Auto Trends - Essais routiers
Corvette ZR1
Février 03, 2011 | 10:40
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Sport extrême !


Avec cette voiture, les superlatifs ne suffisent plus.

Nous n’avons jamais rien essayé de plus impressionnant !

Même si le thermomètre flirte avec le zéro, l’autoroute n’est que légèrement humide en ce début décembre. Le verglas, ce sera pour plus tard ! Je viens de monter sur l’autoroute E313 avec la ZR1 que j’ai été chercher chez le seul concessionnaire Corvette de Belgique (Buga, entre Anvers et Hasselt). J’accélère gentiment en 5e. A environ 2.000 tr/min, en n’utilisant que 70% de la course de l’accélérateur, les roues arrière se mettent à patiner d’un coup, me faisant m’approcher dangereusement du rail de sécurité. Ambiance ! Sans pneus hiver, avec 819 Nm de couple à faire passer par les seules roues arrière, cet essai va davantage ressembler à un rodéo qu’à une promenade de santé ! D’autant plus que ces grands malades de chez Corvette ont réglé l’ESP de manière plutôt «décontractée». Le genre qui vous laisse vous mettre à l’équerre avant d’intervenir, juste pour éviter le tête-à-queue complet quand vous exagérez vraiment. Bref, on va s’amuser…


Rien de mieux
Depuis qu’elle fut présentée aux Etats-Unis, voici deux bonnes années, j’attendais avec beaucoup d’impatience de pouvoir conduire cette ZR1, qui n’est rien moins que la plus puissante Corvette jamais construite. Son V8 de 6,2 litres est dopé par un compresseur volumétrique Roots. Du coup, il développe 647 chevaux à 6.500 tr/min, et surtout 819 Nm (dont 90% entre 2.600 et 6.000 tours). Le tout pour 1.507 kilos, grâce à un gros travail de réduction du poids. Un rapport poids-puissance affolant : on ne trouve rien de mieux sur le marché ! Pourtant, la suspension est quasiment identique à celle de la Z06, sinon qu’elle propose en équipement standard la suspension magnétique sélective.

Heureusement, les freins ont quand même été adaptés. Réalisés en carbone céramique, les disques affichent des mensurations de basketteurs : 394 mm à l’avant et 380 mm à l’arrière ! La ZR1 campe sur d’énormes roues (19 pouces à l’avant, 20 à l’arrière) cerclées de pneus spécifiques, des Michelin Pilot Sport 2 (285/30ZR19 et 335/25ZR20).
L’intérieur reste typiquement Corvette, avec deux espaces distincts séparés par une large console, un tableau de bord haut qui pourrait être celui d’un pick-up, et des sièges creusés. Changements notoires par rapport à la Corvette “du peuple” : un indicateur de pression du compresseur, un affichage digital (vitesse, température…) sur la base du pare-brise et des sigles “ZR1” un peu partout.
 

 Carbone partout

C’est aussi par son aspect extérieur que la voiture se distingue. Dans la foulée de la chasse aux kilos superflus, la ZR1, en plus des composants invisibles (châssis et bras de suspension en aluminium), bénéficie d’éléments en fibres de carbone : ailes avant, capot, toit, aileron arrière… L’élément le plus distinctif est sans conteste, sur le haut du capot moteur, un “hublot” en polycarbonate avec vue sur l’intercooler, le sigle Chevrolet et, de part et d’autre, l’inscription “LS9 Supercharged”. Une fenêtre sur la fierté engendrée par cette motorisation exceptionnelle, en quelque sorte !


Prix : 138.990 € TVAC


Puissance : 647 ch

V-max : 330 km/h

Conso. mixte : 13,1l/100km
CO2 : 355 g/km


+

Sensations
Moteur extraordinaire
Comportement amusant
ESP non-castrateur
Prix par rapport à la concurrence

Confort +/- préservé
Sonorité
Freinage au niveau


A l’américaine


Retour sur l’autoroute E313. En 6e cette fois, et avec le pied plus léger, histoire de ne pas risquer de revivre la mésaventure du début. De quoi se détendre un peu et observer le fait que notre exemplaire d’essai dispose d’un traitement un peu plus flatteur de son habitacle. Le tableau de bord est recouvert de cuir, ce qui offre tout de suite une touche plus haut de gamme. On n’est clairement pas dans une Aston Martin mais c’est acceptable.

On apprécie aussi le confort. Même si la ZR1 est plus dure qu’une Corvette classique, les sièges restent relativement conciliants avec votre postérieur et votre colonne vertébrale.
La boîte étant manuelle et forcément assez ferme, le bras droit doit parfois un peu travailler mais est gêné par le gros tunnel central. Dommage qu’on ne puisse disposer d’une bonne boîte séquentielle double embrayage à commande au volant mais il ne faut quand même pas trop en demander aux Américains. Déjà qu’ils nous ont fait une vraie bête de course…
Une bête qui, faut-il le préciser, n’est pas facile à dompter, surtout avec ses pneus été qui ne chauffent pas par ces températures tournant autour de zéro…
 
 -

Brutalité
Motricité
Position de conduite

En mode dragster

Arrivé chez moi sain et sauf, j’attends quelques heures avant… d’oser repartir sur les petites routes que je connais bien. A la sortie du village, j’accélère pour la première fois à fond en 3e, en prenant soin d’avoir les roues bien droites. Jusque 3.000 tr/min, ça pousse déjà très très fort et on sent que l’anti-patinage commence à travailler. Mais en montant au-delà de cette limite, on change de galaxie : le bruit du V8 se fait plus aigu et le train arrière ne reste derrière que par la grâce de l’électronique, non sans vous offrir quelques ruades dignes d’un bon western ! Mais le moteur n’est a cure, lui qui continue à grimper vers des régimes insoupçonnés.Etonnant pour un V8 compressé de plus de 6 litres : il adore monter vers les 6.500 tr/min, voire plus. Il faut juste que le «cow-boy» qui se trouve derrière le volant ose garder le «pied dedans» car le paysage défile à une vitesse à peine croyable, dans des hurlements stridents.

  J’en rajoute ? Non, croyez-moi, la conduite de cette voiture dans ces conditions hivernales est ce que j’ai vécu de plus impressionnant en près de vingt ans de carrière. Il faut vraiment le vivre pour le croire, et mettre son cerveau en mode «sauvegarde» pour ne pas se mettre en vrac dès les premiers mètres !
En déconnectant l’anti-patinage (pas encore l’ESP), les choses se compliquent encore mais sont vraiment amusantes car la moindre pression sur l’accélérateur se transforme en rodéo. Même en ligne droite, vous évoluez en crabe ! Mais alors, qu’est-ce que ça doit être en virage !? Curieusement, ce n’est pas beaucoup plus compliqué. Parce qu’en courbe, vous dites plus clairement à la ZR1 ce que vous voulez qu’elle fasse. Et que vous êtes déjà en train en contrebraquer, dès que vous touchez l’accélérateur. Et puis, comme je le disais en introduction, l’ESP vous permet de vous mettre à l’équerre mais vous empêche en principe de faire un tête-à-queue. En revanche, si vous déconnectez toute aide à la conduite, je vous souhaite beaucoup de courage. En entrée de courbe, il faut rentrer sur les freins pour empêcher la bête de trop sous-virer. Du coup, quand vous passez des freins à l’accélérateur, le transfert des masses vous met immédiatement en survirage. Et là, si vous n’avez pas au moins dix ans de pilotage derrière vous, vous finirez, au mieux, à l’envers !
Bref, cette ZR1 n’est certainement pas à mettre entre toutes les mains et est la voiture de série qui offre le plus de sensations de tout le marché. A tel point que pour la première fois, j’ai dit à ma femme qu’il fallait qu’elle monte à mes côtés, pour comprendre de quoi je parlais. Je n’avais pas encore passé la 2e qu’elle criait déjà, et après deux minutes elle m’a supplié de rentrer à la maison. Quant à ma fille de 9 ans, qui a pourtant l’habitude des voitures puissantes, elle a hurlé dès que j’ai dépassé 3.000 trMin. Non, vraiment, cette ZR1, n’est pas une voiture mais un dragster !

 
La ZR1 en quelques chiffres

Moteur : 8 cylindres en V, essence, 6,2 litres;
647ch à 6.500tr/min; 819Nm à 3.800tr/min.


Transmission : aux roues arrière.
Boîte : manuelle à 6 rapports.
L/l/h : 4.459/1.927/1.246 mm
Poids en ordre de marche (kg): 1.519
0 à 100 km/h (sec.) : 3,4

Pour beaucoup moins cher qu’une Porsche 911 Turbo, cette Corvette offre à peu près deux fois plus de sensations. Mais un Bac + 7 de pilotage est indispensable !


Par Stéphane Lémeret





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