Auto Trends - Essais routiers
COMPARATIF Audi A1 - Citroën DS3 - Mini
Janvier 14, 2011 | 12:51
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Envie de danser ?
«Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser»… LED sur les paupières, tatouages discrets, chaussures à talons et robes moulantes, l’A1, la DS3 et la Mini usent de leurs artifices pour tenter de séduire. Mais laquelle parviendra à suffisamment vous faire tourner la tête pour vous inciter à la rejoindre sur la piste de bal ?

Dans les écoles de marketing, le cas Mini pourrait servir d’exemple. Dans le genre campagne savamment orchestrée, on fait effectivement difficilement mieux dans l’industrie automobile ! Le plus impressionnant, c’est que cet effet de mode qui aurait pu retomber comme un soufflé dure depuis presque dix ans maintenant… Un succès qui, après le dédain, a finalement suscité l’envie chez les concurrents. Vendre un modèle de moins de quatre mètres, rempli d’options, dont la facture finale peut allègrement dépasser les 30.000 euros… Voilà bien un créneau rentable dans lequel il faut s’engouffrer ! Avec les Fiat 500 et Alfa MiTo, les Italiens ont été les premiers à réagir. Avec les DS3 et maintenant l’A1, Citroën et Audi se jettent aussi dans l’arène…

Compactes, mais pas trop !

Si les constructeurs aux chevrons et aux anneaux entendent se lancer dans le créneau de la citadine haut de gamme, pas question toutefois de tomber dans le minimalisme. Il faut dire qu’ici, contrairement à la Mini, les deux concurrentes dérivent de plates-formes existantes. Partageant, respectivement, leur dessous avec la C3 et la VW Polo, la DS3 et l’A1 en conservent approximativement les dimensions. En flirtant avec la barre des 4 mètres (395 cm toutes les deux), elles dépassent donc la Mini d’une bonne tête. Du long de ses 3,71m, l’anglo-germanique reste donc la reine des villes. Dans cet environnement, ses 24 cm de mois permettent de se faufiler dans des places de parking très étroites. D’autant plus que le joujou de BMW présente une bonne visibilité périphérique. D’un simple coup d’œil, il est assez facile de cerner les limites de la carrosserie. C’est plutôt sur ce point que la Citroën et l’Audi perdent quelques plumes. Leurs mensurations restent suffisamment modestes pour se plier aux emplacements laissés libres en ville. Mais la visibilité trois-quarts arrière plutôt moyenne pénalise un peu la manœuvre.

Coffre en stock

Par contre, sur le plan pratique, inutile de maintenir le suspense artificiellement : la Mini doit s’avouer vaincue… Principalement à cause de son coffre réduit à seulement 160 litres. Un volume que l’on rencontre généralement dans le segment des citadines compactes. A titre d’information, une Smart ForTwo offre jusqu’à 220 litres ! Du coup, pour emporter des sacs encombrants ou aller faire ses courses, il faudra impérativement abaisser les dossiers des sièges arrière. Heureusement, la manœuvre est assez simple. Du moins si l’on n’a pas de passager, ni de siège enfant à l’arrière, évidemment ! Offrant un volume presque deux fois plus généreux que dans la Mini, les deux autres prétendantes prennent évidemment l’avantage au moment d’embarquer les bagages. Avec 270 litres pour l’A1 et même 285 pour la DS3, on atteint le volume moyen offert par des berlines polyvalentes classiques (270 litres dans une Peugeot 207 et 288 dans une Renault Clio, par exemple). Grâce à ses dimensions légèrement plus généreuses, c’est la DS3 qui remporte ce point.


Deux, quatre ou cinq ?

On s’en doute : si vous lorgnez vers le segment des compactes premiums, vous ne cherchez certainement pas une voiture capable d’emmener toute l’équipe de basket du gamin à l’entrainement… Cela dit, même si l’idée d’avoir une voiture d’égoïste ne vous rebute pas, il se peut qu’à l’occasion, vous soyez obligé de partager votre habitacle avec d’autres humanoïdes. Dans ce cas, c’est dans la Citroën que les passagers arrière se sentiront le plus à l’aise. Même si l’accès est évidemment un peu acrobatique, carrosserie 3 portes oblige, on trouve suffisamment de place pour caser ses jambes, ses coudes et sa tête. La DS3 est d’ailleurs la seule prétendante de ce comparatif à être homologuée pour emmener trois personnes sur sa banquette arrière (dans la pratique, on préférera toutefois y grimper à deux seulement). Même si elle présente exactement la même longueur de carrosserie, l’A1 se montre moins généreuse pour ses passagers arrière que sa concurrente française. Ce n’est pas tant l’espace disponible pour les jambes qui pose problème mais plutôt la garde au toit. Des gabarits moyens arriveront à se caser mais les plus grands énergumènes frotteront leur cuir chevelu sur le ciel de toit. La forme fuyante du pavillon à l’extérieur se paie à l’intérieur !
A bord de la Mini, par contre, c’est exactement l’inverse. Le toit qui reste droit permet de conserver suffisamment d’espace pour la tête, même à l’arrière. Par contre, l’espace disponible pour les jambes est beaucoup plus compté. Si le conducteur est grand, la place disponible derrière lui se réduira d’ailleurs à portion congrue. On pourra alors, au mieux, installer un troisième larron derrière le siège passager, qui fera preuve de bonne volonté en s’avançant vers la boîte à gant.


Qualité allemande

Avant de lancer son A1, Audi avait promis que la petite dernière bénéficierait du même soin que ses grandes sœurs sur le plan de la finition. Avec ses agencements millimétriques et ses matériaux de qualité, l’A1 frise effectivement la perfection. Franchement, la finition est assez impressionnante pour un véhicule de ce gabarit. Elle devance donc clairement ses deux concurrentes sur ce point. Certes, Citroën soigne le style et la présentation de l’intérieur de sa DS3. Mais les plastiques utilisés sonnent plus creux et surtout, sur les routes belges, certains couinements apparaissent par-ci par-là. Cela dit, si l’habitacle de la Mini hérite d’un look sympathique, la finition n’y est pas spécialement plus soignée. On note peut-être juste des matériaux un peu plus qualitatifs. Mais sur les mêmes routes parfois défoncées de notre parcours d’essai, certains couinements apparaissaient également dans l’habitacle. Sur le plan de la finition (du tableau de bord au coffre en passant par les ajustements de carrosserie), l’A1 remporte donc la compétition. Pour une petite délurée, par contre, son tableau de bord pourra paraître un peu trop sobre. Rectiligne, sombre et classique, il manque peut-être un peu de joie de vivre. Cela dit, comme sur la DS3 et la Mini, le client peut y remédier en ajoutant quelques touches de couleur (aérateurs, sièges, bas de console, contre-portes…) et autres stickers. De quoi, à la demande, égayer l’habitacle.

Audi A1

+

Finition

Volume du coffre
Motorisations modernes
Comportement efficace
Poids contenu



Boîte 5 seulement en diesel

Manque de fun
Garde au toit arrière
Equipement de base
Attaque de la pédale de freins
Citroën DS3

+

Compromis confort/dynamisme
Présentation soignée
Maintien des sièges
Volume et accès au coffre
Habitabilité correcte
Palette de motorisations vaste
Equipement de série

-

Boîte 6 réservées aux moteurs les plus puissants
Finition perfectible
Mini

+

Machine à sensations

Comportement dynamique

Boîte 6 sur toutes les versions

Dimensions compactes



Habitabilité limitée à l’arrière

Volume de coffre
Confort
Espaces de rangement


VIE A BORD

Habitabilité

   1. DS3
   2. A1
   3. Mini


Confort

   1. A1
   2. DS3
   3. Mini



Rangements

   1. DS3
   2. A1
   3. Mini


SUR LA ROUTE

Performances

   1. DS3
   2. A1
   3. Mini



Agrément

   1. Mini
   2. DS3
   3. A1



Comportement

   1. A1
   2. DS3
   3. Mini



BUDGET

Prix


   1. DS3
   2. A1
   3. Mini



Equipement

   1. DS3
   2. A1
   3. Mini



Consommation

   1. A1
   2. Mini
   3. DS3
Prime…

Avec la même ardeur, Citroën et Audi ont effectivement suivi la démarche de personnalisation étrennée par Mini. Les jantes, la couleur du toit, la forme des stickers, le pommeau de vitesses, les tapis de sol, voire même les arches de toit pour l’A1… Tout, ou presque, est modulable et permet de se constituer une parure à la hauteur de ses goûts ou, à tout le moins, à l’épaisseur de son portefeuille. Cela dit, avant de commencer à piocher dans le catalogue d’options pour créer la voiture de ses rêves, encore faut-il d’abord arrêter la motorisation qui conviendra le mieux à ses attentes. Bonne nouvelle pour les dévoreurs de bornes kilométriques, dans les trois cas, ces modèles peuvent se transformer en chasseurs de primes. Si l’on opte pour le 1.6 TDI de 90 ou 105 chevaux, grâce à des émissions de CO2 inférieures à 105g CO2/km, l’Etat paiera 15% de la facture de l’Audi A1. La différence de tarif entre les deux versions est légèrement inférieure à 1.000 euros. Si l’on dispose de ce budget, autant opter pour la version plus puissante qui se montre moins bruyante, plus souple et plus vigoureuse. Dans les deux cas, par contre, on déplorera qu’Audi se contente d’offrir une boîte à 5 rapports. Un sixième aurait permis de conserver la longue démultiplication finale (sur autoroute on ne consomme rien…) tout en offrant un étagement plus serré. Animée par le 1.4 HDI 70ch (honnête, mais peu en rapport avec le ramage sportif de la DS3) ou le 1.6 HDI dans sa version 90ch (souple et déjà très agréable mais seulement couplé à une longue boîte à 5 rapports), la française permet de jouir des 15% de réduction de l’Etat. Si l’on souhaite un peu plus de punch (et une boîte à six rapports), il reste l’option du 1.6 HDI 110 ch. Mais il faudra alors payer plein pot (118g CO2/km).
Depuis quelques mois, à l’occasion d’un restylage très discret, Mini a revu son offre diesel. Sous le capot, on ne retrouve plus le 1.6 HDI d’origine Ford/PSA, mais bien une production badgée BMW. La cylindrée et la puissance restent approximativement identiques (1.6l 90ch en One D et 112ch en Cooper D). Mais ici, le bloc est dérivé du 2 litres diesel que l’on retrouve sous le capot des productions de la marque allemande. Ses émissions de CO2 restent évidemment inférieures à 100 g/km dans les deux cas. Autre bonne nouvelle : les deux versions diesels disposent d’une boîte à six rapports.

… ou plaisir ?

Si ce n’est pas un moyen de déplacement mais une voiture plaisir que vous recherchez, pas de souci : les trois constructeurs proposent des mécaniques capables de titiller vos sens ! Chez Audi, on ne jure que par la suralimentation. Malgré sa faible cylindrée, le 1.2 turbocompressé 86ch se montre réactif et pétillant à bas-régimes. Son couple maxi reste disponible entre 1.500 et 3.000 tr/min. Un régal pour évoluer en ville. Par contre, si on aime pousser les intermédiaires, il ne se passe plus grand-chose au-dessus de 3.000 tours. Voilà pourquoi on conseillera plutôt aux conducteurs sportifs de lorgner vers le 1.4 TSI 122ch (disponible en boîte manuelle à 6 rapports ou double embrayage à 7 rapports). Ou, éventuellement d’attendre la future version poussée à 180 chevaux (le même bloc que celui de la Polo GTI). Chez Citroën et Mini, hormis les versions d’accès moins sportives, on se partage le 1.6 VTI 120ch. Un moteur qui profite de sa distribution à calage variable pour offrir une rondeur agréable. Sur sa Cooper, Mini possède toutefois l’avantage de coupler ce moteur à une boîte à six rapports. De quoi présenter un meilleur étagement que sur la DS3. Cela dit, Citroën propose sa DS3 à un tarif un peu plus avantageux. On conseillera alors, si possible, d’opter pour le 1.6 THP 156ch à l’équipement de base complet. On bénéficiera alors d’une bonne boîte à six rapports et surtout d’un agrément nettement supérieur. L’Audi A1 et la Mini (sauf si l’on opte pour l’onéreuse Cooper S équipée du même moteur) ne peuvent suivre…


Question de feeling

Après plusieurs centaines de kilomètres de routes sinueuses, d’autoroutes et un peu de ville, on en vient à se demander si l’A1 joue dans la même cour que ses deux concurrentes. D’un côté, on retrouve une Mini pétillante, peu confortable et bruyante certes, mais amusante à manier. Ses commandes fermes et sa direction vive créent la sensation de rouler sportivement en toute occasion. Sans être la plus efficace au sens strict du mot, l’effet «sport» est effectivement bien présent et distille un indéniable plaisir de conduite. La petite d’Audi ne partage pas la même philosophie. C’est, même, d’ailleurs exactement l’inverse. Très efficace (les modifications par rapport à la Polo sont flagrantes, surtout grâce à son train avant plus mordant), la petite allemande, hérite du sérieux de ses grandes sœurs. Tout au plus, remarque-t-on une suspension un peu ferme mais au filtrage restant acceptable. Audi semble donc avoir oublié d’ajouter un peu de fun au moment de développer sa petite voiture. On ne s’ennuie pas derrière le volant, certes. Mais, on aurait imaginé l’A1 plus amusante. Avis aux cartésiens, donc. Pour les conducteurs qui ne se retrouvent pas dans ces deux extrêmes, la DS3 se profile comme un excellent compromis. On retrouve à la fois un comportement dynamique plaisant (la voiture «vit» lorsqu’on hausse le rythme) et un confort de marche acceptable.


Audi ne rentre pas dans le clan des premiums compactes par la petite porte. Sa finition irréprochable, ses moteurs modernes et le catalogue de personnalisation rendent l’A1 particulièrement alléchante. Les conducteurs les moins cartésiens, regretteront peut-être juste une conception un peu trop sérieuse. Si c’est une conduite fun que vous recherchez, la Mini reste imbattable. Dès les premiers kilomètres, on se surprend à prendre du plaisir au détour du moindre rond-point. Par contre, ses aspects pratiques (et son tarif élitiste) peuvent refroidir les ardeurs des plus mordus… Reste la solution de Citroën. Amusante à conduire, elle brille également par ses aspects pratiques conservés. Un excellent compromis !

La Mini Cooper
 en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence, atmosphérique, 1.598cc;
120ch à 6.000tr/min; 160Nm à 4.200 tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle ou automatique 6 rapports.
L/l/h (en mm) : 3.723/1.683/1.407
Poids à vide (kg) : 1.075
Volume du coffre (l) : 160
0 à 100 km/h (sec.) : 9,1
V-max (km/h) : 203
Conso. mixte (l/100km) : 5,4
CO2 (g/km) : 127
Prix de base (euros TVAC) : 19.650
L’A1 1.4 TSI 122 ch
en quelques chiffres


Moteur : 4 cylindres en ligne, essence, double suralimentation,
1.390cc, 122ch à 5.000tr/min, 200 Nm entre 1.500 et 4.000tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle 6 ou double embrayage 7 rapports.

L/l/h (en mm) : 3.954/1.740/1.416
Poids à vide (kg) : 1.175
Volume du coffre (l) : 270
0 à 100 km/h (sec.) : 8,9
V-max (km/h) : 203
Conso. mixte (l/100km) : 5,3
CO2 (g/km) : 124
Prix de base (euros TVAC) : 18.450
 
La DS3 1.6 VTI 120 ch
en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence, atmosphérique, 1.598cc, 120ch à 6.000tr/min, 160 Nm à 4.200tr/min.
Transmission : aux roues avant.
Boîte : manuelle 5 ou automatique 4 rapports.
L/l/h (en mm) : 3.948/1.715/1.458
Poids à vide (kg) : 1.075
Volume du coffre (l) : 285
0 à 100 km/h (sec.) : 8,9
V-max (km/h) : 190
Conso.mixte (l/100km) : 5,9
CO2 (g/km) : 136
Prix de base (euros TVAC) : 18.120




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