhaiterait conserver une petite touche US à bord de son Freemont, Fiat conserve au catalogue une version 3.6 V6 de 272 chevaux. Ce moteur, ainsi que le diesel le plus puissant, pourra s’équiper d’une transmission intégrale et d’une boîte automatique à six rapports.
 

Comportement peu dynamique

Quelques détails de finition

Prix d’accès

Longs périples
Fiat affirme avoir également modifié les liaisons au sol pour rendre le Freemont plus dynamique. Sur ce point, le travail est beaucoup moins sensible… Gardant ses gènes américains, le Freemont se complait sur les grands axes autoroutiers. Sur les routes plus sinueuses, il ne brille pas particulièrement par son agilité ni la précision de son train avant. A défaut d’être amusant à conduire, le Freemont offre toutefois un toucher de route moelleux. Finalement, c’est tout de même le principal pour un véhicule à vocation familiale.

Conclusion

Ayant perfectionné une base présentant déjà de nombreuses qualités, Fiat offre une seconde chance au Journey et propose dorénavant dans sa gamme un monovolume à sept places convaincant.
Le Freemont 2.0 MJT
en quelques chiffres
Moteur : 4 cylindres en ligne,
common-rail turbo diesel, 1.956cc;
136ch à 4.000tr/min;
350 Nm entre 1.750 et 2.000 tr/min.


Transmission : roues avant.
Boîte : manuelle à 6 rapports.
L/l/h : 4.888/1.878/1.691 mm
Poids à vide (kg): 1.874
Coffre (l) : 758
Réservoir (l) : 77
0 à 100 km/h (sec.) : 12,3 


Jean-François Christiaens




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