Auto Trends - Essais routiers
Comparatif hybrides de luxe
Janvier 19, 2011 | 3:41
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- BMW ActiveHybrid 7
– Mercedes-Benz S400 BlueHybrid
– Lexus LS 600h

Ambiance électrique chez les limousines !

Dans les entreprises, à l’heure où les gestionnaires de flottes incitent leurs collègues à opter pour le downsizing, les grands patrons se voient quant à eux proposer des berlines écologiquement plus correctes. Leur image est ainsi préservée et leur participation à la chasse au CO2 assurément officialisée !

Il faudra encore patienter quelques années avant de voir débouler sur nos routes des berlines haut de gamme 100 % électriques. Si les technologies «zéro émission» sont bel et bien en marche, leur commercialisation se fait attendre. Toutefois, pour compenser cette longue période de transition, les constructeurs se donnent bonne conscience en s’en remettant à l’hybridation. Si Lexus a ouvert la voie avec ses RX, GS et autre LS, la marque de luxe de Toyota croise désormais sur sa route deux sérieux concurrents : BMW et Mercedes.

 BMW ActiveHybrid 7

+
Plaisir de conduite préservé
Boîte rapide et efficace
Rapport consommation/performances
 -
Pas de mode 100 % électrique
Coffre légèrement tronqué
Place du milieu inconfortable
 Conceptions différentes !

Pour se confronter au maître japonais, les constructeurs allemands métamorphosent leur vaisseau amiral en limousine encore plus respectueuse de l’environnement, la Série 7 et la Classe S devenant respectivement l’ActiveHybrid 7 et la S400 BlueHybrid. Avec ses rivales, la LS 600h partage néanmoins la même vision de l’hybridation : associer un moteur électrique à un bloc essence afin d’offrir le meilleur en matière de puissance et d’agrément, mais également afin de diminuer sensiblement les consommations et les émissions polluantes. En vérité, ces moteurs électriques jouent à la perfection leur rôle d’assistant en chef du bloc essence. Cependant, seul celui de Lexus permet à la LS de se mouvoir en mode totalement électrique, à une vitesse maximale de 40 km/h et sur une distance variant de 2 à 3 kilomètres. La nipponne est donc une «Full Hybrid» tandis que ses rivales d’Outre-Rhin sont considérées comme des «Mild-Hybrid». Quoi qu’il en soit, au-delà du concept technologique, il est avant tout question d’un art de vivre à bord de ces berlines. Et, sur ce point, chaque constructeur a sa vision du luxe, du calme et de la volupté...
 Lexus LS 600h

+
Silence de fonctionnement
Moteur volontaire et performant
Mode 100% électrique
 -
Direction peu communicative
Poids élevé
 Mercedes S400 BlueHybrid
 

+
Confort et habitabilité de tout premier ordre
Insonorisation déconcertante
 -
Manque de dynamisme
Pas de mode 100 % électrique
Prix de base

Avant de pénétrer dans ces salons roulants, il est bon d’en faire le tour du propriétaire. Il faut dire que la Lexus et la Mercedes profitent depuis quelques mois des bienfaits d’un lifting. Toutes deux adoptent de subtiles retouches esthétiques pour leur face avant et arrière. Et, phénomène de mode oblige, elles n’échappent pas à l’éclairage à LED, la Classe S poussant même son utilisation à l’extrême. La BMW, pour sa part, se révèle beaucoup plus discrète et ne se distingue de ses sœurs Série 7 que par ses jantes spécifiques de 19 pouces (dont le design évoque des turbines) et par ses monogrammes ActiveHybrid 7 sur les montants arrière ainsi que sur la malle.

Luxe et ingéniosité

Que l’on s’installe à l’avant ou à l’arrière de l’un de ces trois vaisseaux, l’impression d’être accueilli comme un VIP est une évidence. Cela dit, ces habitacles exclusifs renvoient à trois styles totalement différents. De par son ergonomie intérieure, la Lexus se la joue «luxe à l’américaine», les nombreux boutons et les plastiques de qualité d’un autre âge en étant les exemples les plus frappants. La Mercedes, à l’image des récentes productions Rolls-Royce, cultive l’art du raffinement. Outre sa finition exemplaire et ses matériaux agréables au toucher, on apprécie aussi la philosophie «une touche, une fonction», mais également le principe selon lequel les commandes les moins utilisées se doivent d’être cachées. La BMW, pour sa part, s’offre un mobilier d’inspiration contemporaine. Résultat : son ambiance intérieure est la moins chaleureuse de ce comparatif. En vérité, sans nuire à son image premium, cet habitacle se révèle avant tout fonctionnel. Autrement dit : il répond parfaitement aux attentes de ceux qui souhaitent disposer d’un «bureau sur quatre roues». Mais cette idée de bureau mobile se retrouve chez Lexus et Mercedes. A l’image du constructeur munichois, ceux-ci proposent également deux empattements pour leur vaisseau amiral.
Qu’elles se laissent conduire avec ou sans chauffeur, ces limousines rivalisent aussi d’imagination pour éviter que leurs passagers ne tombent trop vite dans les bras de Morphée. Les exemples étant légions, nous n’avons retenu que les plus marquants. A l’avant de la Classe S, on découvre ainsi le Splitview : un écran multimédia se composant de deux matrices. S’il permet au conducteur de suivre les indications du système de navigation sur l’écran central, il permet en même temps au passager de visionner un DVD. Impressionnant ! Grâce à l’écran descendant du ciel de toit, l’ambiance «home cinema» est aussi d’actualité à l’arrière de la LS. Avec en prime, non pas des pop-corn, mais bien des sièges massant ! Grâce à une télécommande, on déclenche un  système pneumatique, lequel propose plusieurs programmes et vient décontracter en douceur les lombaires. On craque... La BMW, quant à elle, s’illustre avec son système Night Vision détectant piétons et autres obstacles imprévisibles.
Enfin, d’un point de vue purement pratique, seules la LS600h et l’ActiveHybrid 7 voient leur volume de coffre légèrement tronqué, la S400 BlueHybrid ayant logé l’ensemble de sa technologie hybride sous le capot entre son moteur et sa boîte de vitesses.

Formule énergisante
Qui dit moteur électrique trahit forcément une surcharge pondérale certes, mais ne signifie pas pour autant un changement radical de comportement dynamique. D’ailleurs, l’embonpoint de ces berlines s’oublie dès que l’on prend connaissance de l’identité des moteurs thermiques.
Associée à un V6 de 3,5 litres pour la Mercedes-Benz et à des V8 de 4,4 litres (BMW) et 5 litres (Lexus), l’assistant électrique n’a donc pas vraiment à s’inquiéter. La pleine puissance transmise aux roues arrière des allemandes et aux quatre roues motrices de la japonaise sera toujours largement suffisante pour déplacer avec classe ces mastodontes dont le poids oscille autour des 2 tonnes. D’ailleurs, question performances, on reste franchement sans voix. Si nos trois rivales voient toutes leur vitesse de pointe limitée électroniquement à 250 km/h, elles se distinguent fortement à l’exercice du 0 à 100 km/h. Avec 4,9 secondes, la BMW est  plus rapide et est talonnée par la Lexus et la Mercedes en respectivement 6,3 et 7,3 secondes. A ce petit jeu, chacune procure une accélération impressionnante et linéaire, «le coup de pied aux fesses» ne seyant évidemment pas à ces limousines d’apparat.

L’efficacité au quotidien

Après quelques kilomètres au volant de ces berlines, on se fait facilement une idée de leur personnalité. L’ActiveHybrid 7 apparaît comme la plus sportive du lot. On aime donc la pousser dans ses derniers retranchements. Elle vous en remercie en vous gratifiant d’une tenue de route irréprochable et d’un plaisir de conduire indéniable. Le feulement agréable du V8, quant à lui, vous incite à jouer avec les différents programmes de gestion «moteur – châssis» et à monter dans les tours pour profiter des vocalises à haut régimes. En vérité, c’est même ainsi que l’on découvre la quintessence des performances délivrées par les 465 chevaux cumulés ! La LS600h, avec ses 445 chevaux sous le capot, est pour sa part la plus polyvalente de ce match. En effet, en la bousculant un peu, on découvre un modèle au comportement homogène certes, mais qui ne peut faire fi de son poids. Si cette Lexus avale donc les virages serrés sans sourciller, elle préfère toutefois les longues distances sur autoroute à vitesse soutenue. Moins puissante que ses rivales, la S400 BlueHybrid (299 chevaux) se présente comme la plus agréable à vivre de ce trio. Si elle excelle question confort et affiche un comportement serein en toutes circonstances, elle manque quelque peu de peps pour tenir tête à la BMW et à la Lexus, son moteur étant trop linéaire et sa boîte à 7 rapports demandant un temps de réaction lors de franches accélérations.
Question sécurité, ces trois rivales se dotent bien sûr des fées électroniques les plus sophistiquées et peuvent compter sur des systèmes de freinage faisant preuve d’une endurance de bon aloi.
Officiellement, si la Mercedes est la moins frugale (8,4l/100km) et si ses rivales ingurgitent un bon gros litre d’essence en plus, la consommation moyenne relevée est largement supérieure. Sans avoir une semelle de plomb et en mélangeant différents types de parcours, il faut compter 11,8 litres pour la Classe S, 12,8 litres pour la Lexus et 13 litres pour la BMW. Ces scores sont bien sûr tout à fait honorables en regard des performances réalisées. Ils s’accompagnent de plus d’un bulletin CO2 flatteur. Cela dit, seule la Mercedes reste sous la barre des 200 grammes de C02 par kilomètre. La démarche de Stuttgart incitera-t-elle ses rivaux à proposer des modèles dotés de motorisations thermiques moins puissantes mais associées à des moteurs électriques encore plus performants ? L’avenir nous le dira.

Avec des performances de tout premier ordre pour des consommations raisonnables, les grands patrons n’ont plus à avoir honte de leur monture. S’ils tiennent au plaisir d’avaler les kilomètres dans les meilleures conditions, ils préféreront sans conteste la BMW à ses rivales. Par contre, s’ils veulent aller au bout de leur démarche écologique, la Mercedes les ravira certainement, d’autant plus qu’elle est sensiblement moins chère que ses rivales. Entre les deux, il y a bien sûr la Lexus. Une prestigieuse exotique ? Pas du tout. Car, pour rappel, elle est superbement bien équipée et montre toujours la voie de l’hybridation idéale grâce à son mode 100 % électrique !


 1. Vie à bord

Habitabilité
1. Mercedes
2. Lexus  
3. BMW

Confort
Mercedes
Lexus
BMW
    
Rangements
Lexus
BMW / Mercedes
 La BMW ActiveHybrid 7 en quelques chiffres

Moteur essence : 8 cylindres en V, 4.395cc, 450ch à 5.500tr/min, 650Nm de 2.000 à 4.500 tr/min.
Moteur électrique : 15 kW / 210 Nm.
Transmission : aux roues arrière.
Boîte : automatique à 8 rapports.
L/l/h (mm) : 5.072/1.902/1.485
Poids à vide (kg) : 2.045
Volume de chargement (l) : 460
0 à 100 km/h (sec) : 4,9
V-max (km/h) : 250
Conso. mixte (l/100 km) : 9,4
CO2 (g/km) : 219
Prix de base (euros TVAC) : 112.300
 2. Sur la route

Performances
1. BMW
2. Lexus  
3. Mercedes

Agrément
1. BMW
2. Lexus  
3. Mercedes

Comportement
BMW
Mercedes
Lexus
 La Lexus LS 600h en quelques chiffres
Moteur essence : 8 cylindres en V, 4.969cc, 394ch à 6.400tr/min, 520 Nm à 4.000tr/min.
Moteur électrique : 16 kW / 300 Nm
Transmission : quatre roues motrices.   
Boîte : automatique à 8 rapports (variation continue CVT).
L/l/h (mm) : 5.030/1.875/1.480
Poids à vide (kg) : 2.270
Volume de chargement (l) : 325  
0 à 100 km/h (sec.) : 6,3
V-max (km/h) : 250
Conso. mixte (l/100 km) : 9,3
CO2 (g/km) : 218
Prix de base (euros TVAC) : 113.650
 3. Budget

Prix
Mercedes
Lexus
BMW

Equipement
Lexus
BMW
Mercedes

Consommation
Mercedes
Lexus  
BMW
 La Mercedes S400 BlueHybrid en quelques chiffres
Moteur essence : 6 cylindres en V, 3.498cc, 279ch à 6.000tr/min, 350Nm de 2.400 à 5.000 tr/min.
Moteur électrique : 15 kW / 160 Nm
Transmission : aux roues arrière.
Boîte : automatique à 7 rapports.  
L/l/h (mm) : 5.076/2.113/1.473
Poids à vide (kg) : 1.955
Volume de chargement (l) : 560
0 à 100 km/h (sec.) : 7,2
V-max (km/h) : 250
Conso. mixte (l/100 km) : 8
CO2 (g/km) : 188
Prix de base (euros TVAC) : 94.138

par Laurent Norro




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